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Actualité
Circulez il n’y a plus rien à voir !
A entendre les observateurs, spécialistes politiques et sondeurs, cette fois, la messe est dites. L’élection se jouera à deux. Elle opposera Nicolas Sarkozy à François Hollande. Ce qui était jusqu’ici une hypothèse fortement probable devient donc une affirmation définitive: “Mesdames et messieurs les électeurs, circulez il n’y a plus rien à voir !” Mais alors, une question se pose. Pourquoi perdre son temps à aller voter au premier tour; autant se réserver pour le deuxième, si le match est déjà plié au premier tour. Personnellement, je
ne suis pas encore totalement convaincu et je persiste dans l’idée que rien n’est encore définitif. Je reconnais que la tendance se précise mais à deux mois du premier tour, j’ai la faiblesse de penser que la situation peut encore évoluer et apporter son lot de surprise. Dans ce cas précis, il est normal de se demander qui pourrait venir troubler ce scénario.
A vrai dire, ni Bayrou, ni le Pen ne sont aujourd’hui en situation de troubler les deux favoris. Les deux outsiders dans les sondages d’opinion ne parviennent pas à créer une dynamique autour de leur candidature. Bayrou à des idées, il est estimé par les français mais il doit trouver un nouvel élan. Le Président du Modem à pour lui la ténacité mais il est train de nous faire un bis-repetita de sa campagne de 2007. Il propose du déjà vu et ne donne pas des gages suffisamment précieux sur sa capacité à rassembler pour gouverner. L’idée du “seul contre tous” est sympathique mais ce slogan ne fera pas de lui un président. Il va devoir donner un coup d’accélérateur et sortir “ni Sarkozy, ni Hollande” qui le conduise dans une impasse.
Marine le Pen est selon moi à son maximum. Elle vient d’obtenir ses 500 parrainages et ne pourra plus désormais crier au loup sur ceux qui voulaient, selon elle, la priver de présidentielle. Elle va devoir entrer dans le fond des sujets et préciser davantage comment elle va relancer l’économie et sortir de l’euro. Je ne la crois pas assez solide pour convaincre mais elle gardera un réservoir important d’électeurs qui ne croient plus en rien et il faudra compter sur elle pour continuer à dénoncer “le système”.
Il faut surveiller Mélenchon qui mène une très belle campagne. Il a du charisme, un sens aigu de la formule et il peut s’enorgueillir de remplir les salles. S’il continue sur sa lancée, François Hollande pourrait en pâtir. Pour le candidat du PS, c’est bien d’avoir une force d’appoint mais celle-ci grossit, grossit, grossit,…et pourrait à terme lui faire du mal.
Villepin et Le Pen… à la peine
Il est quand même étonnant de constater que l’ancien Premier Ministre de Jacques Chirac rencontre autant de difficultés pour réunir 500 parrainages d’élus. Sans prendre parti pour ses idées, je ne trouve pas normal que, dans un pays comme la France, un ancien Ministre et Premier Ministre soit autant à la peine. On peut contester ses idées, critiquer son parcours personnel, ou que sais-je encore, mais un homme de sa dimension politique devrait pouvoir défendre et confronter ses idées dans une élection présidentielle. Il en va de même pour Marine Le Pen qui, même si je le déplore, réunie des millions de sympathisants en France. J’en veux pour preuve sa position actuelle dans les sondages mais aussi et surtout les résultats obtenus par le FN ses 10 dernières années.
Marine Le Pen et Dominique de Villepin doivent pouvoir concourir à l’élection suprême et défendre leurs idées. C’est du moins l’idée que je me fais de la République et de la démocratie.
L’écart se resserre mais la bipolarisation résiste
L’écart semble se creuser entre les deux principaux candidats mais Nicolas Sarkozy et François Hollande tiennent toujours la corde. Il faut néanmoins noter des petits signes intéressants. François Bayrou progresse, il est aujourd’hui à hauteur de Marine Le Pen avec 15% d’intentions de vote. Les deux candidats Modem et FN ne sont plus qu’à 8% de Nicolas Sarkozy.
Alors c’est vrai, ce ne sont que des sondages mais il est bien difficile dans cette campagne de se faire une idée plus précise.
