Médias

1…2…3…4… Un enfant vient de mourir de faim

Photo Reuters

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Il devient urgent de lancer un cri de révolte pour que cette société d’indifférence dans laquelle nous baignons tous, ouvre enfin les yeux sur cette profonde injustice de la faim dans le monde. J’entends déjà des voix s’élever pour dénoncer un discours idéaliste, bien-pensant, naïf,… Je m’en moque. J’ai appris par mon métier à relater des faits et à soulever des questions. (Lire la suite…)

Patrick Sébastien entre en politique

Je suis assez partagé sur le projet de Patrick Sébastien qui nourrie l’ambition de créer un mouvement politique pour secouer nos dirigeants. Mon interrogation repose essentiellement sur sa stratégie. S’engage t-il dans un vrai souci de bousculer les politiques ou cherchent-ils une nouvelle tribune pour flatter son égo que l’on dit assez développé ? Je n’aime pas plus que ça l’artiste mais je lui reconnais du talent et de la générosité. On ne peut fédérer autant de personnes le samedi soir sans avoir une once de talent. Ceci étant dit, je reste perplexe sur l’avenir de ce mouvement qui, dans les prochains mois, va être sérieusement bousculé et chahuté. Si les premiers sondages vont dans le bon sens pour l’auteur du petit bonhomme en mousse, les « nettoyeurs » de la politique vont sortir de leur tanière. (Lire la suite…)

L’arroseur arrosé

Invité de l’émission “Ce soir ou jamais” sur France 3 ce mardi soir, l’écrivain et journaliste Eric Zemmour a vivement réagi à l’utilisation de son image dans le dernier film de Patric Jean “La domination masculine”, documentaire sur l’égalité entre hommes et femmes. Selon Eric Zemmour, les propos qu’il tient dans le film sont sortis de leur contexte. Il s’agit d’extraits d’une émission de la télévision suisse dans lesquels le journaliste politique semble justifier la violence masculine.
Eric Zémour qui s’insurge et cri au scandale me laisse songeur. Voilà un homme qui chaque samedi chez Ruquier bénéficie d’une fenêtre exceptionnelle pour distiller son venin et qui ne supporte pas que l’on puisse s’en prendre à sa noble personne. “Je suis sidéré (…) c’est des manÅ“uvres de voyou, des manÅ“uvres de terrorisme médiatique” déclare Eric Zemmour qui insinue vouloir poursuivre en justice le réalisateur du film.
Je me demande combien d’invités de Laurent Ruquier peuvent aujourd’hui tenir ce discours à son encontre. Ils sont nombreux mais eux, n’ont pas nécessairement une fenêtre de tir.
Je suis favorable à la libre expression à la télévision et jamais il ne me viendrait à l’idée, si j’en avais les moyens, de “censurer” Zémmour. Néanmoins, lorsque l’on ouvre la boîte de pandore, il faut en assumer les risques. Quand on tire à vue, avec parfois des arguments bancals, il y a parfois des retours de bâton. Ils peuvent être exagérés ou injustes, comme le sont, parfois, ceux de Zémmour.

