Je vais encore m’attirer les foudres de certains cadres de France télévisions (ceux qui ont le temps de regarder mon blog, les autres ils travaillent) mais comment ne pas revenir sur cette journée d’hier, quand on parle de rationaliser les moyens de notre maison.
Je suis allé à l’hôpital Béclerc à Clamart pour interviewer le professeur Friedman. Avec 25 autres professeurs, ce ponte de la gynécologie lance un appel dans la presse pour s’inquiéter de l’avenir de l’hôpital. En ligne de mire de ces éminents professeurs: la future loi Bachelot qui fait actuellement la navette entre les deux assemblées. La loi prévoit de renforcer les pouvoirs des directeurs d’hôpitaux et donc de minimiser ceux des chefs de service.
Nous avons effectué une petite interview qui a été diffusée sur France 3 Paris Ile-de-France à 12 heures. Dans la journée, des journalistes de la rédaction nationale sont allés faire, eux aussi et au même endroit, une interview du professeur. Le soir venu, ce même professeur, décidément incontournable, était en direct dans notre journal francilien. Nous avons donc mobilisé au minimum 8 personnes sur le terrain pour cet interview et je ne compte pas France 2. Je veux espérer qu’ils ont eu le réflexe de récupérer le sonore au bout du couloir …à France 3.
Depuis mon retour à l’actualité, ce constat est malheureusement très fréquent. Il y a quelques jours j’ai effectué un reportage sur le déplacement de la statue de la Liberté du jardin du Luxembourg au jardin d’acclimatation pour une fête américaine. Il y avait ce jour là, une équipe de France 3 national, de France 2 et de France 3 Paris Ile-de-France. 6 personnes et 2 motards.
Naturellement, il y aura toujours des gens, plus intelligents que les autres, qui vont se répandre en affirmant que je crache dans la soupe qui me nourrie. Remarque un peu courte et donc sans intérêt.
Je me contenterai donc de préciser qu’aujourd’hui, à France 3 Paris Ile-de-France, la rédaction en chef est contrainte de limiter les jours de préparations de dossiers pour les journalistes. Tout cela parce que les moyens manquent et que nous sommes à flux tendu. C’est un exemple.
J’ai jamais pu saisir complètement ce paradoxe entre un déploiement de moyens qui souvent s’avèrent inutiles et cette restriction qui pénalise dangereusement le contenu de nos journaux. Je ne partage pas toujours les offensives médiatiques du porte flingue de l’UMP, Frédéric Lefebvre, mais je suis obligé de reconnaitre qu’il a raison quand il dit que France Télévisions disperse ses moyens. Le constat que je fais, tous les journalistes de France Télévisions le font. A ceci près que nombreux sont ceux qui ne l’interprètent pas de la même façon. Il y aura toujours le débat autour de la protection de l’emploi et la nécessité de gagner en efficacité.
Pour ma part, nous vous y trompez pas, je suis fier de travailler pour France Télévisions mais je fais partie de ceux qui pensent que la réforme en cours peut avoir des conséquences positives. Le travail de Patrick de Carolis et Patrice Duhamel est terriblement compliqué mais j’ai confiance et je leur souhaite la réussite que nous sommes en droit d’attendre.