En effet de quels éléments disposons-nous pour savoir qui de ces candidats parviendra au deuxième tour. Je sais bien que beaucoup ont déjà tranché en mettant face à face Sarkozy et Hollande au deuxième tour mais je n’arrive toujours pas à m’en convaincre. J’ai le sentiment que les Français sont en position d’attente. Sans esprit partisan, pour moi Hollande est beaucoup trop haut, Sarkozy est à sa place, Le Pen aussi.
Il reste Bayrou. Soit il s’effondre, soit il trouve la faille pour créer une dynamique autour de ces idées. Le Président du Modem est pour moi l’inconnu de ce premier tour. A 15%, il représente un poids décisif pour le second tour mais je n’ai pas abandonné la possibilité de le voir arriver dans un sprint final au deuxième tour. Cette campagne est fragile et j’ai le sentiment de plus en plus fort que les Français cherchent une autre solution qu’un face à face décidé depuis trop longtemps par les instituts de sondages et les médias.
Cette semaine est importante. Sarkozy devra appuyer fort sur les idées de droite pour rassembler son camp. Il a très largement commencé mais visiblement ce n’est pas suffisamment. Sa priorité est désormais d’assurer sa présence au deuxième tour pour commencer ensuite une nouvelle campagne. Si le président de la république sortant y parvient, les compteurs reviennent à zéro.
En ce qui concerne François Hollande, il va devoir poursuivre sa route sans faire de faux pas. Il est suffisamment intelligent pour veiller à ne pas faire d’erreur. Son problème Son problème c’est qu’il n’incarne pas une politique forte. Je le sens parfois indécis. Je le soupçonne de ne pas toujours trancher pour ne pas déstabiliser son électorat alors que les Français auront nécessairement besoin d’un homme fort pour affronter la crise. Je ne suis pas encore convaincu par sa capacité à taper sur la table et surtout à monter qu’il a une vision et qu’il n’en dérogera pas.
A suivre….
Le silence étourdissant de ceux dont les revenus dépassent 1 million d’euros par an
La mesure fiscale annoncée hier par François Hollande a semble t-il pris de cours l’UMP et …les socialistes.
François Hollande prévoit de taxer de 75% les patrons qui gagnent plus de 1 million d’euros par an. Cette mesure qualifiée “d’amateurisme” par Nicolas Sarkozy n’a de valeur que symbolique. Elle concernerait environ 2500 personnes en France et ne rapporterait qu’environ 200 millions d’euros dans une France où le dette atteint 90 milliards d’euros. Cette goutte d’eau dans l’océan de la dette ne repose t-elle que sur le symbole ? La réponse est oui. Néanmoins, elle a le mérite d’ouvrir un débat sensible en France sur ceux qui chaque année touche le jackpot. Dans une grande entreprise, une personne rémunérée au SMIC mettra 100 ans pour gagner ce que son PDG perçoit en 1 an. Le PDG français le mieux payé est Jean-Paul Agon, de l’Oréal, avec 10,7 millions d’euros, devant Bernard Arnault, de LVMH, et Carlos Ghosn, patron de l’Alliance Renault-Nissan, qui empochent tous deux 9,7 millions d’euros. la rémunération des grands patrons du cac 40 a augmenté de 34% en 2011.
Alors plutôt que d’entrer dans le débat droite-gauche où les candidats rivalisent d’arguments pour justifier ou condamner une telle mesure, il est urgent d’entendre ces grands patrons. N’ayant pas toutes les ficelles pour comprendre quand on me dit que s’ils sont taxés ils partiront, je ne pas comprends que ces grands patrons se cachent. Qu’ils s’expliquent ! Qu’ils nous disent pourquoi, selon eux, ils méritent ces rémunérations. Ce travail doit être celui des journalistes. Il n’est pas normal que ce débat soit uniquement sur le terrain politique. Ces grands chefs d’entreprises, financiers, actionnaires, sportifs, artistes,… doivent sortir de leur mutisme. Je ne leur demande pas de s’expliquer comme s’ils étaient devant un tribunal mais j’aimerais beaucoup les entendre sur la crise économique et les dégâts qu’elle occasionne sur les petits salaires.
