
La période s’y prête alors, allons-y gaiement: bonne et heureuse année 2011. Qu’elle vous apporte beaucoup de joie, de bonheur, santé,…Bla bla bla. Bon, après la phrase lénifiante, sans engagement et donc sans risque, entrons à présent dans le concret, dans le consistant. Que peut-on souhaiter pour 2011 sans flirter avec l’hypocrisie, la démagogie, le discours sans relief ?
Je forme le voeu de vivre une année solidaire. Je souhaite que nous prenions le temps de regarder autour de nous et d’oublier chaque fois que possible notre petit nombril. Je souhaite que nous puissions nous ouvrir aux autres sans jugement, ni jalousie mais en étant vrai et sincère. Pas si simple, je vous l’accorde… Je souhaite que nous puissions vivre mieux, dans un monde malheureusement replié sur lui-même. Il n’y a pas de fatalisme. Nous pouvons chacun à notre niveau changer ce monde. Ce n’est pas un discours idéaliste mais volontariste. Les fidèles de ce blog y sont d’ailleurs habitués.
Je suis fatigué des politiques qui n’ont de cesse de se montrer sur les plateaux de télévision ou dans les studios de la radio. Je suis fatigué de voir des journalistes bien plus préoccupés par leur carnet d’adresse et leur carrière que par le souci d’aller chercher l’information là où elle est. Mesdames et messieurs les journalistes, dont je revendique fièrement mon appartenance, cessons de vivre dans l’attente de la petite phrase de nos politiques, cessons de commenter en boucle les remaniements ministériels, cessons de nous complaire dans le microcosme parisien…allons dans la vraie vie, là où vivent des millions de français. Défendons le travail de centaines de reporters qui eux, regardent, scrutent et montrent les préoccupations des français.
En ce début d’année 2011, je veux me battre (oui, oui je sais, avec mes petits poings) pour réinventer la politique et le journalisme. Je veux défendre et encourager ceux et celles qui ont des convictions et des valeurs même si ce ne sont pas toujours les miennes. Voilà une ambition à rapprocher des travaux d’Hercule. Sans aucun doute, mais pourquoi céder au pessimisme et au décoragement. Pourquoi ne pas essayer au risque de recevoir des coups.
M’enfin ! Mais quel est donc ce type qui se permet de faire la morale aux uns et aux autres. Peut-être un citoyen libre qui ressens fortement la nécessité de revenir à des valeurs que nous avons délaissés au profit du spectacle, du sensationnel, de l’éphémère,…La définition que je me fais de la politique est celle que l’on retrouve dans les dictionnaires et qui de mon point de vue doit prévaloir: “la politique c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire pour le plus grand nombre”. Notre devoir de journaliste est d’abord de rapporter des faits et ensuite, ensuite seulement de les commenter. Aujourd’hui nous commentons bien plus que nous relatons. Il faut revenir à l’information et ne pas renoncer à l’investigation. Mesdames et messieurs les décideurs n’emprisonnez pas les journalistes dans l’urgence et dans le temps. Nous ne sommes pas des pisses copies. Vous ne gagnerez rien à nous museler par le facteur temps et la rentabilité. L’information ne peut répondre à des diktats de marketing et de communication. Informer c’est éclairer, donner à chacun la possibilité de se faire une opinion.
Que la tache s’annonce difficile mais combien celle-ci est aussi exaltante. A mon petit niveau et à ma juste place, je vais m’y employer avec ce désir idéaliste de changer un peu ce monde dans lequel je ne me reconnais plus. Je sais qu’il y a autour de moi des journalistes débutants ou confirmés qui aspirent à changer l’image de notre profession. Ceux-là doivent y croire chaque jour davantage. Il ne faut pas renoncer à faire notre métier et seulement notre métier. Laissons les stars faire les stars mais soyons exigeant dans notre mission qui est noble et passionnante.
Bonne et heureuse année 2011.