Ce matin, le Canard Enchainé revient sur l’interview de Jean Sarkozy la semaine dernière dans le journal que je présentais sur France 3 Ile-de-France. Je crois utile d’apporter des éclaircissements sur cette interview puisqu’elle semble aiguiser la curiosité de nombres de mes confrères.
Par le passé, nous avons à plusieurs reprises contacté Jean Sarkozy pour l’inviter sur notre plateau. Ces conseillers nous ont fait savoir que ce n’était pas le moment, qu’on verrait plus tard…Jusqu’à la semaine dernière où, à notre grande surprise, l’entourage de Jean Sarkozy a fait savoir qu’il serait très heureux de s’exprimer sur France 3 Ile de France pour s’expliquer sur l’affaire de l’Epad. Il s’est donc invité pour parler clairement et nous avons accepté. Qui aurait refusé de recevoir fils du Président en pleine tempête médiatico-politique sur cette élection de l’Epad ?
Oui, Jean Sarkozy a reçu un accueil particulier. Le directeur adjoint et la rédactrice en chef étaient présents pour l’accueillir. J’ajoute que ce n’est pas tous les jours qu’ils sont là. L’accueil de la secrétaire d’Etat chargée des ainés le lendemain était beaucoup plus discret.
Oui, l’entourage de Jean Sarkozy n’a pas souhaité la présence de France 2. L’interview était accordée à France 3 Ile-de-France seulement. Personnellement, je ne trouve pas cela choquant. Le jeune conseiller général des Hauts de Seine à le droit de répondre de donner la priorité à qui il veut.
En temps normal, l’interview dans le journal dure 3 minutes. La rédactrice en chef a pris la décision de pousser l’interview jusqu’à 7 minutes. De la même manière, à la demande de l’entourage de Jean Sarkozy, deux sujets qui devaient être diffusés durant l’interview ont été diffusés en introduction de l’entretien. Pas de “cassures de rythme” donc mais une interview “sèche” de la 1ère à la 7ème minutes. Pour ma part, j’ai trouvé l’entretien trop long et j’ai regretté que l’on adapte notre journal aux souhaits de Jean Sarkozy.
Voilà en toute sincérité ce qui s’est passé. Doit-on conclure à un traitement de faveur. Ma réponse est oui mais avec des circonstances atténuantes. Il s’agissait d’une interview exclusive et donc une aubaine pour notre chaîne et de plus, c’est humain, le fils du président de la République n’est pas n’importe qui… Le personnage fascine, intrigue et, pour beaucoup, il suscite une certaine admiration. Je le répète c’est humain.
En ce qui me concerne, si j’avais eu la maîtrise du journal, l’entretien aurait duré 5 minutes et selon mes conditions. Celles que nous avions initialement prévues. Je n’aurais pas cédé aux exigences de l’entourage de Jean Sarkozy.
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“l’interview du fistonné de France 3″…suite
Quand Frédéric Lefèbvre flingue les médias
C’est un refrain que l’on connait. Chaque fois que ça tangue, c’est la faute aux médias. Frédéric Lefebvre s’est chargé de le dire ce matin sur RTL à propos des “affaires” Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand.
Cette montée au front est sans doute légitime pour tenter de défendre ce qui peut l’être, mais de là à mettre la responsabilité sur les médias, je n’ai pas le sentiment que le porte parole de l’UMP soit le mieux placé pour porter la charge. Les médias ont une responsabilité dans la déformation des faits lorsqu’ils confondent, par exemple, “nomination” et “élection” à propos de l’EPAD. Sans doute aussi, quand ils font l’amalgame entre “pédophilie” et “homosexualité”. Il faut faire le tri dans ce qui est écrit car, à l’heure d’Internet, on peut en effet lire tout et surtout n’importe quoi.
Mais, n’en déplaise à Frédéric Lefebvre, nombre de très bons articles ont été diffusés sur ces deux affaires. Des articles qui ont suscité la colère des défenseurs de Sarkozy et Mitterrand mais qui pointé du doigt des incohérences profondes et de profondes interrogations.