Je ne conteste pas l’idée de pouvoir gagner beaucoup d’argent quand on travaille dur, que l’on prend des risques, que l’on a la responsabilité de centaines de salariés,…mais je crois normal d’ouvrir un débat avec eux. Nous ne les entendons pas et c’est très regrettable.
Pierre Lacombe.
François Bayrou veut moraliser la vie publique. Et les autres ?
François Bayrou, crédité d’environ 11% au premier tour, a fait une série d’annonces samedi pour dit-il “moraliser la vie publique”. A la lecture de cet engagement, je me demande bien qui pourrait bien s’y opposer mais je lui accorde néanmoins le courage de les annoncer clairement. Reste naturellement pour lui, ce qui sera le plus difficile, se faire élire pour les appliquer. Depuis plusieurs jours où l’on assiste médusé à une série “compliments” entre les deux favoris, ces propositions nous ramènent à ce que doit être une campagne présidentielle: des idées, des propositions, des engagements, une ambition. Je n’ai pas souvenir de propositions aussi affirmées de la part d’un candidat à l’élection présidentielle.
Voici les principales mesures qu’inclurait la loi-cadre référendaire de “moralisation de la vie publique” promise dès le 10 juin s’il est élu président de la République en mai.
- Fixation des règles de composition d’un gouvernement resserré de moins de 20 ministres.
- Cumul des mandats “interdit” pour les députés dès les législatives de juin,”limité” pour les sénateurs.
- Délégation de vote supprimée et donc présence obligatoire des députés pour voter les lois; tous les votes seront publics.
- Fixation des principes d’une nouvelle loi électorale et d’une nouvelle composition de l’Assemblée nationale: nombre des députés diminué d’un tiers, “de l’ordre de 400″ au lieu de 577 aujourd’hui. Elus pour trois-quarts au scrutin majoritaire actuel et pour le quart restant à la proportionnelle. Réduction du nombre de sièges applicable au Sénat.
-Reconnaissance du vote blanc à toutes les élections.
- Obligation effective de parité hommes-femmes.
- Suppression de “la myriade de micro-partis individuels ou de complaisance”.
- Définition du conflit d’intérêts pour les responsables politiques, pour les
Hauts fonctionnaires (obligation de déclaration publique des intérêts privés avant l’entrée dans la fonction et lors de toute modification, fixation des incompatibilités), création d’une Autorité de déontologie de la vie publique pouvant être saisie par les citoyens
- Interdiction du retour dans la vie publique des élus condamnés pour corruption.
- Indépendance de la justice. Le ministre de la Justice aura un statut particulier. Sa nomination, proposée par le duo exécutif, devra être soumise à l’approbation d’une majorité qualifiée du Parlement, devant qui il sera individuellement responsable et par qui il pourra être censuré. C’est lui qui conduira au nom du gouvernement la politique pénale de la nation.
- Indépendance des médias. Abrogation de la procédure “scandaleuse” qui fait de la nomination des présidents de l’audiovisuel public l’apanage personnel du chef de l’Etat.
- Procédure nouvelle pour éviter les nominations de complaisance et les soumettre à une approbation du Parlement et non pas à la “pseudo-approbation” actuelle.
Ces propositions permettront-elles au candidat du Modem de trouver un second souffle et de revenir dans le jeu pour inquiéter les deux favoris. Le doute est permis mais, pour ma part, j’ai le sentiment que François Bayrou n’est pas à sa juste place aujourd’hui dans les sondages. J’affirmais dans mon précédent billet qu’il ne faisait pas rêver mais je reconnais que cette série de propositions ont un parfum d’intégrité, de justice et de moralisation dont notre pays a bien besoin.
Avec cette série de propositions, deux possibilités:
Le candidat du modem se remet en selle et mettant sur la table un débat comme il a su le faire sur le produire en France. Il revient alors dans la compétition et casse cette “sarkollandisation” qu’il dénonce.
2ème hypothèse: le candidat du Modem fait un flop. Ces propositions laissent indifférents dans le style accusateur du “déjà vu”,”déjà entendu”…
Pour ma part, je vais regarder de près si cette annonce produit un effet ou fait un flop. J’ai quand même le sentiment que notre pays gagnerait beaucoup si les autres candidats s’emparaient de ces propositions.
Pierre Lacombe.
