Posts Tagged ‘Mitterrand’

Quand la politique dérive dans la grossièreté et le mensonge

Au regard des dernières déclarations de nos politiques, il y a de quoi s’inquiéter de l’état de tension qui règne entre les médias et la classe politique française. Sans crier au scandale, je m’inquiète de voir Jean-Luc Mélenchon, député européen, traiter de “salaud” et de “larbin” David Pujadas, le présentateur du journal de 20 heures de France 2.

Dans l’extrait de JT datant de 2009 que Mélenchon visionne, le présentateur interroge Xavier Mathieu, des Conti de Clairoix (Oise), engagé dans un long conflit social pour le maintien de leur usine, qui fermera finalement début 2010. Pujadas demande au syndicaliste: «est-ce que ça ne va pas trop loin?», «est-ce que vous regrettez ces violences?», «pour vous la fin justifie les moyens?» Mélenchon est consterné. «Salaud, va!» Et: «larbin. Arrête, ça me dégoûte!»


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Quand Frédéric Lefèbvre flingue les médias

C’est un refrain que l’on connait. Chaque fois que ça tangue, c’est la faute aux médias. Frédéric Lefebvre s’est chargé de le dire ce matin sur RTL à propos des “affaires” Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand.


Frédéric Lefebvre sur RTL (19/10/09)
par rtl-fr

Cette montée au front est sans doute légitime pour tenter de défendre ce qui peut l’être, mais de là à mettre la responsabilité sur les médias, je n’ai pas le sentiment que le porte parole de l’UMP soit le mieux placé pour porter la charge. Les médias ont une responsabilité dans la déformation des faits lorsqu’ils confondent, par exemple, “nomination” et “élection” à propos de l’EPAD. Sans doute aussi, quand ils font l’amalgame entre “pédophilie” et “homosexualité”. Il faut faire le tri dans ce qui est écrit car, à l’heure d’Internet, on peut en effet lire tout et surtout n’importe quoi.
Mais, n’en déplaise à Frédéric Lefebvre, nombre de très bons articles ont été diffusés sur ces deux affaires. Des articles qui ont suscité la colère des défenseurs de Sarkozy et Mitterrand mais qui pointé du doigt des incohérences profondes et de profondes interrogations.
Je retiens deux éléments sur ces deux affaires. Ils sont de mon point de vue l’essentiel de ce qu’il faut retenir:

- S’agissant de Frédéric Mitterrand: la réaction du Ministre de la culture sur l’arrestation de Roman Polanski n’a pas été à la hauteur de sa fonction et de sa nécessité de rester à l’écart d’une affaire de justice. Frédéric Mitterrand a mis des sentiments très personnels dans son intervention qui lui ont valu critiques et suspicion.

- S’agissant de Jean Sarkozy: un jeune élu de 23 ans en France n’a, jusqu’ici, jamais eu l’opportunité de prétendre à des responsabilités aussi importante que la présidence de l’Epad en région parisienne. Oui, Jean Sarkozy est un élu. Oui, il ne sera pas nommé mais élu au mois de décembre. Non, il n’est pas un élu comme les autres. Aussi, je pose à nouveau ma question, déjà posée dans mes articles précédents: combien d’élus de 23 ans peuvent prétendre diriger une grande agglomération, établissement public, …en France. Aucun. Jean Sarkozy est un jeune homme brillant et ambitieux, et cela me plaît, mais d’autres le sont aussi et n’auront jamais cette possibilité de démontrer leur compétence et leur savoir-faire. Pardon, mais ils ne sont pas « fils de ».

Avant d’accuser les medias, Frédéric Lefebvre gagnerait à porter un regard honnête et lucide sur la question. Les medias lui offre chaque jour de belles tribunes dont celle-ci, ce matin sur RTL, pour distribuer les bons et mauvais points.
En ce qui nous concerne, nous les journalistes, il est vrai qu’il est urgent de revenenir aux fondamentaux de notre profession. Se renseigner et vérifier avant d’informer. Confondre nomination et élection est, je le reconnais, assez regrettable. Parler d’un livre “La mauvaise vie”, sans prendre le soin de le lire est aussi assez dévastateur pour renforcer la crédibilité d’une profession malmenée. *
Que chacun en tire donc les leçons. Et, croyez le bien, je ne m’exclue nullement de ce conseil avisé.

Et si nous nous informions avant d’informer.

Ce matin, je me demandais combien de journalistes qui ont évoqué, parfois avec des mots terribles, l’affaire Frédéric Mitterrand, avait pris le soin de lire son livre “La mauvaise vie” ?
Certains l’ont fait mais ils sont une minorité. La presse est ainsi devenue qu’aujourd’hui, il n’est plus besoin de lire un livre ou de voir un spectacle pour en parler. L’exemple de Laurent Bignolas est assez éclairant en ce domaine. Encore une fois, je n’incrimine pas mon confrère pour qui j’ai beaucoup d’estime. Mais ce qui s’est passé ce soir là (lire article: “Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct) est significatif de l’appauvrissement de notre profession.
Les événements vont aujourd’hui si vite que plus personne ne prend la peine de se documenter pour informer. C’est une triste réalité que je constate tous les jours dans la pratique de mon métier. Où est passé le temps où les journalistes réunissait s’informait avant d’informer ? Combien de journalistes ont pris la défense ou ont, au contraire, descendus en flèche le Ministre de la culture sur la base de rumeurs, de propos non vérifiés, d’allégations ou de perceptions lointaines. Quand la machine médiatique se met en marche, inutile de chercher à l’enrayer, elle écrase tout sur son passage.
Pour étayer cet exemple, je reviens un instant sur l’ambition de Jean Sarkozy dans les Hauts de Seine. Combien de journalistes ont utilisé e mot “nomination” pour évoquer l’arrivée annoncée du “fils de” à la tête de l’Epad, l’Etablissement Public d’aménagement de la Défense . Même le Premier Ministre s’est trompé. C’est vous dire la confusion qui règne. Je le rappelle donc, il s’agit d’une élection.
Avant de se lancer dans des diatribes, il revient à tout journaliste qui se respecte de se renseigner, de se documenter. A la décharge des journalistes, je dois reconnaître que le développement de la concurrence dans les médias oblige à aller toujours plus vite et, incontestablement, toujours plus loin. Au risque naturellement d’effectuer des sorties de route.
Je ne veux pas terminer cet article sans rendre hommage à ces journalistes de l’ombre qui travaillent en conscience, en prenant le temps de vérifier ce qu’ils écrivent. Ils ne sont plus très nombreux mais ils résistent.

L’avenir du PS se joue à la Rochelle

En cette rentrée politique, les quadras du Parti Socialiste montrent les dents et commencent à se faire entendre. Dans un Parti qui a tant de mal à laisser émerger les nouvelles générations, c’est presque un exploit. (Lire la suite…)