Au regard des dernières déclarations de nos politiques, il y a de quoi s’inquiéter de l’état de tension qui règne entre les médias et la classe politique française. Sans crier au scandale, je m’inquiète de voir Jean-Luc Mélenchon, député européen, traiter de “salaud” et de “larbin” David Pujadas, le présentateur du journal de 20 heures de France 2.
Dans l’extrait de JT datant de 2009 que Mélenchon visionne, le présentateur interroge Xavier Mathieu, des Conti de Clairoix (Oise), engagé dans un long conflit social pour le maintien de leur usine, qui fermera finalement début 2010. Pujadas demande au syndicaliste: «est-ce que ça ne va pas trop loin?», «est-ce que vous regrettez ces violences?», «pour vous la fin justifie les moyens?» Mélenchon est consterné. «Salaud, va!» Et: «larbin. Arrête, ça me dégoûte!»
Il est assez étonnant d’entendre ici ou là, de nombreux téléspectateurs contester durement le contenu de nos journaux. Ils nous reprochent des informations qui chaque soir sont une série de mauvaises. Comment expliquer alors ce paradoxe du journal de 13 heures de TF1 dont beaucoup se moquent, souvent durement, mais qui chaque jour depuis 22 ans réalise des performances d’audience exceptionnelles.
Je ne suis pas fan de ce journal, mais j’aurais mauvaise conscience à dénigrer Jean-Pierre Pernaut car inévitablement je prendrai ces millions de téléspectateurs pour des idiots.
Je me méfis toujours des détracteurs d’un journal qui réalise chaque jour des audiences à faire pâlir la concurrence directe.J’aime à penser que le téléspectateur qui trouve plaisir à regarder des reportages proches de nous n’est pas forcément des ignares. Cette France observée par Jean-Pierre Pernaut et son équipe n’est pas plus bête ou inculte que l’on voudrait bien le dire. D’autant que le téléspectateur a la possibilité de se détourner chaque jour de ce jour pour aller voir ailleurs. Les solutions pour cela sont nombreuses et variées.
Je crois utile de le dire. La France des artisans, des travailleurs, des beaux paysages et des fêtes de villages existe n’en déplaise à ceux qui passent leur temps à dénigrer ce journal. Certes, cette France n’est pas la réalité mais une réalité. C’est, de mon point de vue, la limite de Pernaut. Il s’agit donc d’un parti pris assumé et revendiqué.
Jean-Pierre Pernaut, là aussi, n’en déplaise à ses détracteurs parle aux gens. Il a une proximité avec les téléspectateurs que nombre de présentateurs n’ont plus. Le journaliste ne se sert pas du prompteur et assume de bafouiller ou de se tromper. Ce n’est pas le cas de nombreux présentateurs qui jamais ne se trompent…
Pour ma part, j’apprécie cette proximité affichée même si je regrette parfois, allez soyons clairs, souvent, le manque de profondeur dans le traitement des sujets. Mais un journaliste qui réalise jusqu’à 40% d’audience ne peut en aucun cas être un imbécile ou une sorte de pantin à la solde du pouvoir en place. J’observerai donc avec attention la manière dont il va mener prochainement l’interview du président de la république. Ce nouvel exercice pour lui sera révélateur de ses qualités de journalistes. Des journalistes à qui l’on demande du discernement, des questions pertinentes et une neutralité exemplaire.
Cher Jean-Pierre la barre est placée haut. À vous de la franchir et de faire taire ceux qui qualifient votre journal de populiste.
Ce matin, je me demandais combien de journalistes qui ont évoqué, parfois avec des mots terribles, l’affaire Frédéric Mitterrand, avait pris le soin de lire son livre “La mauvaise vie” ?
Certains l’ont fait mais ils sont une minorité. La presse est ainsi devenue qu’aujourd’hui, il n’est plus besoin de lire un livre ou de voir un spectacle pour en parler. L’exemple de Laurent Bignolas est assez éclairant en ce domaine. Encore une fois, je n’incrimine pas mon confrère pour qui j’ai beaucoup d’estime. Mais ce qui s’est passé ce soir là (lire article: “Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct) est significatif de l’appauvrissement de notre profession.
