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Un ch’tis détour par le Nord

Il y a bien longtemps que j’ai délaissé mon blog mais il faut dire qu’entre-temps bien des événements se sont produits. Après une année à sillonner la France, avec des remplacements dans les stations régionales de France 3, je viens de poser mes valises dans le Nord, à Lille, où je viens d’être nommé, le 14 septembre dernier, rédacteur en chef adjoint de France 3 Nord Pas-de-Calais. Cette promotion est une satisfaction professionnelle pour moi et vient récompenser mon désir d’évolution professionnelle à France Télévisions. J’arrive dans une région que je connais peu mais dont j’ai pu apprécier l’intense activité durant deux séjours, au mois d’avril dernier. En région Nord Pas-de-Calais, pas un jour sans une actualité relativement importante. Il se passe beaucoup d’événements, notamment sur le plan social, politique, fait divers, sans oublier le sport et le football avec 3 équipes qui évoluent en Ligue 1 de football.
J’aurais l’occasion de raconter ici, par le détail, mes activités et je vous proposerais de m’accompagner dans les coulisses de la fabrication du journal régional. Cette nouvelle étape m’oblige à mettre entre parenthèses de beaux projets sur lesquels je travaillais depuis plusieurs mois mais ne m’empêchera pas de vous délivrer mon regard sur les médias et la politique. Depuis cette “tour de controle régionale” j’entends vous faire partager mon quotidien avec pour la première fois, depuis de longues années, un regard décalé depuis la province.

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Pierre Lacombe

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URGENCE

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Urgence pratique:
Recherche : électricien pour rétablir le courant entre les gens qui ne se parlent plus, opticien pour changer le regard des gens, fossoyeur pour enterrer la hache de guerre, artiste pour dessiner le sourire sur tous les visages, maçon pour bâtir la paix et professeur de math pour réapprendre a compter les uns sur les autres.

La rumeur qui fait pschitt…

Le petit monde médiatico-politique parisien; vous savez celui qui fait la pluie et le beau temps sur les principaux supports d’information, s’est une nouvelle fois illustré avec ce qui pourrait être le titre d’un bon polar: “la rumeur”.
Cette rumeur s’est d’abord propagée dans les rédactions, il y a déjà plusieurs semaines. Des journalistes, dont je fais parti, l’ont relayé à la machine à café sur le ton: « il parait que…, t’es au courant ? »
Il faut savoir que, par définition, un journaliste est normalement bien informé. Là, en l’occurrence, il n’était rien d’autre que colporteur de rumeurs. Mais fort heureusement, les grands journalistes de notre profession se sont saisis du dossier pour recadrer tout le monde. Sans jamais, eux non plus, répondre aux questions les plus simples de notre profession (Qui ? Quand ? Où ? Quoi ? Pourquoi ?), ils ont fait leur grand numéro. Cette discussion qui n’aurait jamais du aller plus loin que la machine à café s’est retrouvée sur le devant de la scène. Le seul intérêt de lui donner une suite aurait été qu’elle devienne une information vérifiée. Et encore…nous touchons là à la vie privée. C’est un autre débat qu’il convient d’aborder avec la plus grande prudence…Un peu de mémoire: François Mittèrrand, père de Mazarine, met les moyens de l’Etat pour assurer la sécurité de sa fille mais ne révèle pas son existence et aucun journaliste ne se sent autorisé à en parler. Pierre Charron, le conseiller désavoué de Nicolas Sarkozy, évoque la théorie d’un complot, une machination financière et mentionne une enquête…Touchons-nous avec ces deux exemples à la vie privée ou à la vie publique ?

Face à la rumeur de la supposée infidélité du couple présidentiel, chacun de ces éminents confrères et consoeurs y est allé de sa petite leçon aux journalistes et aux politiques. Ces pères (ou mères) la morale, nous ont, une nouvelle fois, expliqué comment il fallait penser, ce qu’il fallait dire et ce qu’il fallait taire.
Que ces éditorialistes s’expriment du haut de leur tribune ne me gêne pas. Ils ne détiennent que leur vérité et les auditeurs et téléspectateurs ne sont pas jamais dupes. En revanche, je suis beaucoup moins à l’aise avec le travail journalistique nécessaire pour éclairer les français.

J’ai ni entendu, ni vu, ni lu aucun reportage de fond sur cette rumeur supposée. Aucun journaliste n’a, semble t-il, eu le temps ou le courage de vérifier les informations. C’est pourtant la base de notre métier. Ces questions restent donc en suspend: qui a propagé cette rumeur ? Comment et pourquoi ? Quelles sont les preuves qui permettent d’accuser telle ou telle personne ? Pourquoi l’épouse du chef de l’Etat dément qu’une enquête est en cours alors qu’une autre source officielle affirme le contraire ? Pourquoi a t-on évoqué une théorie du complot ? Pourquoi Rachida est passé en quelques heures de persona non grata à l’Elysée à “notre amie”. Aucun de mes confrères ne s’est lancé dans un reportage de fond. L’essentiel de ce que les français sont en droit d’attendre des journalistes sensés informer est resté sans réponse.

La machine médiatique s’est emballée et, comme d’habitude, cette rumeur a été servie jusqu’à la nausée.
La rumeur court et nous courrons tous derrière comme des idiots. Et pendant ce temps, un sondage l’affirme, les français sont quasi indifférents à ces rumeurs qui ne font qu’alimenter les discussions de bistrots. Eux, ils ont d’autres préoccupations comme celles de garder leur emploi, payer les études de leurs enfants ou remplir le caddie au supermarché. C’est sans doute basique comme démonstration mais la vérité échappe souvent au démonstration complexe ou au jus de crâne des maîtres à penser. J’en suis convaincu.

Pierre Lacombe http://www.facebook.com/home.php


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