Les sondages, l’observation et l’intuition me permettent chaque jour de me faire une idée personnelle de ce qui pourrait se passer aux prochaines élections présidentielles. Et comme j’avais pu le faire au moment des primaires socialistes, l’intérêt de ce blog personnel est d’aller plus loin que la simple observation des faits. Lors de ces primaires socialistes, mon choix personnel s’était porté sur Martine Aubry et je me suis bien “planté”. Sans chercher à atténuer mon mauvais pronostic, j’avais néanmoins le pressentiment qu’elle ne réussirait pas mais je souhaitais qu’elle soit en face de Nicolas Sarkozy. Sans doute, pensais-je qu’elle avait davantage de charisme et d’envergure.
Bref, au moment de ce pronostic, j’ai regardé les sondages, j’ai observé comme le fait un journaliste, j’ai compté sur mon intuition mais malheureusement j’ai ajouté à cette petite mécanique, les sentiments. Et force est de constater que les sentiments n’ont rien à faire dans un pronostic si on veut le rendre crédible. Alors pour ce début d’année 2012, je fais un pari sur la base des enquêtes d’opinion que j’épluche, de mes observations et de mon intuition. Mon pari ? le voici. Il est clairement affirmé sur ce blog. Je l’affirme donc, Nicolas Sarkozy ou François Hollande sera éliminé ou absent au premier tour. Je l’annonce brièvement et j’aurai l’occasion d’argumenter sur ce blog d’ici au premier tour. Je vous invite donc à suivre ma démonstration et à la contester si vous la jugez irréelle, stupide,… Je ne suis pas voyant, astrologue ou devin,… j’observe, j’étudie les enquêtes d’opinion et j’essaie de compter, comme vous tous, sur un peu d’intuition. Mais il n’y a là aucun sentiment. Il s’agit d’une analyse personnelle que je jette en pâture pour ouvrir un débat. Je souhaite qu’il soit animé…
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Le 2ème tour sans Nicolas Sarkozy ou François Hollande…
Mesdames et messieurs le Président… et ses obligés.
J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour le travail et la manière de présenter de David Pujadas. Beaucoup moins pour Laurence Ferrari. Tout ceci est sans doute affaire de goût; inutile donc de développer davantage.

Les deux présentateurs du 20 heures ont leur légitimité pour interviewer à Cannes notre président et Barack Obama mais je suis néanmoins pas très à l’aise quand je vois le résultat à l’antenne. J’ai assisté, comme plus de 11 millions de téléspectateurs, à une opération de communication politique qui me laisse un goût assez amer pour notre profession. Comment peut-on accepter dans un monde bousculé par une économie vacillante, que deux Présidents viennent tranquillement se congratuler, se flatter, s’admirer,… dans le seul but d’amorcer leur campagne présidentielle. Qu’ils décident de mener conjointement une opération de séduction, libre à eux, mais sommes-nous (nous, les journalistes) devenus à ce point des “toutous” pour accepter de venir porter la bonne parole présidentielle, sans oser le moindre petit froissement.
La France est gangrénée par des Présidents qui n’ont qu’à siffler pour attirer les journalistes et les mettre à leurs bottes. Accepterons-nous encore longtemps d’être sélectionnés par le président, lui-même. Un Président qui désormais s’offre même le luxe de choisir la maison de production qui réalise.
Quelle déception de voir l’autre jour Yves Calvi, journaliste consciencieux, pédagogue, pugnace et incisif se transformer lors de l’interview de Nicolas Sarkozy en petit garçon bien sage. Je ne m’arrête pas sur Jean-Pierre Pernaut qui ne m’a jamais convaincu dans l’exercice, si difficile, de l’interview. Son talent se situe ailleurs.

Je l’affirme donc, l’interview présidentielle est la honte de notre profession. Nous sommes la risée de nos confrères étrangers mais tant-pis, nous continuons le “cirage de pompe” … Les journalistes se laissent bercer par l’interview consensuelle et demeurent soumis aux désirs du Roi. J’imagine qu’ils attendent, espèrent secrètement être un jour l’heureux élu. C’est une belle ambition et je ne la condamne pas dès l’instant où les journalistes appliquent ce pourquoi ils sont rémunérer: informer, poser des questions et obtenir des réponses.
Primaire dernière: un face à face décisif ce soir sur France 2
Ce soir, Martine Aubry et François Hollande vont une nouvelle fois débattre mais cette fois, on peut s’attendre à un échange musclé. Les deux finalistes vont devoir mettre en lumière leurs différences sans pour autant se déchirer car derrière il va falloir rassembler toute la gauche pour espérer battre Nicolas Sarkozy au mois de mai prochain.
