ARCHIVES: Le "détachement" peut-il garantir l’indépendance du CSA ?

logo-du-csa
J’ai beaucoup de respect pour le parcours professionnel de Rachid Arhab et Françoise Laborde qui ont intégré voici plusieurs mois le Conseil supérieur Audiovisuel, mais je ne suis pas très à l’aise quand je regarde de près leur situation professionnelle actuelle.
Ces deux sages n’ont pas démissionné de France Télévisions et possèdent toujours un contrat de travail avec France Télévisions. En matière d’indépendance, je trouve que l’on a fait mieux.
Une situation d’autant plus discutable que le CSA, par définition, met en avant l’indépendance qui doit prévaloir parmi les membres. Selon mon confrère du Point, pour effectuer leur mandat, ces deux anciens journalistes ont demandé à bénéficier de la « mise en disponibilité », prévue dans la convention collective de l’audiovisuel public. Si bien qu’à la fin de leur mandat ils pourront négocier leurs indemnités de départ avec France Télévisions ou bien demander à retrouver leur emploi ou un poste équivalent (en respectant un délai de carence de trois ans).

Ce « détachement » n’est pas de mon point de vue une condition suffisante au regard des règles d’indépendance du CSA. Je rejoins l’ancien Président, Hervé Bourges, qui estime que « tout lien avec une entreprise audiovisuelle doit être coupé »,
Une longue liste d’incompatibilités et d’interdictions.

Je ne doute pas qu’un article de la convention collective permet à Rachid Arhab et Françoise Laborde de bénéficier de ce « détachement » mais il y a quand même un devoir de morale et d’indépendance qui autrait du inciter ces deux journalistes à démissionner.
Comment en effet, revendiquer son indépendance vis à vis des autres chaînes de télévision quand on est soi-même rattaché indirectement au service public.

Laisser un commentaire