Quand l’information rime avec communication

C’est une première qu’il convient de mettre en exergue. Les principaux syndicats de journalistes ont adressé hier une lettre ouverte commune au président de la République, Nicolas Sarkozy, où ils font état de la “situation extrêmement préoccupante” du secteur, tant au plan économique que s’agissant des conditions de travail. Selon les syndicats signataires de la lettre, 2300 journalistes “seraient venus gonfler les rangs des chômeurs”: “il n’est pas un jour sans qu’un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision licencie des journalistes en prétextant la crise économique.”
Je ne suis pas convaincu que la solution vienne de Nicolas Sarkozy mais plutôt de la profession elle-même. Il y a remise en question nécessaire que nous ne faisons pas. Au delà des enjeux économiques et des pressions des directions de groupes de presse, il est un fait avéré. Nous avons pris la très mauvaise habitude de nous marquer les uns les autres à la culotte. Le suivisme est devenu la règle et nous retire le recul nécessaire pour aborder une information avec le recul et la sérénité nécessaire. Je suis très inquiet de voir à quel point nous nous déplaçons tels des moutons sur un fait d’actualité qui n’en ai pas toujours un. Nous devons aujourd’hui, plus que jamais, renforcer notre vigilance pour distinguer une information d’une opération de communication. Regardez le suivisme bête et dangereux qui s’est produit sur le démantèlement de la “jungle de Calais” avec cette forêt de caméra pour entourer le Ministre de l’immigration.
Je défends l’idée d’en finir avec le suivisme, le spectaculaire, la communication. C’est sans doute là, le discours d’un idéaliste alors je m’en vais, pour atténuer cette réputation qui me gagne au fil de mes articles, proposer des solutions.
Il est urgent d’ouvrir le débat sur l’avenir de notre profession, en demandant, en effet, à l’Etat de garantir l’indépendance de notre profession. Des mesures sont possibles comme la garantie de pouvoir protéger nos sources ou de veiller à l’indépendance des rédactions. Je ne suis pas fondamentalement hostile à la nomination des dirigeants du service public par l’Etat mais je revendique la mise en place de garde fou pour garantir l’indépendance des journalistes. Il faut y réfléchir d’urgence.
Les autres solutions consistent à donner aux journalistes les moyens d’exercer leur profession. Aujourd’hui, nous réalisons des reportages en un temps record parce qu’il faut toujours aller plus vite sous peine d’être “grillé” par la concurrence. Que cette course effrénée s’engage dans les structures privées, je peux le concevoir, mais de grâce, pas dans le service public dont on attend un minimum de recul et de réflexion. La sanction de l’audience de nos journaux est devenue trop lourde à porter. Car réfléchissons un instant sur cette question: l’information doit-elle faire de l’audience ?
Faire de l’information est devenue un “business”. Si nous continuons à informer, nous ne faisons qu’effleurer. Il n’y a plus d’enquête, de recherche, de vérification,…excepté pour quelques journalistes qui, pour beaucoup, sont marginalisés.
Enfin, il est urgent de fédérer les journalistes autour de valeurs qu’ils ne retrouvent plus forcément dans le syndicalisme. Je milite pour la création d’une organisation neutre et indépendante pour la défense de notre profession. Elle serait dirigée par des journalistes ayant fait preuve tout au long de leur carrière d’une intégrité et d’un professionnalisme irréprochable. L’idée est lancée, il faudrait y réfléchir car je le dis , sans dratatiser, il y a urgence.

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“l’interview du fistonné de France 3″…suite

