Politique

“La pire des attitudes est l’indifférence, dire: “je n’y peux rien, je me débrouille”. En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes essentielles: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.” (Stéphane Hessel)

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Mélenchon et sa France d’en bas

J’écoutais hier l’interview de Mélenchon sur Europe 1 et me disais que décidément il y a des fossés qui se creusent dans notre pays. Mélenchon, comme à son habitude, reste cohérent avec son discours que beaucoup qualifient de “populiste.” Face à lui, Nicolas demorand, un excellent journaliste qui pose des questions directes mais qui je le crains ne mesure pas complètement ce qui se passe dans la réalité quotidienne de millions de français.

D’accord, Mélenchon en fait des tonnes, mais il est dans son rôle, celui de défendre ceux et celles qui se demandent comment ils vont terminer le mois, comment ils vont garder leur travail, comment ils vont payer des études à leurs enfants,….Cet échange assez vif remet en selle un slogan qui, en son temps, a fait beaucoup de bruit. Il s’agissait de “la France d’en haut et de la France d’en bas” du Premier Ministre de l’époque Jean-Pierre Raffarin. Je crois que nous y sommes précisément dans cet interview. J’ai senti chez Nicolas Demorand, un zeste de moquerie, de familiarité et même d’arrogance qui m’ont mis assez mal à l’aise.

Je peux me tromper et c’est pour cela que je vous propose d’écouter cet interview en vous suggérant ne pas rester sur l’étiquette politique de Mélenchon mais bien sur cet échange. Pour ma part, je me dois de le signaler, une nouvelle fois, cet article n’est pas orienté politiquement. Je me demande seulement comment les personnes qui se retrouvent dans le discours de cet homme politique jugent au final les journalistes dont chacun sait qu’ils sont là pour poser des questions sans porter de jugement. Je vous laisse donc seul juge.


Mélenchon : "DSK représente si mal la gauche"
envoyé par Europe1fr. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Edito 2011

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La période s’y prête alors, allons-y gaiement: bonne et heureuse année 2011. Qu’elle vous apporte beaucoup de joie, de bonheur, santé,…Bla bla bla. Bon, après la phrase lénifiante, sans engagement et donc sans risque, entrons à présent dans le concret, dans le consistant. Que peut-on souhaiter pour 2011 sans flirter avec l’hypocrisie, la démagogie, le discours sans relief ?
Je forme le voeu de vivre une année solidaire. Je souhaite que nous prenions le temps de regarder autour de nous et d’oublier chaque fois que possible notre petit nombril. Je souhaite que nous puissions nous ouvrir aux autres sans jugement, ni jalousie mais en étant vrai et sincère. Pas si simple, je vous l’accorde… Je souhaite que nous puissions vivre mieux, dans un monde malheureusement replié sur lui-même. Il n’y a pas de fatalisme. Nous pouvons chacun à notre niveau changer ce monde. Ce n’est pas un discours idéaliste mais volontariste. Les fidèles de ce blog y sont d’ailleurs habitués.
Je suis fatigué des politiques qui n’ont de cesse de se montrer sur les plateaux de télévision ou dans les studios de la radio. Je suis fatigué de voir des journalistes bien plus préoccupés par leur carnet d’adresse et leur carrière que par le souci d’aller chercher l’information là où elle est. Mesdames et messieurs les journalistes, dont je revendique fièrement mon appartenance, cessons de vivre dans l’attente de la petite phrase de nos politiques, cessons de commenter en boucle les remaniements ministériels, cessons de nous complaire dans le microcosme parisien…allons dans la vraie vie, là où vivent des millions de français. Défendons le travail de centaines de reporters qui eux, regardent, scrutent et montrent les préoccupations des français.

En ce début d’année 2011, je veux me battre (oui, oui je sais, avec mes petits poings) pour réinventer la politique et le journalisme. Je veux défendre et encourager ceux et celles qui ont des convictions et des valeurs même si ce ne sont pas toujours les miennes. Voilà une ambition à rapprocher des travaux d’Hercule. Sans aucun doute, mais pourquoi céder au pessimisme et au décoragement. Pourquoi ne pas essayer au risque de recevoir des coups.

M’enfin ! Mais quel est donc ce type qui se permet de faire la morale aux uns et aux autres. Peut-être un citoyen libre qui ressens fortement la nécessité de revenir à des valeurs que nous avons délaissés au profit du spectacle, du sensationnel, de l’éphémère,…La définition que je me fais de la politique est celle que l’on retrouve dans les dictionnaires et qui de mon point de vue doit prévaloir: “la politique c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire pour le plus grand nombre”. Notre devoir de journaliste est d’abord de rapporter des faits et ensuite, ensuite seulement de les commenter. Aujourd’hui nous commentons bien plus que nous relatons. Il faut revenir à l’information et ne pas renoncer à l’investigation. Mesdames et messieurs les décideurs n’emprisonnez pas les journalistes dans l’urgence et dans le temps. Nous ne sommes pas des pisses copies. Vous ne gagnerez rien à nous museler par le facteur temps et la rentabilité. L’information ne peut répondre à des diktats de marketing et de communication. Informer c’est éclairer, donner à chacun la possibilité de se faire une opinion.

