Le cancer n'est plus tabou

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Chacun la sait, le cancer est la maladie du siècle sur laquelle les chercheurs concentrent tous leurs efforts pour le mettre à terre. Nous connaissons tous dans notre entourage une personne atteinte de cette maladie et l’inquiétude nous gagne à sa seule évocation.
Pour avoir longuement travaillé sur cette question, avec notamment l’écriture d’un livre (Enfants cobayes aux éditions Michalon), je ne comprends pas pourquoi aujourd’hui encore le cancer est tabou. Lorsqu’une personnalité décède ne dit-on pas « des suites d’une longue maladie ? »
Il faut en finir en commençant par appeler cette maladie par son nom et par l’affronter en la regardant droit dans les yeux. En cela, je partage l’avis de Laurent Fignon qui ne disait pas autre chose cet après-midi sur France 2. Bravo à lui pour son courage et sa transparence.
J’ignore comment je réagirais si cette maladie m’atteignait mais j’aimerais avoir le moral de cette amie qui est actuellement en traitement. Je suis frappé par le moral qu’elle affiche même si elle avoue que les larmes finissent parfois par la gagner quand elle est seule dans sa chambre d’hôpital.
Affronter la maladie est une chose, lever le voile sur les traitements en est une autre. Je ne comprends pas que l’on puisse enfermer des patients dans des essais cliniques avec ce que l’on appelle le placebo. Les médecins sélectionnent des patients et procèdent à une sorte de tirage au sort. Certains bénéficient d’un traitement, les autres ne reçoivent rien. Au bout de l’essai, on compare les deux groupes et on mesure l’efficacité du traitement.
Je partage et encourage le travail des chercheurs mais je crois plus important encore que l’on remette le patient au centre du traitement. Comment en effet expliquer à une personne malade que le cancer se soigne avec des tirages au sort et des placébos. La seule question qui vaille est de demander à ces médecins s’ils accepteraient un tel procédé pour leur proche ou pour eux mêmes.
Il faut donc faire sauter le tabou, informer plus précisément les patients sur la nature des traitements et, je rajouterai, obliger les médecins à mieux communiquer. Un patient n’est pas un numéro mais une personne qui perçoit, ressent et respire. Mesdames et messieurs les médecins remettez l’homme au centre de la médecine. C’est sans doute possible puisque le Président de l’entreprise pharmaceutique Sanofi-Aventis, Christian Lajoux, m’affirmait cette semaine que le temps était désormais venu d’agir autrement, en remettant le patient au centre de toutes les attentions. Je me félicite de cette volonté tout en m’étonnant qu’elle n’arrive que maintenant.

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