Solidarité

Le succès des primaires, l’échec des sondages

Je fais le pari ici qu’une nouvelle fois les sondages feront grise mine dimanche soir. Depuis plusieurs mois, fidèles à leurs habitudes, ils questionnent, sondent, interrogent les français et depuis plusieurs semaines, il y a pour eux une évidence: Hollande sortira vainqueur à une très large majorité puisque les dernières estimations le placent à 43%, loin devant Martine Aubry qui, elle, ne parvient pas, toujours selon ces enquêtes, à décoller et à capter l’opinion.
J’ignore comme vous quel sera le résultat de cette primaire mais je prédis un vote massif des sympathisants de gauche et qui sait, peut-être même au delà. Cette primaire, largement critiquée par les médias et les observateurs politiques, sera un succès. Alors, c’est vrai, ces propos n’engagent que moi mais dois-je le rappeler ce blog est un espace d’expression libre, ouvert à vos commentaires et à vos critiques. Je ne suis pas convaincu que François Hollande soit le grand champion au soir de cette primaire. Je prévois, du coin de ma petite fenêtre, un résultat beaucoup plus serré que les sondages ne veulent bien le dire. Qui seront les deux qualifiés pour la finale ? Là je rejoins les enquêtes d’opinion. Martine Aubry et François Hollande me semblent les mieux placés. Mais il ne faut pas exclure une surprise. Néanmoins, je ne crois pas aux chances de Ségolène Royal de se qualifier pour le 2ème tour et encore moins des suivants, même si Arnaud Monteboug, dans un discours très à gauche, réunira de nombreux suffrages.

L’information principale dimanche soir sera donc la victoire de cette primaire avec une participation très importante et un second tour qui mettra aux prises Hollande et Aubry. Je vais aller plus loin, je vois une victoire au finish de Martine Aubry. La maire de Lille a davantage les “épaules” pour diriger la France même si elle apparait froide, parfois colérique, j’ai le sentiment profond qu’elle a pour elle une très solide expérience, des convictions profondes et beaucoup de charisme que François Hollande qui, n’en déplaise à ces sympathisants représente une gauche assez “molle”. Pour gagner dimanche prochain, François Hollande devra durcir sérieusement son discours. En est-il capable ? Je n’en suis pas convaincu.

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Antoine et Vincent: quelle est la juste place des journalistes dans la couverture médiatique de ce drame ?

La couverture médiatique autour des deux otages tués au Niger est un exercice difficile dans la pratique de notre métier de journaliste. Depuis l’annonce de leur mort, nous nous interrogeons chaque jour en conférence de rédaction pour savoir comment traiter ce drame. En région, et plus précisément dans le Nord, d’où ces deux jeunes sont originaires, nous évoquons naturellement les circonstances de cet assassinat mais, plus difficile encore, nous sommes en contact avec la population de Linselles. Comment informer sans être voyeur ? La question est posée. Pour ma part, je refuse l’idée de rester en retrait, comme certains journalistes le souhaitent, pour ne pas apparaître comme des “charognards.” Je voudrai rappeler ici que notre travail de journaliste est d’informer et de rapporter des faits. Je veux donc avancer ici quelques arguments ou plus précisément quelques faits que les journalistes ne peuvent occulter sous peine de ne pas remplir leur mission d’informer. Trois faits précis:

- Ces deux otages innocents sont morts au Niger dans des circonstances qui demeurent encore confuses. L’enquête en cours devra faire la lumière sur cet assassinat et nous ne sommes qu’au début d’une succession de rebondissements.

- La marche silencieuse en hommage aux deux jeunes hommes a rassemblé près de 5000 personnes dans les rues de Linselles.

- Enfin, les obsèques ont été l’occasion pour les habitants, les amis, les personnalités politiques,…de manifester leur soutien aux familles des deux victimes.

