Ce matin, je me demandais combien de journalistes qui ont évoqué, parfois avec des mots terribles, l’affaire Frédéric Mitterrand, avait pris le soin de lire son livre “La mauvaise vie” ?
Certains l’ont fait mais ils sont une minorité. La presse est ainsi devenue qu’aujourd’hui, il n’est plus besoin de lire un livre ou de voir un spectacle pour en parler. L’exemple de Laurent Bignolas est assez éclairant en ce domaine. Encore une fois, je n’incrimine pas mon confrère pour qui j’ai beaucoup d’estime. Mais ce qui s’est passé ce soir là (lire article: “Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct) est significatif de l’appauvrissement de notre profession.
Les événements vont aujourd’hui si vite que plus personne ne prend la peine de se documenter pour informer. C’est une triste réalité que je constate tous les jours dans la pratique de mon métier. Où est passé le temps où les journalistes réunissait s’informait avant d’informer ? Combien de journalistes ont pris la défense ou ont, au contraire, descendus en flèche le Ministre de la culture sur la base de rumeurs, de propos non vérifiés, d’allégations ou de perceptions lointaines. Quand la machine médiatique se met en marche, inutile de chercher à l’enrayer, elle écrase tout sur son passage.
Pour étayer cet exemple, je reviens un instant sur l’ambition de Jean Sarkozy dans les Hauts de Seine. Combien de journalistes ont utilisé e mot “nomination” pour évoquer l’arrivée annoncée du “fils de” à la tête de l’Epad, l’Etablissement Public d’aménagement de la Défense . Même le Premier Ministre s’est trompé. C’est vous dire la confusion qui règne. Je le rappelle donc, il s’agit d’une élection.
Avant de se lancer dans des diatribes, il revient à tout journaliste qui se respecte de se renseigner, de se documenter. A la décharge des journalistes, je dois reconnaître que le développement de la concurrence dans les médias oblige à aller toujours plus vite et, incontestablement, toujours plus loin. Au risque naturellement d’effectuer des sorties de route.
Je ne veux pas terminer cet article sans rendre hommage à ces journalistes de l’ombre qui travaillent en conscience, en prenant le temps de vérifier ce qu’ils écrivent. Ils ne sont plus très nombreux mais ils résistent.
