Nous avons assisté la semaine dernière, dans le grand journal de Canal, à une belle prise de bec entre Jean-Jacques Bourdin (RMC) et Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1). Bourdin accuse Elkabbach d’aller se trémousser à l’Elysée et Elkabbach reproche à Bourdin de ne pas y aller pour s’informer. Je n’ai pas d’avis sur ce débat qui à vrai dire me laisse assez indifférent. Les deux hommes ont un différent qui, semble t-il, remonte à quelques temps. A eux de s’expliquer sur la meilleure manière de faire son métier. Pour ma part, il m’arrive de m’agacer quand le premier sort de son champ de réserve, de la neutralité nécessaire et quand le second est un peu trop populiste. Un point de vue qui ne m’empêche pas d’écouter l’un et l’autre et d’apprécier leurs interviews politiques.
Il y avait néanmoins ce soir là, au milieu des deux journalistes, un troisième qui, lui, ne m’a pas laissé du tout indifférent. J’apprécie beaucoup l’intelligence, la rigueur et la pertinence de Nicolas Demorand, présentateur de la matinale de France Inter. Voici un journaliste qui me donne le sentiment de bien faire son travail et qui affirme, et je le crois volontiers, n’avoir “jamais déjeuné avec un politique”. Ses interviews sont efficaces et pugnaces et il n’est jamais désobligeant ou hautain avec ses invités. Il n’y a pas chez Demorand deux sortes d’invités: les puissants et les faibles. Tout le monde est logé à la même enseigne. Le journaliste pose des questions et cherche à obtenir des réponses. Classique mais efficace.
Actualité
Bourdin, Elkabbach, Demorand
La belle France vue par Jean-Pierre Pernaut
Il est assez étonnant d’entendre ici ou là, de nombreux téléspectateurs contester durement le contenu de nos journaux. Ils nous reprochent des informations qui chaque soir sont une série de mauvaises. Comment expliquer alors ce paradoxe du journal de 13 heures de TF1 dont beaucoup se moquent, souvent durement, mais qui chaque jour depuis 22 ans réalise des performances d’audience exceptionnelles.
Je ne suis pas fan de ce journal, mais j’aurais mauvaise conscience à dénigrer Jean-Pierre Pernaut car inévitablement je prendrai ces millions de téléspectateurs pour des idiots.
Je me méfis toujours des détracteurs d’un journal qui réalise chaque jour des audiences à faire pâlir la concurrence directe.J’aime à penser que le téléspectateur qui trouve plaisir à regarder des reportages proches de nous n’est pas forcément des ignares. Cette France observée par Jean-Pierre Pernaut et son équipe n’est pas plus bête ou inculte que l’on voudrait bien le dire. D’autant que le téléspectateur a la possibilité de se détourner chaque jour de ce jour pour aller voir ailleurs. Les solutions pour cela sont nombreuses et variées.
Je crois utile de le dire. La France des artisans, des travailleurs, des beaux paysages et des fêtes de villages existe n’en déplaise à ceux qui passent leur temps à dénigrer ce journal. Certes, cette France n’est pas la réalité mais une réalité. C’est, de mon point de vue, la limite de Pernaut. Il s’agit donc d’un parti pris assumé et revendiqué.
Jean-Pierre Pernaut, là aussi, n’en déplaise à ses détracteurs parle aux gens. Il a une proximité avec les téléspectateurs que nombre de présentateurs n’ont plus. Le journaliste ne se sert pas du prompteur et assume de bafouiller ou de se tromper. Ce n’est pas le cas de nombreux présentateurs qui jamais ne se trompent…
Pour ma part, j’apprécie cette proximité affichée même si je regrette parfois, allez soyons clairs, souvent, le manque de profondeur dans le traitement des sujets. Mais un journaliste qui réalise jusqu’à 40% d’audience ne peut en aucun cas être un imbécile ou une sorte de pantin à la solde du pouvoir en place. J’observerai donc avec attention la manière dont il va mener prochainement l’interview du président de la république. Ce nouvel exercice pour lui sera révélateur de ses qualités de journalistes. Des journalistes à qui l’on demande du discernement, des questions pertinentes et une neutralité exemplaire.
Cher Jean-Pierre la barre est placée haut. À vous de la franchir et de faire taire ceux qui qualifient votre journal de populiste.
A propos d’une “Une imprudence vraiment coupable”
Les déclarations, du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, sur Europe 1, à propos de l’enlèvement en Afghanistan des journalistes de France 3, sont inquiétantes. Ce dernier affirmait dimanche que le “scoop ne devait pas être recherché à tout prix”. Claude Guéant venait ainsi relayer la colère de Nicolas Sarkozy, qui a récemment dénoncé à leur propos une “imprudence vraiment coupable”.
Les journalistes de France 3 sont vivants
Les journalistes de France 3 enlevés le 30 décembre en Afghanistan “sont en vie”, mais aucune négociation n’a été “véritablement entreprise” avec leurs ravisseurs, a déclaré dimanche le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.
Interrogé sur le sort des deux journalistes lors du “Grand Rendez-Vous” Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France, il a également reconnu que cet enlèvement avait suscité la colère du président Nicolas Sarkozy qui a dénoncé à leur propos une “imprudence vraiment coupable”.
“C’est vrai que Nicolas Sarkozy, à plusieurs reprises, a dit que cette imprudence était vraiment coupable, parce qu’ils avaient été très clairement mis en garde, il leur avait été très clairement demandé de ne pas s’aventurer ainsi parce qu’il y a des risques”, a répondu Claude Guéant, à qui on demandait si le sort des journalistes avait été évoqué en Conseil des ministres par le chef de l’Etat.
“Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées, qui du reste sont détournées de leurs missions principales. Je crois que, quand même, le scoop ne doit pas être recherché à tout prix”, a ajouté le secrétaire général de l’Elysée.
Ni droite, ni gauche mais alors…
Le baromètre de la confiance politique réalisé par la Sofres pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), Edelman et l’institut Pierre Mendès France, est assez révélateur du manque d’enthousiasme des français pour la politique. Du moins celle que l’on nous propose aujourd’hui. 67 % des Français n’ont confiance ni en la droite ni en la gauche pour gouverner le pays.
Seules 14% des personnes interrogées ont “confiance dans la gauche pour gouverner le pays” et 16% “ont confiance dans la droite”. 3% sont sans opinion.
Selon le directeur du Cevipof, Pascal Perrineau, la gauche ne profite pas de son statut d’opposition, la confiance étant même plus forte à droite qu’à gauche.
Ce sondage m’inquiète à quelques mois des élections régionales. Comment va t-il se traduire dans les urnes ?
Philippe Séguin: l’hommage unanime
Il est des personnalités, qu’elles soient de droite ou de gauche, qui font l’unanimitées. J’en citerai deux, Robert Badinter et Simone Veil, et une troisième qui malheureusement vient de disparaître: Philippe Séguin.
Le Premier Président de la cours des comptes était un grand républicain, amoureux de la France. Un homme de conviction et orateur hors pair. Au lendemain de sa disparition, je note l’unanimité des hommages qui lui sont rendus. Il est toujours de bon ton de saluer un homme ou une femme formidable surtout quand celui-ci ou celle-ci est décédé mais là, force est de constater que cette personnalité fait exception. D’ailleurs, l’un des plus beaux hommages rendus à cet homme intransigeant et exigeant, a été celui du producteur-réalisateur, Serge Moati. Il salue “un ami formidable, drôle dont le plus grand honneur a été d’être reconnu par la nation “. Et ajoutant “La France est passée à côté d’un grand Président”.
Je ne veux pas en rajouter sur cette personnalité que j’appréciais beaucoup mais je me demande s’il reste encore dans notre paysage politique français des hommes de cette envergure. Philippe Séguin était profondément attaché au sens de l’Etat et amoureux de la république. La France ne manque t-elle pas aujourd’hui de voix capables de défendre une idée au delà des appareils ? Comme le disait Martine Aubry: cet homme était un sage dont la voix était une référence et une boussole”.
Depuis sont retrait de la vie politique, sa voix justement nous manquait même si elle revenait épisodiquement avec le rapport sur les comptes publics.
63 601 002 habitants en France en 2007
La France comptait officiellement 63 601 002 habitants en 2007, selon les résultats du dernier recensement parus jeudi 31 décembre au Journal officiel. Par rapport au dernier recensement exhaustif de 1999 qui comptabilisait 60 millions de personnes, la population a progressé de 8,33%.
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Le journal officiel publie aussi la population totale des communes françaises, bien supérieure (65 031 022 d’habitants) en raison des personnes ayant deux résidences et ainsi comptées deux fois. Pour que ces personnes ne soient pas comptées deux fois, la population de la France est égale à la somme des populations municipales. Elle s’établit à 61 795 550 habitants en France métropolitaine et 1 805 452 dans les départements d’outre-mer.
La France reste le deuxième pays le plus peuplé de l’Union européenne derrière l’Allemagne (82,2 millions d’habitants au 1er janvier 2008, selon Eurotat) et devant la Grande-Bretagne (61,2 millions), l’Italie (59,6 millions) et l’Espagne (45,2 millions). Mais l’Allemagne affiche un des taux de natalité les plus faibles du monde et sa population a décru de plus de 160 000 habitants au cours de l’année 2008. Sur la même période, la population française gagnait 360 000 habitants, selon eurostat.
Toutes les régions à l’exception de deux (Champagne-Ardennes et la Guadeloupe) voient leur population continuer d’augmenter. Les trois plus peuplées sont l’Ile-de-France (11,74 millions d’habitants en 2007 contre 11,67 en 2006), Rhône-Alpes (6,21 millions contre 6,17 en 2006) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (4,944 millions contre 4,89 en 2006).
La France qui bouge est américaine
Je suis resté interloqué cette semaine devant le petit journal de Yann Barthès qui cette semaine pointait du doigt le clip de l’UMP intitulé “La France change, ma région doit changer”. Ce petit film tourné pour les élections régionales est censé montrer une image idyllique de la France de Nicolas Sarkozy mais, en réalité, c’est un bidonnage et Petit journal a découvert la supercherie. Ces images de familles françaises sont en réalité des familles américaines. Je suis étonné qu’un grand parti politique comme l’UMP en arrive à ce stade de mensonge, de manipulation,…Montrer la France qui change et qui bouge avec des familles américaines, c’est quand même sacrément gonflé. Une nouvelle fois les politiques cèdent à la com et à l’image quitte à prendre les français pour des idiots. Et après, ces mêmes politiques s’étonnent de voir leur image si dégradé. Cessez donc de prendre les français pour des imbéciles.
1…2…3…4… Un enfant vient de mourir de faim

Photo Reuters
Il devient urgent de lancer un cri de révolte pour que cette société d’indifférence dans laquelle nous baignons tous, ouvre enfin les yeux sur cette profonde injustice de la faim dans le monde. J’entends déjà des voix s’élever pour dénoncer un discours idéaliste, bien-pensant, naïf,… Je m’en moque. J’ai appris par mon métier à relater des faits et à soulever des questions. (Lire la suite…)


