Les journalistes ont-ils encore une déontologie ?

Il est toujours plus facile de commenter après coup des images mais comment ne pas s’insurger en voyant hier soir sur les plateaux de télévisions la petite Elise qui a été retrouvée en Hongrie moins d’un mois après son enlèvement à Arles (Bouches-du-Rhône).
Nous avons vu son père se répandre partout dans les médias en brandissant en quelque sorte cette petite fille comme un trophée. Je m’étonne que les médias ne s’interrogent pas sur les conséquences pour cette petite fille. Etait-il nécessaire de la voir dans les bras de son père ? Alors, c’est vrai, comme l’a souligné la directrice de l’information de France Télévisions, Arlette Chabot, le père de l’enfant n’était pas obligé de la présenter devant les caméras. D’accord, mais les journalistes pouvaient aussi lui demander de la protéger.
Cette affaire est actuellement devant la justice. Nous sommes, je le rappelle, face à couple qui se déchire pour la garde d’un enfant et cette affaire a une dimension internationale. La Russie défend la mère et la France met l’action du père en lumière. Je veux retenir de cette saga médiatique, le geste de la petite Elise qui met la main devant la bouche de son père comme pour lui demander de se taire. Le père interprète ainsi ce geste et il précise sur une autre chaîne que l’enfant est fatiguée.

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