Gérard Holtz et les “ménages” des journalistes

Une polémique a lieu en ce moment à France Télévisions sur les journalistes qui utilisent leur image à des fins commerciales. Il existe dans notre maison des règles, mais elles sont bien souvent contournées par des journalistes soucieux d’arrondir leur fin de moins.

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A ce propos, je lisais ce matin ce commentaire de Gérard Holtz dans le Parisien: “On a souvent eu des patrons qui nous disaient: “je ne peux pas te donner plus, faits des animations, tant que c’est légal et que tu respectes les règles”. Moi, cinq ou six fois par an, je remets des trophées sportifs, payés par exemple par un conseil régional. Les journalistes de France Télévisions sont mal payés et il est très difficile d’avancer au mérite. Moi je n’ai pas été augmenté depuis 1991! Mais je gagne bien ma vie: à l’époque, ils avaient doublé mon salaire parce que la Cinq de Berlusconi voulait me débaucher en y ajoutant un zéro. Mais je croque la vie, pas le fric.”
Les propos de Gérard Holtz m’inspirent plusieurs remarques. Il est vrai en effet qu’à France Télévisions, beaucoup de journalistes font ce que l’on appelle des “ménages”. C’est vrai aussi qu’il y a une tolérance de la direction pour certains journalistes. Je ne citerai pas ici de noms mais une petite recherche rapide vous permettra d’en identifier un certain nombre qui touchent des compléments de revenus très confortables. C’est le cas de Gérard Holtz et je ne suis pas convaincu que tout cela soit bien légal et dans les règles. Je suis même convaincu du contraire. Animer une remise de trophée des sports pour un conseil régional relève d’une démarche à caractère commercial réprouvée dans une note de service de la direction en date du 26 mai 1997.
En revanche, je suis d’accord lorsque le journaliste sportif affirme qu’il est difficile à France Télévisions d’avancer au mérite. Je fais parti de cette catégorie de journalistes qui revendiquent d’être forces de propositions mais qui ne sont pas entendus. Que l’on se comprenne bien, je ne dis pas que mes idées sont géniales, je n’aurais pas cette prétention. J’affirme seulement que nous n’avons pas de base d’écoute et encore moins de réflexion sur ce que nous proposons. Nous sommes identifiés dans un système et l’on nous demande de rester à notre place et de faire le moins de bruit possible.
Je suis triste de constater que nombre de journalistes talentueux ne sont pas épaulés dans leur désir de progresser, de proposer, de débattre,…La conséquence est assez dramatique. Je vois chaque jour des journalistes qui n’ont plus la force et l’enthousiasme, et plus grave ils finissent par renoncer.
Je milite pour ma part pour l’avancement au mérite. Il est urgent de considérer ceux qui travaillent dans le respect de leur carte de presse. Ces journalistes représentent l’immense majorité du personnel de France Télévisions. A quand un service public qui écoute et encourage ses salariés. La réforme en cours sera réussie si elle prend en compte cette nécessité. Je veux y croire.

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