Que la tache s’annonce difficile mais combien celle-ci est aussi exaltante. A mon petit niveau et à ma juste place, je vais m’y employer avec ce désir idéaliste de changer un peu ce monde dans lequel je ne me reconnais plus. Je sais qu’il y a autour de moi des journalistes débutants ou confirmés qui aspirent à changer l’image de notre profession. Ceux-là doivent y croire chaque jour davantage. Il ne faut pas renoncer à faire notre métier et seulement notre métier. Laissons les stars faire les stars mais soyons exigeant dans notre mission qui est noble et passionnante.

Bonne et heureuse année 2011.

Ils n’ont toujours pas lu mais ils en parlent

Je fais suite à mon précédent article dans lequel Jean-Jacques Bourdin confessait ne pas avoir lu le livre de Valéry Giscard d’estaing. Hier soir, sur Canal Plus, c’était au tour d’ Eric Ciotti, secrétaire national UMP en charge de la sécurité de se ridiculiser.
Le 3 février 2003 à Toulouse, Nicolas Sarkozy tance publiquement Jean-Pierre Havrin, grand flic et père de la police de proximité, une “crucifixion” juge ce dernier, qui brise le silence 7 ans après dans un livre, critique de la gestion gouvernementale du dossier sécurité.
Dans “Il a détruit la police de proximité”, qui sort jeudi en librairie, Jean-Pierre Havrin revient sur cette journée, qui avait sonné le glas de sa conception d’une police proche des gens, conçue avec Jean-Pierre Chevènement quand il était son conseiller Place Beauvau, pour mieux s’implanter dans les quartiers sensibles.
Hier soir donc, sur le plateau du grand Journal de Canal plus, Eric Ciotti, en grand défenseur de la politique du Président de la République, dénonce un livre à charge contre Nicolas Sarkozy. L’auteur s’en défend et Michel Denisot demande à Ciotti: “avez-vous lu le livre ?”. “Non” répond le chargé de sécurité mais j’en ai lu des passages dans la presse.
Ce nouvel exemple illustre ce pitoyable spectacle de la com où l’on vient en plateau assurer la défense d’une politique sans avoir pris la peine de lire le livre qui est au centre de la polémique.
Trop de politiques et de journalistes sont devenus des pros de la communication…tellement pro qu’ils oublient l’essentiel: préparer leurs dossiers. Mais dans quel vit-on ma bonne dame.

Bourdin sur BFM TV: “un livre passionnant mais je ne l’ai pas lu.”

Je me suis étonné hier en écoutant Jean-Jacques BOURDIN, sur BFM TV. Le journaliste recevait l’ancien Président de la république, auteur du roman “La victoire de la grande armée” chez Plon. Et au détour d’une phrase, voilà que celui-ci reconnait ne pas avoir pris ou eu le temps, de lire le livre de son invité. Voici ses propos: “revenons à cette histoire de la Grande armée…passionnant…enfin, je ne l’ai pas lu. Je suis honnête. Des journalistes auraient affirmé l’avoir lu mais moi je vous le dis, je ne l’ai pas lu…mais je le lirai.”

Jean-Jacques Bourdin a le mérite de l’honnêteté mais alors pourquoi qualifier le livre de “passionnant” quand on ne l’a pas lu. Pourquoi inviter l’ancien président sous le prétexte de la sortie de ce livre alors qu’il apparait très secondaire dans cet interview ou du moins dans l’esprit du journaliste. Naturellement, Bourdin, y revient sans cesse comme pour plaire à son invité mais ce qui l’intéresse c’est la politique, le regard de Valéry Giscard d’Estaing sur les grands dossiers de l’actualité. Il n’y a aucun mal à cela et finalement, est-ce que l’honnêteté ce n’est de dire: votre actualité aujourd’hui c’est la sortie de ce livre “la grande armée”, nous en dirons un mot dans un instant, mais nous avons souhaité vous inviter pour évoquer l’actualité politique…”

Ingrid Bétancourt sur France 3 Nord-Pas-de-Calais

Demain, à 12 h nous recevrons l’ancienne otage des Farc, Ingrid Bétancourt. Interview en direct et davantage d’images tout de suite après sur www.france3.fr et facebook.