Sur ce terrain, c’est Martine Aubry qui, la première, est passée à l’offensive pour tenter de se démarquer de François Hollande. Qualifié de représentant de la “gauche molle”, François Hollande à jusqu’ici, toujours refusé d’entrer dans la polémique. Il préfère endosser le costume de rassembleur. Je note néanmoins un changement de comportement depuis le soir du premier tour. Lors de cette soirée, j’ai trouvé François Hollande un peu déstabilisé et pas franchement dans le rôle qu’il avait volontairement adopté jusqu’ici, celui de se situer au-dessus de la mêlais, comme si les jeux étaient fait et qu’il était déjà en campagne pour la présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Le lendemain, j’ai eu le sentiment que son staff était quelque peu décontenancé. Ce déplacement improvisé sur un marché du 18ème arrondissement en était l’illustration. François Hollande a préparé méticuleusement la campagne du 1er tour et s’est sans doute projeté, conforté sans doute par les bons sondages, un peu trop vite dans la campagne présidentielle. C’est mon sentiment.
Ce soir, François Hollande va devoir aller au charbon et contrer Martine Aubry qui n’a de cesse de l’égratigner sur son manque de solidité et ses revirements notamment sur le nucléaire ou l’éducation. Je crois en effet Martine Aubry plus ancrée à gauche et plus en capacité de rassembler même si dans la réalité Jean-Michel Baylet, Manuel Valls et désormais Ségolène Royal se sont rangés derrière l’élu de Corrèze. Mon sentiment est toutefois fragilisé par l’image véhiculée par Martine Aubry, celle d’une femme politique un peu austère et pas très glamour. Mais que faut-il attendre d’elle du “glamour” ou une capacité à diriger la France et à trouver des solutions pour la rendre plus compétitive, plus à l’écoute des souffrances, des difficultés,…des français.
François Hollande part néanmoins favori mais je crois que son pire ennemi c’est lui-même. Il devra, ce soir, être en capacité de proposer des solutions concrètes qui se démarquent assez radicalement de Martine Aubry qui elle, va jouer son va-tout. La “gauche molle” lui colle désormais à la peau dans une campagne où le candidat de gauche devra trouver les arguments pour contrer Nicolas Sarkozy. Dans ce registre, Martine Aubry me semble mieux armée. Elle est capable de cogner sur le président et dans le même temps d’avancer des propositions. Son déplacement dans la Creuse pour aller défier Sarkozy cherchait à illustrer cette stratégie de principale opposante. Souvenez-vous, son déplacement à Marseille, le jour de la visite de Claude Guéant. La maire de Lille peut s’appuyer sur une solide expérience dans la gestion d’une grande entreprise, d’un grand ministère, d’une grande ville et d’un grand parti.
Le député de Corrèze, bien qu’il s’en défende, ne dispose pas d’une telle expérience mais il compense par une image plus positive et une campagne commencée très tôt. François Hollande s’est beaucoup préparé pour cette présidentielle, convaincu que son heure est venue, et aujourd’hui il en récolte les fruits. Son image d’un homme déterminé et sympathique séduit beaucoup d’électeurs.
L’inconnu pour moi repose sur la capacité à séduire de Martine Aubry. On lui reproche sa froideur et parfois ses colères. Elle doit aussi se défaire du “pacte” de Marrakech et de sa complicité avec DSK. Sa seule possibilité pour gagner repose sur plusieurs points qu’elle ne cesse de défendre dans sa campagne: sa solidité, sa connaissance des dossiers, son expérience et l’idée d’être la première femme élue Présidente de la République. Ce dernier point à de quoi séduire nombre de français pour qui la parité hommes femmes à un sens.
Le débat ce soir en direct sur France 2 sera décisif, j’en suis convaincu. Les téléspectateurs auront les moyens de se déterminer et de savoir qui, pour eux, a les épaules les plus solides, non seulement pour faire campagne au nom des socialistes mais aussi pour rassembler toute la gauche le moment venu. Je pronostique un match très serré et comme je ne suis pas du genre à me cacher derrière mon petit doigt, je pronostique une victoire au finish de la maire de Lille.