Je refuse d’entendre que nous sommes des “voyeurs”. J’admets en revanche le débat sur le temps consacré dans nos journaux à cet événement dramatique. Faut-il y consacrer la moitié de nos journaux, un reportage seulement. A France 3 Nord-Pas-de-Calais nous nous sommes interrogés tous les jours. La place réservée à ce drame dans nos éditions a fait l’objet de débats, parfois assez vifs mais chaque journaliste a pris ces responsabilités. J’ai la conviction que le ton était juste même si je m’interroge toujours sur le nombre de sujets et déclinaisons accordées à cet événement.

La plus grande difficulté dans le traitement de cette information a été sans nul doute les familles. Nous avons fait le choix de les contacter pour leur demander sobrement si elles souhaitaient s’exprimer pour faire passer un message à ces milliers de personnes venues rendre un dernier hommage à leurs enfants. Nous reviendrons vers elles car une nouvelle étape s’amorce: les circonstances exactes de ce drame. Comment éluder cet aspect ?
Pour ma part, la mort de Vincent DELORY et Antoine de LEOCOU a été un moment difficile à la rédaction en chef des journaux. Chaque jour depuis l’annonce de leur mort, je me suis interrogé sur le traitement que nous devions accorder à cette information. Chaque jour, je me suis efforcé de prendre du recul et surtout de penser à la douleur des familles. Comment ont-elles vécu cette déferlante médiatique ? A ce jour, je l’ignore mais peut-être un jour auront-elles envie de s’exprimer. Nous leur donnerons la parole et nous y accorderons toute l’attention nécessaire.

“La pire des attitudes est l’indifférence, dire: “je n’y peux rien, je me débrouille”. En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes essentielles: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.” (Stéphane Hessel)

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Edito 2011

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La période s’y prête alors, allons-y gaiement: bonne et heureuse année 2011. Qu’elle vous apporte beaucoup de joie, de bonheur, santé,…Bla bla bla. Bon, après la phrase lénifiante, sans engagement et donc sans risque, entrons à présent dans le concret, dans le consistant. Que peut-on souhaiter pour 2011 sans flirter avec l’hypocrisie, la démagogie, le discours sans relief ?
Je forme le voeu de vivre une année solidaire. Je souhaite que nous prenions le temps de regarder autour de nous et d’oublier chaque fois que possible notre petit nombril. Je souhaite que nous puissions nous ouvrir aux autres sans jugement, ni jalousie mais en étant vrai et sincère. Pas si simple, je vous l’accorde… Je souhaite que nous puissions vivre mieux, dans un monde malheureusement replié sur lui-même. Il n’y a pas de fatalisme. Nous pouvons chacun à notre niveau changer ce monde. Ce n’est pas un discours idéaliste mais volontariste. Les fidèles de ce blog y sont d’ailleurs habitués.
Je suis fatigué des politiques qui n’ont de cesse de se montrer sur les plateaux de télévision ou dans les studios de la radio. Je suis fatigué de voir des journalistes bien plus préoccupés par leur carnet d’adresse et leur carrière que par le souci d’aller chercher l’information là où elle est. Mesdames et messieurs les journalistes, dont je revendique fièrement mon appartenance, cessons de vivre dans l’attente de la petite phrase de nos politiques, cessons de commenter en boucle les remaniements ministériels, cessons de nous complaire dans le microcosme parisien…allons dans la vraie vie, là où vivent des millions de français. Défendons le travail de centaines de reporters qui eux, regardent, scrutent et montrent les préoccupations des français.

En ce début d’année 2011, je veux me battre (oui, oui je sais, avec mes petits poings) pour réinventer la politique et le journalisme. Je veux défendre et encourager ceux et celles qui ont des convictions et des valeurs même si ce ne sont pas toujours les miennes. Voilà une ambition à rapprocher des travaux d’Hercule. Sans aucun doute, mais pourquoi céder au pessimisme et au décoragement. Pourquoi ne pas essayer au risque de recevoir des coups.