Quand la politique dérive dans la grossièreté et le mensonge

Au regard des dernières déclarations de nos politiques, il y a de quoi s’inquiéter de l’état de tension qui règne entre les médias et la classe politique française. Sans crier au scandale, je m’inquiète de voir Jean-Luc Mélenchon, député européen, traiter de “salaud” et de “larbin” David Pujadas, le présentateur du journal de 20 heures de France 2.

Dans l’extrait de JT datant de 2009 que Mélenchon visionne, le présentateur interroge Xavier Mathieu, des Conti de Clairoix (Oise), engagé dans un long conflit social pour le maintien de leur usine, qui fermera finalement début 2010. Pujadas demande au syndicaliste: «est-ce que ça ne va pas trop loin?», «est-ce que vous regrettez ces violences?», «pour vous la fin justifie les moyens?» Mélenchon est consterné. «Salaud, va!» Et: «larbin. Arrête, ça me dégoûte!»


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Un ch’tis détour par le Nord

Il y a bien longtemps que j’ai délaissé mon blog mais il faut dire qu’entre-temps bien des événements se sont produits. Après une année à sillonner la France, avec des remplacements dans les stations régionales de France 3, je viens de poser mes valises dans le Nord, à Lille, où je viens d’être nommé, le 14 septembre dernier, rédacteur en chef adjoint de France 3 Nord Pas-de-Calais. Cette promotion est une satisfaction professionnelle pour moi et vient récompenser mon désir d’évolution professionnelle à France Télévisions. J’arrive dans une région que je connais peu mais dont j’ai pu apprécier l’intense activité durant deux séjours, au mois d’avril dernier. En région Nord Pas-de-Calais, pas un jour sans une actualité relativement importante. Il se passe beaucoup d’événements, notamment sur le plan social, politique, fait divers, sans oublier le sport et le football avec 3 équipes qui évoluent en Ligue 1 de football.
J’aurais l’occasion de raconter ici, par le détail, mes activités et je vous proposerais de m’accompagner dans les coulisses de la fabrication du journal régional. Cette nouvelle étape m’oblige à mettre entre parenthèses de beaux projets sur lesquels je travaillais depuis plusieurs mois mais ne m’empêchera pas de vous délivrer mon regard sur les médias et la politique. Depuis cette “tour de controle régionale” j’entends vous faire partager mon quotidien avec pour la première fois, depuis de longues années, un regard décalé depuis la province.

Une autre action solidaire est possible

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, Pierre Berger avait violemment critiqué le Téléthon en dénonçant son omniprésence au mois de décembre à la télévision. Ses critiques portaient essentiellement sur le privilège pour cette association de bénéficier, chaque année, de 24 heures de direct sur France Télévisions. Comme beaucoup, je m’étais insurgé contre ce comportement que je pensais nourri par la jalousie. Depuis, j’ai révisé mon jugement et, sans défendre pour autant Pierre Berger, je lui suis reconnaissant d’avoir ouvert un débat sur les liens entre les actions de solidarité et les médias.

Inutile de le nier, il y a des associations qui bénéficient d’une visibilité exceptionnelle quand d’autre ne parviennent pas à faire connaître leurs actions. Pour autant, celle qui ne parvient pas à faire émerger ses actions est-elle moins importante que celle qui jouit d’une forte médiatisation. La réponse est non. Un enfant atteint du cancer est-il moins important que celui qui souffre d’une dégénérescence musculaire. La réponse est encore non.

Cette hiérarchie médiatique me met mal à l’aise et je crois le temps venu de bousculer l’ordre établi. Aujourd’hui, les donateurs sont désorientés: à qui donner ? Où va l’argent ?… Faut-il faire un geste pour ces millions de personnes qui souffrent de malnutrition et de famine dans le monde ou pour ces centaines de milliers de personnes qui ne parviennent plus à se nourrir correctement en France ? Quelle est l’échelle de valeur ?

Les français font preuve d’une immense générosité pour aider ceux qui en ont besoin. Notre devoir est de clarifier l’action humanitaire autour d’un projet commun qui atténue les différences. Dans un monde plus juste, ne pourrait-on imaginer une force de frappe collective pour enrayer la souffrance et la misère, plutôt que des actions isolées ? Ne pourrait-on imaginer une offensive commune pour montrer et démontrer que l’humanitaire ce n’est pas triste ou déprimant mais au contraire joyeux.
J’appelle à une action solidaire en m’appuyant sur les compétences de tous pour donner à l’humanitaire un visage plein d’espoir et non plus de compassion.

Les associations qui oeuvrent pour le bien des personnes en souffrances doivent aujourd’hui s’unir pour être davantage efficace.