Ce matin, le Canard Enchainé revient sur l’interview de Jean Sarkozy la semaine dernière dans le journal que je présentais sur France 3 Ile-de-France. Je crois utile d’apporter des éclaircissements sur cette interview puisqu’elle semble aiguiser la curiosité de nombres de mes confrères.
Par le passé, nous avons à plusieurs reprises contacté Jean Sarkozy pour l’inviter sur notre plateau. Ces conseillers nous ont fait savoir que ce n’était pas le moment, qu’on verrait plus tard…Jusqu’à la semaine dernière où, à notre grande surprise, l’entourage de Jean Sarkozy a fait savoir qu’il serait très heureux de s’exprimer sur France 3 Ile de France pour s’expliquer sur l’affaire de l’Epad. Il s’est donc invité pour parler clairement et nous avons accepté. Qui aurait refusé de recevoir fils du Président en pleine tempête médiatico-politique sur cette élection de l’Epad ?
Oui, Jean Sarkozy a reçu un accueil particulier. Le directeur adjoint et la rédactrice en chef étaient présents pour l’accueillir. J’ajoute que ce n’est pas tous les jours qu’ils sont là. L’accueil de la secrétaire d’Etat chargée des ainés le lendemain était beaucoup plus discret.
Oui, l’entourage de Jean Sarkozy n’a pas souhaité la présence de France 2. L’interview était accordée à France 3 Ile-de-France seulement. Personnellement, je ne trouve pas cela choquant. Le jeune conseiller général des Hauts de Seine à le droit de répondre de donner la priorité à qui il veut.
En temps normal, l’interview dans le journal dure 3 minutes. La rédactrice en chef a pris la décision de pousser l’interview jusqu’à 7 minutes. De la même manière, à la demande de l’entourage de Jean Sarkozy, deux sujets qui devaient être diffusés durant l’interview ont été diffusés en introduction de l’entretien. Pas de “cassures de rythme” donc mais une interview “sèche” de la 1ère à la 7ème minutes. Pour ma part, j’ai trouvé l’entretien trop long et j’ai regretté que l’on adapte notre journal aux souhaits de Jean Sarkozy.
Voilà en toute sincérité ce qui s’est passé. Doit-on conclure à un traitement de faveur. Ma réponse est oui mais avec des circonstances atténuantes. Il s’agissait d’une interview exclusive et donc une aubaine pour notre chaîne et de plus, c’est humain, le fils du président de la République n’est pas n’importe qui… Le personnage fascine, intrigue et, pour beaucoup, il suscite une certaine admiration. Je le répète c’est humain.
En ce qui me concerne, si j’avais eu la maîtrise du journal, l’entretien aurait duré 5 minutes et selon mes conditions. Celles que nous avions initialement prévues. Je n’aurais pas cédé aux exigences de l’entourage de Jean Sarkozy.

Quand Frédéric Lefèbvre flingue les médias

C’est un refrain que l’on connait. Chaque fois que ça tangue, c’est la faute aux médias. Frédéric Lefebvre s’est chargé de le dire ce matin sur RTL à propos des “affaires” Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand.


Frédéric Lefebvre sur RTL (19/10/09)
par rtl-fr

Cette montée au front est sans doute légitime pour tenter de défendre ce qui peut l’être, mais de là à mettre la responsabilité sur les médias, je n’ai pas le sentiment que le porte parole de l’UMP soit le mieux placé pour porter la charge. Les médias ont une responsabilité dans la déformation des faits lorsqu’ils confondent, par exemple, “nomination” et “élection” à propos de l’EPAD. Sans doute aussi, quand ils font l’amalgame entre “pédophilie” et “homosexualité”. Il faut faire le tri dans ce qui est écrit car, à l’heure d’Internet, on peut en effet lire tout et surtout n’importe quoi.
Mais, n’en déplaise à Frédéric Lefebvre, nombre de très bons articles ont été diffusés sur ces deux affaires. Des articles qui ont suscité la colère des défenseurs de Sarkozy et Mitterrand mais qui pointé du doigt des incohérences profondes et de profondes interrogations.
Je retiens deux éléments sur ces deux affaires. Ils sont de mon point de vue l’essentiel de ce qu’il faut retenir:

- S’agissant de Frédéric Mitterrand: la réaction du Ministre de la culture sur l’arrestation de Roman Polanski n’a pas été à la hauteur de sa fonction et de sa nécessité de rester à l’écart d’une affaire de justice. Frédéric Mitterrand a mis des sentiments très personnels dans son intervention qui lui ont valu critiques et suspicion.

- S’agissant de Jean Sarkozy: un jeune élu de 23 ans en France n’a, jusqu’ici, jamais eu l’opportunité de prétendre à des responsabilités aussi importante que la présidence de l’Epad en région parisienne. Oui, Jean Sarkozy est un élu. Oui, il ne sera pas nommé mais élu au mois de décembre. Non, il n’est pas un élu comme les autres. Aussi, je pose à nouveau ma question, déjà posée dans mes articles précédents: combien d’élus de 23 ans peuvent prétendre diriger une grande agglomération, établissement public, …en France. Aucun. Jean Sarkozy est un jeune homme brillant et ambitieux, et cela me plaît, mais d’autres le sont aussi et n’auront jamais cette possibilité de démontrer leur compétence et leur savoir-faire. Pardon, mais ils ne sont pas « fils de ».