M’enfin ! Mais quel est donc ce type qui se permet de faire la morale aux uns et aux autres. Peut-être un citoyen libre qui ressens fortement la nécessité de revenir à des valeurs que nous avons délaissés au profit du spectacle, du sensationnel, de l’éphémère,…La définition que je me fais de la politique est celle que l’on retrouve dans les dictionnaires et qui de mon point de vue doit prévaloir: “la politique c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire pour le plus grand nombre”. Notre devoir de journaliste est d’abord de rapporter des faits et ensuite, ensuite seulement de les commenter. Aujourd’hui nous commentons bien plus que nous relatons. Il faut revenir à l’information et ne pas renoncer à l’investigation. Mesdames et messieurs les décideurs n’emprisonnez pas les journalistes dans l’urgence et dans le temps. Nous ne sommes pas des pisses copies. Vous ne gagnerez rien à nous museler par le facteur temps et la rentabilité. L’information ne peut répondre à des diktats de marketing et de communication. Informer c’est éclairer, donner à chacun la possibilité de se faire une opinion.

Que la tache s’annonce difficile mais combien celle-ci est aussi exaltante. A mon petit niveau et à ma juste place, je vais m’y employer avec ce désir idéaliste de changer un peu ce monde dans lequel je ne me reconnais plus. Je sais qu’il y a autour de moi des journalistes débutants ou confirmés qui aspirent à changer l’image de notre profession. Ceux-là doivent y croire chaque jour davantage. Il ne faut pas renoncer à faire notre métier et seulement notre métier. Laissons les stars faire les stars mais soyons exigeant dans notre mission qui est noble et passionnante.

Bonne et heureuse année 2011.

La fin du Téléthon ?

L’an passé, le Téléthon a souffert de la baisse du nombre de dons. Les déclarations de Pierre Berger n’étaient sans doute pas étrangères à cet essoufflement. Souvenez-vous, ce dernier dénoncaient la main mise de l’AFM sur la télévision, tout en regrettant le manque d’espace pour les autres associations. Effet Berger, cette année encore, le Téléthon accuse une baisse du nombre de dons. Cet événement solidaire a t-il vécu ? Je ne le crois pas mais nous sommes néanmoins à un tournant. Le Téléthon va évoluer et le nouveau PDG de France Télévisions planche d’ores et déjà sur une nouvelle forme. Laquelle ? Il est encore trop tôt pour le savoir mais le Téléthon va perdre quelques heures d’antenne. L’audience confidentielle est une des raisons mais pas seulement. L’exclusivité accordé à l’AFM appartient au passé. Pourquoi ne pas garder le principe en l’ouvrant aux autres associations ? Personnellement, j’y suis favorable. Je défends l’idée d’un grand rendez-vous solidaire qui ne serait pas incompatible avec l’audience.

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Association SARA

Demain soir, je serai au Fouquet’s pour soutenir l’association SARA qui vient en aide aux enfants autiste.

Bourdin sur BFM TV: “un livre passionnant mais je ne l’ai pas lu.”

Je me suis étonné hier en écoutant Jean-Jacques BOURDIN, sur BFM TV. Le journaliste recevait l’ancien Président de la république, auteur du roman “La victoire de la grande armée” chez Plon. Et au détour d’une phrase, voilà que celui-ci reconnait ne pas avoir pris ou eu le temps, de lire le livre de son invité. Voici ses propos: “revenons à cette histoire de la Grande armée…passionnant…enfin, je ne l’ai pas lu. Je suis honnête. Des journalistes auraient affirmé l’avoir lu mais moi je vous le dis, je ne l’ai pas lu…mais je le lirai.”