Hollande / Sarkozy au second tour ? J’ai (encore) un doute.
Il y a quelques semaines je pariais sur un deuxième tour dans lequel l’un des deux favoris, Hollande ou Sarkozy, ne figurerait pas. Force est de constater que les derniers sondages sont assez loin de me donner raison.
Pour autant, je persiste à dire que les français ne me semblent pas très enthousiastes à l’idée de ce second tour. Est-ce à dire que l’un de ces deux candidats pourrait-être élu par défaut ? Je le pense. J’ai le sentiment que ces deux candidats ne font pas rêver et les invectives qu’ils se lancent par médias interposés pourraient commencer à lasser les électeurs. La route est encore longue avant le 1er tour et nous ne sommes pas à l’abri de surprises.
Dans les prochains jours, Hollande va subir de nouvelles attaques sur son manque d’expérience internationale. La droite va en effet continuer à pilonner sur ce qu’elle considère comme une grave lacune. Les faits sont là. Le candidat du PS n’a pas effectué de voyages à l’étranger, excepté en Europe, parce qu’il n’a pas reçu l’assurance d’être reçu par les dirigeants de la Chine, des Etats-Unis,…. L’un des ses émissaires, Laurent Fabius, a du même écourter sa visite en Chine faute, lui aussi, d’être reçu par le pouvoir en place. Et il semblerait que le Président américain n’est pas très envie de s’afficher, en pleine campagne électorale, avec un socialiste français. Quand on veut diriger la 5ème puissance du monde, il faut quand même avoir un carnet d’adresse ou au moins quelques cautions à l’étranger. A sa place, je mettrai la priorité sur la stature internationale. C’est à ce niveau qu’il peut marquer des points mais cela nécessite de bien préparer cette séquence en terme de communication. Il y a là un beau challenge à relever mais vite…
S’agissant de Nicolas Sarkozy, il continue de payer au prix fort ses premiers pas de Président de la République avec sa petite réception entre amis au “Fouquet’s” ou ses vacances sur le Yatch de Vincent Bolloré. Ses tentatives d’explications hier soir sur France 2 ne sont pas convaincantes. Elles n’étaient pas très claires et elles étaient surtout excessives quand il reproche notamment à ses prédécesseurs d’avoir rendu visite notamment à des dictateurs en place. Rappelons, à toute fin utile, que l’ancien président Libyen a été reçu en grande pompe à Paris au grand regret de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme…Il y a chez le Président de la République un mélange d’assurance et de fragilité, “aidez-moi”. Sa volonté d’apparaître comme le candidat de ceux qui souffrent alors qu’il s’est glissé dans le costume du Président des riches ne fait pas illusion. La ficelle est jugée, par beaucoup, comme étant un peu grosse. Son atout c’est le handicap de Hollande. Sarkozy bénéficie d’une stature internationale que personne ne peut lui contester. Le candidat UMP le sait et il en joue. Il aurait tort de s’en priver. S’agissant de ses chances, elles sont, de mon point de vue, au moins égales à celles de François Hollande.
Derrière les deux grosses cylindrées, François Bayrou et Marine Le Pen peinent à convaincre même si les intentions de votes pourrait faire pâlir de jalousie bien des candidats et ex-candidats. Je pense à un certain Hervé Morin qui a eu la faiblesse de penser qu’il pourrait faire un résultat et être le porte parole des centristes après avoir gouverné puis critiqué ouvertement la présidence Sarkozy. Il y a la une forme de narcissisme et de double jeu que je n’aime pas beaucoup.
