Informer n’est pas communiquer

Discours policé, langues de bois, communication maîtrisée, parfois verrouillée… Nos personnalités politiques manquent cruellement de naturel et je suis convaincu que cela joue en leur défaveur.

L’impérieuse nécessité de retrouver un comportement naturel et spontané à tout de même des limites. Il est évident que les propos de Brice Hortefeux et Eric Besson étaient sans doute naturel, évidemment spontané, mais je ne suis pas certain que les propos tendancieux ou les gestes vulgaires rapprochent des français. Brice Hortefeux a présenté ses regrets, Eric Besson ses excuses mais la leçon a t-elle été tirée ? J’en doute. Il suffit de regarder les images de ce grand cirque médiatique hier à Calais pour débusquer les sans-papiers. Nous ne sommes plus ici dans l’information mais dans la communication spectacle. La responsabilité de ce show revient à nos politiques mais pourquoi les journalistes se rendent-ils complices de cette mise en scène ?

Excepté ces deux mauvais exemples, en règle générale, nos politiques ont tellement peur du faux pas qu’ils finissent par de ne plus rien dire. Les mots sont pesés, les phrases sont ciselés, au point que l’on a l’impression d’être face à une sorte de robot.
Mesdames et messieurs les politiques, la communication à ses limites et pour revaloriser votre fonction auprès de vos électeurs, je ne saurais trop vous conseiller de redevenir tout simplement « humain ». Finissez-en, une fois pour toute, avec ces discours dont on ne comprend plus rien tant vous usez et abusez de langue de bois.
Nicolas Sarkozy a compris depuis longtemps comment être compris des français. Le chef de l’Etat sait parler aux gens. Il se met à leur hauteur. Il utilise des mots simples et s’identifie à eux…En ce domaine, le chef de l’Etat force l’admiration. Mais si j’osais un conseil au chef de l’Etat (quelle prétention !), je lui dirai simplement qu’être compris de tous, ne veut pas forcément dire communiquer à tout prix.
Le chef de l’Etat use et abuse des techniques de communication: à chaque jour son événement, des déplacements hyper contrôlés, un discours auquel on s’identifie,… Mais en réalité, je me demande si le message passe encore. Personne ne sait plus ce qu’il a dit la veille, tant la présence médiatique frôle aujourd’hui l’overdose.
Jusqu’ici cela fonctionnait plutôt bien, mais après deux ans de mandat, communiquer ne suffit plus. Les français veulent des résultats. Ils ont d’ailleurs toujours attendus cela de leurs dirigeants. Comment pourrait-il en être autrement…
S’agissant du bilan présidentiel, les militants pro-Sarkozy vanteront la transformation en profondeur du pays et les anti-Sarkozy souligneront l’échec des réformes et l’immobilisme, sous couvert d’agitation médiatique. Tout cela est très intéressant mais n’apporte pas grand chose au débat. Il est urgent pour le chef de l’Etat de communiquer aussi brillamment sur son bilan a mi-mandat que lorsqu’il dit au français ce qu’il va faire ou lorsqu’il accable ses prédécesseurs.
Comment comprendre que le pays est en mouvement et que le Président est à la manœuvre alors que le chômage, les déficits et la dette battent chaque jour des records. Nous attendons non seulement des explications claires et précises et surtout, des solutions.
Prenons l’exemple du slogan (génial en terme de communication) « travailler plus pour gagner plus ». Qui peut prétendre aujourd’hui tirer le bénéfice de cette promesse ? C’est une question.
Revenons sur ce naturel évaporé depuis des décennies (j’oserai remonter à de gaulle pour retrouver un allant et une force de conviction spontané et naturelle) pour regarder ces images. Au delà de la personne de Boris Eltsine, que l’on savait porté sur la bouteille), il y a dans ces images un souffle de fraicheur et de spontanéité tout a fait exceptionnel.
J’entends déjà les mauvaises langues dire que nos élus doivent être éméchés pour être plus proche de nous. J’ose espérer qu’il ne soit pas nécessaire d’en passer par là.

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