J’ai regardé ce matin la retransmission des cérémonies du 14 juillet sur TF1 et je suis une nouvelle fois frappé par le mélange des genres.
Autant, j’ai pu apprécier la qualité exceptionnelle des images, notamment vues du ciel, autant je suis étonné du manque de rigueur et de sens critique des journalistes. Sur TF1, l’après défilé, n’a été que courtisanerie et dévotion à l’égard du Président. Je peux comprendre que l’on puisse saisir ce jour de fête nationale pour faire découvrir aux téléspectateurs les coulisses de l’Elysée mais autant de déférence me met très mal à l’aise. Nous sommes aujourd’hui face à des journalistes qui n’ont plus qu’une seule obsession: plaire au Président de la République.
Cette visite était une sorte de film d’entreprise ou publicitaire où tout était beau et magnifique. J’avais l’impression de feuilleter Gala.
Où est le sens critique ? Où sont les questions pertinentes ? N’est-ce pas le rôle des journalistes de questionner, de chercher à comprendre, d’éclairer… L’interview du secrétaire général et de la “first lady” ont atteints un sommet d’allégeance.
Je crains que nous ayons cette fois franchi une nouvelle étape dans la déférence aux puissants de ce monde. Il n’est plus question de parler d’approche journalistique mais de communication institutionnelle.
J’ai la conviction que le chef de l’Etat mérite mieux. Nicolas Sarkozy, parfait dans son rôle ce matin, et la France ont besoin de journalistes pertinents pour mieux mettre en exergue les décisions prises au plus haut sommet de l’Etat au nom de la France et dans l’intérêt des français. J’ai le sentiment que les journalistes ne sont pas à la hauteur de ce que les français sont en droit d’attendre d’eux.
Et comme le relevait également Bruno Masure sur Facebook ce matin, le mot de la fin est allé à Carla Sarkozy, en réponse à une question de Jean-Claude Narcy “Nos téléspectateurs sont avec nous depuis 8H30 “…”quel courage!”