Les événements vont aujourd’hui si vite que plus personne ne prend la peine de se documenter pour informer. C’est une triste réalité que je constate tous les jours dans la pratique de mon métier. Où est passé le temps où les journalistes réunissait s’informait avant d’informer ? Combien de journalistes ont pris la défense ou ont, au contraire, descendus en flèche le Ministre de la culture sur la base de rumeurs, de propos non vérifiés, d’allégations ou de perceptions lointaines. Quand la machine médiatique se met en marche, inutile de chercher à l’enrayer, elle écrase tout sur son passage.
Pour étayer cet exemple, je reviens un instant sur l’ambition de Jean Sarkozy dans les Hauts de Seine. Combien de journalistes ont utilisé e mot “nomination” pour évoquer l’arrivée annoncée du “fils de” à la tête de l’Epad, l’Etablissement Public d’aménagement de la Défense . Même le Premier Ministre s’est trompé. C’est vous dire la confusion qui règne. Je le rappelle donc, il s’agit d’une élection.
Avant de se lancer dans des diatribes, il revient à tout journaliste qui se respecte de se renseigner, de se documenter. A la décharge des journalistes, je dois reconnaître que le développement de la concurrence dans les médias oblige à aller toujours plus vite et, incontestablement, toujours plus loin. Au risque naturellement d’effectuer des sorties de route.
Je ne veux pas terminer cet article sans rendre hommage à ces journalistes de l’ombre qui travaillent en conscience, en prenant le temps de vérifier ce qu’ils écrivent. Ils ne sont plus très nombreux mais ils résistent.
J’ai souffert hier en regardant Laurent Bignolas à 18H30. D’autant je prenne l’antenne tout de suite après pour présenter le journal régional. Le présentateur du 19/20 de France 3 était en direct avec l’acteur Albert Dupontel.
J’ai beaucoup de respect pour le parcours professionnel de Rachid Arhab et Françoise Laborde qui ont intégré voici plusieurs mois le Conseil supérieur Audiovisuel, mais je ne suis pas très à l’aise quand je regarde de près leur situation professionnelle actuelle. (Lire la suite…)
Il y a bien longtemps que je ne regarde plus le tour de France pour la performance sportive. Désolé, mais cette succession d’affaires de dopages ont eu raison de ma passion pour la grande boucle. Je vais y revenir plus en détail.
Les sondages et enquêtes d’opinions le démontrent, les journalistes perdent chaque jour un peu plus de crédibilité. Personnellement, je partage ce constat. Ce qui ne m’empêche pas de défendre avec vigueur et conviction cette profession qui me donne encore beaucoup de satisfaction. (Lire la suite…)
Une polémique a lieu en ce moment à France Télévisions sur les journalistes qui utilisent leur image à des fins commerciales. Il existe dans notre maison des règles, mais elles sont bien souvent contournées par des journalistes soucieux d’arrondir leur fin de moins.
26 ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions ces deux premiers mois de l’année, contre 16 en janvier et février 2008. C’est ce que précise aujourd’hui l’ONG Presse Emblème Campagne (PEC), qui milite pour une meilleure protection des journalistes dans les zones de conflits.
“Loin de s’améliorer, la situation se détériore”, a déploré le secrétaire général de la PEC Blaise Lempen. L’an dernier, 91 journalistes ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier, a-t-il rappelé. Selon l’ONG, depuis le début de l’année, le plus grand nombre de victimes ont été recensées à Gaza, lors de l’offensive d’Israël (quatre) et au Pakistan (quatre). Viennent ensuite la Somalie (deux), la Russie (deux), le Mexique (deux), le Sri Lanka (deux), le Népal (deux), le Venezuela (deux) et l’Irak (deux). Une victime a été recensée au Kenya, aux Philippines, à Madagascar, en Colombie.
A part durant l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, “la mort des journalistes est clairement liée à des situations de conflit interne”, a souligné M. Lempen.