Dans les coulisses de l’interview présidentielle
Je rejoins l’éditorialiste Alain Duhamel qui, ce matin, n’a pas été tendre avec la “prestation” de David Pujadas et Laurence Ferrari, lors de l’interview hier soir du Président de la République à New-York. (Lire la suite…)
Informer n’est pas communiquer
Discours policé, langues de bois, communication maîtrisée, parfois verrouillée… Nos personnalités politiques manquent cruellement de naturel et je suis convaincu que cela joue en leur défaveur. (Lire la suite…)
Une visite à 200 000 euros
La visite de Nicolas Sarkozy demain à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif fait grincer les dents des syndicats et du personnel. (Lire la suite…)
La Télé Belge dénonce la mise en scène des visites de Sarkozy
De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une télévision française qui serait sous contrôle, avec une communication parfaitement orchestrée depuis l’Elysée, notamment lors des déplacements du Président de la République. Les doutes sont profonds mais les preuves ne sont pas toujours là. Je ne crois pas avoir eu l’opportunité de voir dans nos journaux, des reportages comme celui de nos confrères belges qui tentent d’apporter la preuve que rien n’échappe à l’entourage du Président, lorsque ce dernier effectue une visite dans une usine, comme c’est le cas bien souvent actuellement.
Samedi, la télé belge a diffusé un reportage qui dénonçait une mise en scène lors d’une visite de Nicolas Sarkozy. C’était le premier déplacement de Nicolas Sarkozy depuis son malaise de fin Juillet. Une visite d’usine dans l’Orne, à Caligny, celle de l’Equipementier Faurecia. Le Président allait à la rencontre d’ouvriers, qui selon le JT de nos confrères, étaient en fait des figurants venus d’autres usines et volontaires. Quand à ceux qui figuraient sur scène, derrière le Président, ils ont été choisis en fonction…. de leur taille !
Le journaliste termine son reportage en se demandant si les Français sont dupes de cette manipulation…Je ne crois pas qu’ils le soient mais je ne crois pas non plus qu’ils aient pu, jusqu’ici, compter sur les journalistes français pour en faire la démonstration. Si tenté que la démonstration puisse être faite. Rien n’ayant été vraiment démontré, le doute est en effet permis.
Je me demande si un jour, nous verrons dans nos journaux un reportage de ce type.
J’ajoute pour compléter cet article que Nicolas sarkozy n’est pas le premier, ni même le dernier à organiser la communication autour de ces vistes. D’autres , avant lui, en ont fait de même, à commencer par Chirac, Mitterrand et Giscard.
Et revoilà la politique sécuritaire
C’est quand même assez déconcertant de constater qu’à l’heure où les chiffres de la délinquance sont en augmentation, la gauche se distingue par un silence assourdissant.
Laissons donc le PS dans son sommeil, et intéressons nous de plus près aux tentatives de la droite pour enrayer ces mauvais chiffres. D’abord, il y a le discours du président, repris en cœur par les ministres: la tolérance zéro, la fermeté,…Très bien, mais cela me semble un peu cours, et les chiffres me donnent raison. Il y a bien eu cette réunion hier au Ministère de l’intérieur, mais elle a accouché d’une « mesurette ». Le Ministre annonce la création de groupes de réflexions chargés de rendre un rapport d’ici deux mois. A la rédaction, nous nous sommes étonnés également de la brochette d’associations invitées autour de la table. Toutes sont légitimes mais pourquoi ne pas avoir invité celles qui, chaque jour sont au contact des jeunes dans les cités. Je citerai “Bondyblog” ou “AC le Feu” qui, n’en doutons pas, avaient des choses à dire au Ministre.
Ce matin, après l’intervention musclée des policiers sur des chauffeurs de taxis à Roissy, Brice Hortefeux annonce l’ouverture d’une enquête. Rien à dire mais j’ai le sentiment que c’est toujours un peu la même chose. Un problème et on crée une commission, un groupe de réflexion,… Des initiatives qui peuvent rassurer mais qui semblent rester vaines.
Alors que se profile à l’horizon, les élections régionales, je ressens quand même une petite agitation. Chacun le sait, la sécurité rapporte des voix alors, tous aux abris, car dans les prochaines semaines il va y a voir de l’action. Le Président va réajuster sa casquette de chef de la police, garant de la sécurité des français. Reste à savoir comment les medias vont se positionner. Vont-ils jouer les portes paroles du gouvernement ou exerceront-ils leur profession en utilisant cette règle de base que l’on oublie trop souvent et qui consiste à vérifier ses infos pour en mesurer l’intérêt.
Quant à la gauche, jusqu’ici elle s’inscrivait dans la prévention et elle laissait à la droite la sanction, mais j’ai beau tendre l’oreille, je n’entends rien. A t-elle des idées, des propositions…?