Je constate que le Président du Modem, François Bayrou, ne laisse pas indifférent quand il revendique son parcours politique, son intégrité, ses idées comme le “produire en France” ou l’idée d’un ministère de l’égalité, mais son problème majeur est qu’il ne fait pas rêver et de plus; quoiqu’on en dise il demeure isolé. Il lui manque cette petite flamme qui fait que l’on pourrait avoir l’envie de le suivre presque aveuglément quand il met dans le débat des notions de justice, de valeurs, de gouvernement d’union,…nous sommes tous sensibles à ces notions mais François Bayrou ne parviens pas à nous convaincre qu’il est le meilleur pour les appliquer. Non, décidément, François Bayrou ne fait pas (plus) rêver. “Le chevalier blanc” face à la “Sarkollandisation”, je n’y crois s’il n’accélère pas et ne fédère pas davantage autour de ces idées. Il faudrait faire une sorte de fusion entre son intégrité que personne ne peut vraiment contester et le tempérament “fougueux” d’un Dominique de Villepin. J’évoque ici les atouts de l’un et de l’autre sans effectuer un rapprochement sur les idées. Je ne crois pas que cela soit encore possible…
Il faudrait que les valeurs auxquelles croit François Bayrou se traduisent par un geste fort et spectaculaire. Souvenez l’effet dans les sondages de la gifle administrée à un gamin qui lui faisait les poches. Un réflexe naturel qui traduisait ces principes. Quelques secondes qui lui ont rapporté bien plus qu’une émission de télévision. Les français ont aimé le naturel et la spontanéité d’un père de famille.
En ce qui concerne Marine Le Pen, elle s’est engouffrée dans la brèche de la crise pour dire tout le mal qu’elle pense de l’Euros et tenter de convaincre sur ses propositions économiques. Un dossier qu’elle maîtrise mal et ça se voit. Elle n’est pas crédible. De nombreux électeurs ont très envie de se porter sur elle en signe de protestation mais aussi pour dire “et pourquoi pas elle, puisque après tout, les autres ne réussissent pas à nous sortir des difficultés…” Marine Le Pen subit également l’offensive de Nicolas Sarkozy qui, depuis son entrée en campagne, chasse sur ses terres, comme en 2007, avec une certaine réussite. Enfin, la candidate FN va devoir réussir à obtenir ses 500 signatures pour envisager plus sereinement la suite. Elle s’agite beaucoup sur ce thème pour exister mais je ressens néanmoins une certaine inquiétude. Imaginez qu’elle ne réussisse pas à avoir ses 500 signatures. Que se passe t-il ?
Les atouts de Marine Le Pen reposent sur sa verve, son sens de la formule qu’elle doit sans doute à son père. Son discours et ses idées interpellent et sont accessibles au plus grand nombre. Elle suscite la curiosité et en même temps beaucoup se retrouvent dans ce qu’elle dénonce.
Ces deux candidats challengers vont devoir impérativement relancer leur campagne pour espérer inquiéter les deux leaders des sondages. Ils vont devoir trouver le déclic. Ils devront compter sur une action spectaculaire qui, si elle se prépare, devra amplifier les qualités que les électeurs reconnaissent chez eux. Ce n’est pas gagné mais la campagne est encore longue, très longue…même si j’en conviens volontiers, la bipolarisation semble se figer.
Dans ce tour d’horizon des candidats qui comptent, je ne sous-estime pas Mélenchon. Le tribun, roi de la formule, pourrait dépasser les 10% et ouvrir une négociation redoutable en cas de victoire de Hollande. Je ne m’arrête pas sur Eva Joly, dont je ne conteste pas les qualités, mais qui est en train de rater sa campagne. Elle ne passe pas bien dans les médias et je constate que les Verts sont bien plus préoccupés par les postes qui pourraient leur revenir en cas de victoire de Hollande plutôt que par le pourcentage qu’elle pourrait réaliser. Je sens cette femme profondément isolé et pour tout dire abandonnée par son parti. D’autre part, j’ai le regret dire que son accent à du mal à passer. Affirmer cela n’est pas un acte raciste. Halte au grand mot. C’est un fait avéré qu’il convient de dire au risque d’en troubler certains et que l’on peut vérifier dans les courbes d’audience à la télévision.