Je retiens deux éléments sur ces deux affaires. Ils sont de mon point de vue l’essentiel de ce qu’il faut retenir:
- S’agissant de Frédéric Mitterrand: la réaction du Ministre de la culture sur l’arrestation de Roman Polanski n’a pas été à la hauteur de sa fonction et de sa nécessité de rester à l’écart d’une affaire de justice. Frédéric Mitterrand a mis des sentiments très personnels dans son intervention qui lui ont valu critiques et suspicion.
- S’agissant de Jean Sarkozy: un jeune élu de 23 ans en France n’a, jusqu’ici, jamais eu l’opportunité de prétendre à des responsabilités aussi importante que la présidence de l’Epad en région parisienne. Oui, Jean Sarkozy est un élu. Oui, il ne sera pas nommé mais élu au mois de décembre. Non, il n’est pas un élu comme les autres. Aussi, je pose à nouveau ma question, déjà posée dans mes articles précédents: combien d’élus de 23 ans peuvent prétendre diriger une grande agglomération, établissement public, …en France. Aucun. Jean Sarkozy est un jeune homme brillant et ambitieux, et cela me plaît, mais d’autres le sont aussi et n’auront jamais cette possibilité de démontrer leur compétence et leur savoir-faire. Pardon, mais ils ne sont pas « fils de ».
Avant d’accuser les medias, Frédéric Lefebvre gagnerait à porter un regard honnête et lucide sur la question. Les medias lui offre chaque jour de belles tribunes dont celle-ci, ce matin sur RTL, pour distribuer les bons et mauvais points.
En ce qui nous concerne, nous les journalistes, il est vrai qu’il est urgent de revenenir aux fondamentaux de notre profession. Se renseigner et vérifier avant d’informer. Confondre nomination et élection est, je le reconnais, assez regrettable. Parler d’un livre “La mauvaise vie”, sans prendre le soin de le lire est aussi assez dévastateur pour renforcer la crédibilité d’une profession malmenée. *
Que chacun en tire donc les leçons. Et, croyez le bien, je ne m’exclue nullement de ce conseil avisé.
Jean Sarkozy s’explique sur France 3 Paris Ile-de-France
Photo France 3
Le jeune conseiller général des Hauts de Seine, Jean Sarkozy, est venu hier soir s’expliquer dans le journal que je présentais, sur sa candidature à la présidence de l’Epad. Accompagné de son épouse et des membres de son “staff”, Jean Sarkozy a réaffirmé son ambition et sa légitimité. Rappelons qu’il est élu démocratiquement et que rien, absolument rien, ne l’empêche de prétendre à cette fonction qui ne sera pas une nomination mais une élection.
Le jeune homme m’est apparu très agréable, très poli et très concentré. Son propos, à l’identique de son père, est très clair et malgré son jeune âge, il est très pro et très bon à l’antenne.
Je reste néanmoins sur ma faim. Jean Sarkozy ne m’a pas convaincu sur sa position privilégiée. Un jeune élu “anonyme” ou qui ne serait pas le “fils de” en France, pourrait-il prétendre à de telles responsabilités ? La réponse de Jean Sarkozy est “oui absolument”", la mienne est “non, impossible”…
Jean Sarkozy ne s’attarde pas sur des exemples, parce que je pense sincèrement qu’il n’y en a pas. Mais je peux me tromper. Aussi, je vous prends à témoin. Connaissez-vous des jeunes élus de 23 ans à la tête de grandes agglomérations, institutions ou même entreprises ?
Jean Sarkozy/EPAD: comment faire taire les soupçons ?
La future élection de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD suscite actuellement de nombreux commentaires dans les journaux. Il y a ceux qui s’émeuvent de voir que le “fils de” puisse à 23 ans prendre des responsabilités aussi importantes et puis, à l’opposé, ceux qui trouvent le plus normal du monde, que le jeune conseiller général affirme son ambition. (Lire la suite…)