Avant d’accuser les medias, Frédéric Lefebvre gagnerait à porter un regard honnête et lucide sur la question. Les medias lui offre chaque jour de belles tribunes dont celle-ci, ce matin sur RTL, pour distribuer les bons et mauvais points.
En ce qui nous concerne, nous les journalistes, il est vrai qu’il est urgent de revenenir aux fondamentaux de notre profession. Se renseigner et vérifier avant d’informer. Confondre nomination et élection est, je le reconnais, assez regrettable. Parler d’un livre “La mauvaise vie”, sans prendre le soin de le lire est aussi assez dévastateur pour renforcer la crédibilité d’une profession malmenée. *
Que chacun en tire donc les leçons. Et, croyez le bien, je ne m’exclue nullement de ce conseil avisé.

Et si nous nous informions avant d’informer.

Ce matin, je me demandais combien de journalistes qui ont évoqué, parfois avec des mots terribles, l’affaire Frédéric Mitterrand, avait pris le soin de lire son livre “La mauvaise vie” ?
Certains l’ont fait mais ils sont une minorité. La presse est ainsi devenue qu’aujourd’hui, il n’est plus besoin de lire un livre ou de voir un spectacle pour en parler. L’exemple de Laurent Bignolas est assez éclairant en ce domaine. Encore une fois, je n’incrimine pas mon confrère pour qui j’ai beaucoup d’estime. Mais ce qui s’est passé ce soir là (lire article: “Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct) est significatif de l’appauvrissement de notre profession.
Les événements vont aujourd’hui si vite que plus personne ne prend la peine de se documenter pour informer. C’est une triste réalité que je constate tous les jours dans la pratique de mon métier. Où est passé le temps où les journalistes réunissait s’informait avant d’informer ? Combien de journalistes ont pris la défense ou ont, au contraire, descendus en flèche le Ministre de la culture sur la base de rumeurs, de propos non vérifiés, d’allégations ou de perceptions lointaines. Quand la machine médiatique se met en marche, inutile de chercher à l’enrayer, elle écrase tout sur son passage.
Pour étayer cet exemple, je reviens un instant sur l’ambition de Jean Sarkozy dans les Hauts de Seine. Combien de journalistes ont utilisé e mot “nomination” pour évoquer l’arrivée annoncée du “fils de” à la tête de l’Epad, l’Etablissement Public d’aménagement de la Défense . Même le Premier Ministre s’est trompé. C’est vous dire la confusion qui règne. Je le rappelle donc, il s’agit d’une élection.
Avant de se lancer dans des diatribes, il revient à tout journaliste qui se respecte de se renseigner, de se documenter. A la décharge des journalistes, je dois reconnaître que le développement de la concurrence dans les médias oblige à aller toujours plus vite et, incontestablement, toujours plus loin. Au risque naturellement d’effectuer des sorties de route.
Je ne veux pas terminer cet article sans rendre hommage à ces journalistes de l’ombre qui travaillent en conscience, en prenant le temps de vérifier ce qu’ils écrivent. Ils ne sont plus très nombreux mais ils résistent.

Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct

J’ai souffert hier en regardant Laurent Bignolas à 18H30. D’autant je prenne l’antenne tout de suite après pour présenter le journal régional. Le présentateur du 19/20 de France 3 était en direct avec l’acteur Albert Dupontel.

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Jean Sarkozy/EPAD: comment faire taire les soupçons ?

La future élection de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD suscite actuellement de nombreux commentaires dans les journaux. Il y a ceux qui s’émeuvent de voir que le “fils de” puisse à 23 ans prendre des responsabilités aussi importantes et puis, à l’opposé, ceux qui trouvent le plus normal du monde, que le jeune conseiller général affirme son ambition. (Lire la suite…)