Jean-Jacques Bourdin a le mérite de l’honnêteté mais alors pourquoi qualifier le livre de “passionnant” quand on ne l’a pas lu. Pourquoi inviter l’ancien président sous le prétexte de la sortie de ce livre alors qu’il apparait très secondaire dans cet interview ou du moins dans l’esprit du journaliste. Naturellement, Bourdin, y revient sans cesse comme pour plaire à son invité mais ce qui l’intéresse c’est la politique, le regard de Valéry Giscard d’Estaing sur les grands dossiers de l’actualité. Il n’y a aucun mal à cela et finalement, est-ce que l’honnêteté ce n’est de dire: votre actualité aujourd’hui c’est la sortie de ce livre “la grande armée”, nous en dirons un mot dans un instant, mais nous avons souhaité vous inviter pour évoquer l’actualité politique…”

Un ch’tis détour par le Nord

Il y a bien longtemps que j’ai délaissé mon blog mais il faut dire qu’entre-temps bien des événements se sont produits. Après une année à sillonner la France, avec des remplacements dans les stations régionales de France 3, je viens de poser mes valises dans le Nord, à Lille, où je viens d’être nommé, le 14 septembre dernier, rédacteur en chef adjoint de France 3 Nord Pas-de-Calais. Cette promotion est une satisfaction professionnelle pour moi et vient récompenser mon désir d’évolution professionnelle à France Télévisions. J’arrive dans une région que je connais peu mais dont j’ai pu apprécier l’intense activité durant deux séjours, au mois d’avril dernier. En région Nord Pas-de-Calais, pas un jour sans une actualité relativement importante. Il se passe beaucoup d’événements, notamment sur le plan social, politique, fait divers, sans oublier le sport et le football avec 3 équipes qui évoluent en Ligue 1 de football.
J’aurais l’occasion de raconter ici, par le détail, mes activités et je vous proposerais de m’accompagner dans les coulisses de la fabrication du journal régional. Cette nouvelle étape m’oblige à mettre entre parenthèses de beaux projets sur lesquels je travaillais depuis plusieurs mois mais ne m’empêchera pas de vous délivrer mon regard sur les médias et la politique. Depuis cette “tour de controle régionale” j’entends vous faire partager mon quotidien avec pour la première fois, depuis de longues années, un regard décalé depuis la province.

Une autre action solidaire est possible

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, Pierre Berger avait violemment critiqué le Téléthon en dénonçant son omniprésence au mois de décembre à la télévision. Ses critiques portaient essentiellement sur le privilège pour cette association de bénéficier, chaque année, de 24 heures de direct sur France Télévisions. Comme beaucoup, je m’étais insurgé contre ce comportement que je pensais nourri par la jalousie. Depuis, j’ai révisé mon jugement et, sans défendre pour autant Pierre Berger, je lui suis reconnaissant d’avoir ouvert un débat sur les liens entre les actions de solidarité et les médias.

Inutile de le nier, il y a des associations qui bénéficient d’une visibilité exceptionnelle quand d’autre ne parviennent pas à faire connaître leurs actions. Pour autant, celle qui ne parvient pas à faire émerger ses actions est-elle moins importante que celle qui jouit d’une forte médiatisation. La réponse est non. Un enfant atteint du cancer est-il moins important que celui qui souffre d’une dégénérescence musculaire. La réponse est encore non.

Cette hiérarchie médiatique me met mal à l’aise et je crois le temps venu de bousculer l’ordre établi. Aujourd’hui, les donateurs sont désorientés: à qui donner ? Où va l’argent ?… Faut-il faire un geste pour ces millions de personnes qui souffrent de malnutrition et de famine dans le monde ou pour ces centaines de milliers de personnes qui ne parviennent plus à se nourrir correctement en France ? Quelle est l’échelle de valeur ?

Les français font preuve d’une immense générosité pour aider ceux qui en ont besoin. Notre devoir est de clarifier l’action humanitaire autour d’un projet commun qui atténue les différences. Dans un monde plus juste, ne pourrait-on imaginer une force de frappe collective pour enrayer la souffrance et la misère, plutôt que des actions isolées ? Ne pourrait-on imaginer une offensive commune pour montrer et démontrer que l’humanitaire ce n’est pas triste ou déprimant mais au contraire joyeux.
J’appelle à une action solidaire en m’appuyant sur les compétences de tous pour donner à l’humanitaire un visage plein d’espoir et non plus de compassion.

Les associations qui oeuvrent pour le bien des personnes en souffrances doivent aujourd’hui s’unir pour être davantage efficace.