Il faut aider nos journaux

Je m’interroge sur la décision de certains quotidiens nationaux de suspendre leur parution les jours fériés. Confrontés à la crise de la presse et au bouleversement des habitudes de consommation des lecteurs, ils ont pris la décision de ne plus paraître certains jours fériés, jugés pas assez rentables. de ce fait, jeudi, les lecteurs de Libération ne pourront pas lire leur journal. Le quotidien ne paraîtra plus les 8 mai, le jeudi de l’Ascension, le 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier.
Le Figaro avait amorcé cette décision en annonçant quelques jours plus tôt annoncé la suppression de ses du 15 août, du 25 décembre et du 1er janvier, sauf actualité exceptionnelle.
Les deux titres ne sont pas les premiers à prendre une telle décision : Les Echos, La Tribune, La Croix et L’Humanité sont déjà absents certains jours de fête.
« C’est une économie de 100.000 euros par jour » sur l’impression, le papier…, indique à l’AFP le directeur général du Figaro, Francis Morel.
« Les ventes sont faibles ces jours-là et les abonnés reçoivent leur journal avec trois jours de retard. Ca n’a pas de sens » de paraître, estime-t-il.
« C’est anecdotique. Aujourd’hui, tout le monde me dit que c’est une honte, mais tous vont s’y mettre », ajoute-t-il.
En apprenant cette nouvelle, je me suis demandé quels étaient les résultats des états généraux de la presse dont nous avons parlé. J’ignore si les premiers effets vont finir par se faire sentir mais je sais en revanche que nos journaux ne vont plus très bien. Ces suppressions les jours fériés en sont un signe évident. Ils cherchent à réaliser des économies partout ou cela est possible.
La mauvaise santé de nos journaux est le résultat d’une désaffection des lecteurs dont l’explication première serait le prix élevé. J’accède volontiers à cette état de fait, d’autant que nous sommes en période de crise. Néanmoins, je m’inquiète sur les réactions de français que je rencontre tous les jours sur le terrain et qui sont très critiques sur notre profession. Alors, pardon, mais je veux dire ici que nos journaux en France sont à la fois diversifiés, réactifs et de grande qualité. Ceux qui pensent que la presse nous cache la réalité peuvent picorer ici ou là pour trouver une information pertinente. Il y a des articles excellents dans nos journaux mais encore faut-il les lire. C’est ce que je m’efforce de faire mais je n’ai aucun mérité car c’est aussi mon métier. J’invite les lecteurs de ce blog de ne pas se priver, s’il le peuvent, d’acheter un journal chaque jour ou de temps en temps car je considère qu’ils sont une fenêtre indispensable sur le monde. Nous avons besoin du Figaro, de Libération, du Monde, de l’Huma, des Echos,…un journal qui disparait c’est, sans user des grands mots, un peu de démocratie qui s’en va. Quand j’apprends que les français se sentent loin de l’Europe, je m’insurge. L’information est là dans toute sa diversité politique. Mais encore faut-il faire l’effort de s’y intéresser. C’est un mal bien français de de critiquer quand on ne s’est pas donné les moyens de se forger une opinion.

Laisser un commentaire