Alors Hollande et Sarkozy au second tour ?…Eh bien, je suis désolé mais j’ai encore un sérieux doute. J’ai la conviction que les français ne sont pas très à l’aise avec ce schéma qui laisse entendre que le premier tour est joué. Je sais bien que je suis très isolé dans ce raisonnement mais que voulez-vous c’est le mien. J’aime laisser libre cours à mon inspiration et me laisser aller à des analyses personnelles. Reconnaissez qu’il y a là un peu (très mince mais un peu quand même) de courage car il sera toujours temps de relire ces lignes lorsque le premier tour sera passé. Les écrits restent…
Pierre LACOMBE
Le 2ème tour sans Nicolas Sarkozy ou François Hollande…
Les sondages, l’observation et l’intuition me permettent chaque jour de me faire une idée personnelle de ce qui pourrait se passer aux prochaines élections présidentielles. Et comme j’avais pu le faire au moment des primaires socialistes, l’intérêt de ce blog personnel est d’aller plus loin que la simple observation des faits. Lors de ces primaires socialistes, mon choix personnel s’était porté sur Martine Aubry et je me suis bien “planté”. Sans chercher à atténuer mon mauvais pronostic, j’avais néanmoins le pressentiment qu’elle ne réussirait pas mais je souhaitais qu’elle soit en face de Nicolas Sarkozy. Sans doute, pensais-je qu’elle avait davantage de charisme et d’envergure.
Bref, au moment de ce pronostic, j’ai regardé les sondages, j’ai observé comme le fait un journaliste, j’ai compté sur mon intuition mais malheureusement j’ai ajouté à cette petite mécanique, les sentiments. Et force est de constater que les sentiments n’ont rien à faire dans un pronostic si on veut le rendre crédible. Alors pour ce début d’année 2012, je fais un pari sur la base des enquêtes d’opinion que j’épluche, de mes observations et de mon intuition. Mon pari ? le voici. Il est clairement affirmé sur ce blog. Je l’affirme donc, Nicolas Sarkozy ou François Hollande sera éliminé ou absent au premier tour. Je l’annonce brièvement et j’aurai l’occasion d’argumenter sur ce blog d’ici au premier tour. Je vous invite donc à suivre ma démonstration et à la contester si vous la jugez irréelle, stupide,… Je ne suis pas voyant, astrologue ou devin,… j’observe, j’étudie les enquêtes d’opinion et j’essaie de compter, comme vous tous, sur un peu d’intuition. Mais il n’y a là aucun sentiment. Il s’agit d’une analyse personnelle que je jette en pâture pour ouvrir un débat. Je souhaite qu’il soit animé…
Mesdames et messieurs le Président… et ses obligés.
J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour le travail et la manière de présenter de David Pujadas. Beaucoup moins pour Laurence Ferrari. Tout ceci est sans doute affaire de goût; inutile donc de développer davantage.

Les deux présentateurs du 20 heures ont leur légitimité pour interviewer à Cannes notre président et Barack Obama mais je suis néanmoins pas très à l’aise quand je vois le résultat à l’antenne. J’ai assisté, comme plus de 11 millions de téléspectateurs, à une opération de communication politique qui me laisse un goût assez amer pour notre profession. Comment peut-on accepter dans un monde bousculé par une économie vacillante, que deux Présidents viennent tranquillement se congratuler, se flatter, s’admirer,… dans le seul but d’amorcer leur campagne présidentielle. Qu’ils décident de mener conjointement une opération de séduction, libre à eux, mais sommes-nous (nous, les journalistes) devenus à ce point des “toutous” pour accepter de venir porter la bonne parole présidentielle, sans oser le moindre petit froissement.
La France est gangrénée par des Présidents qui n’ont qu’à siffler pour attirer les journalistes et les mettre à leurs bottes. Accepterons-nous encore longtemps d’être sélectionnés par le président, lui-même. Un Président qui désormais s’offre même le luxe de choisir la maison de production qui réalise.
Quelle déception de voir l’autre jour Yves Calvi, journaliste consciencieux, pédagogue, pugnace et incisif se transformer lors de l’interview de Nicolas Sarkozy en petit garçon bien sage. Je ne m’arrête pas sur Jean-Pierre Pernaut qui ne m’a jamais convaincu dans l’exercice, si difficile, de l’interview. Son talent se situe ailleurs.

Je l’affirme donc, l’interview présidentielle est la honte de notre profession. Nous sommes la risée de nos confrères étrangers mais tant-pis, nous continuons le “cirage de pompe” … Les journalistes se laissent bercer par l’interview consensuelle et demeurent soumis aux désirs du Roi. J’imagine qu’ils attendent, espèrent secrètement être un jour l’heureux élu. C’est une belle ambition et je ne la condamne pas dès l’instant où les journalistes appliquent ce pourquoi ils sont rémunérer: informer, poser des questions et obtenir des réponses.
