AF 447: pourquoi ce silence ?

Cela fera bientôt trois mois que l’avion Air France reliant Rio à Paris s’est abimé en mer. En lisant la presse, ce matin, j’apprends que la famille d’une victime réclame des poursuites judiciaires contre la compagnie Air France.

Le père et le frère de Clara Amado, 31 ans, une hôtesse de l’air qui fait partie des 228 victimes du vol AF 447 Rio-Paris disparu au large des côtes brésiliennes, se sont constitués partie civile dans ce dossier. L’avocat de la famille de la victime a indiqué qu’il allait demander la mise en examen d’Air France avant le 24 septembre prochain, date d’une quatrième rencontre à Paris entre les familles des victimes du vol et la direction de la compagnie aérienne. Toujours selon l’avocat la famille « veut des réponses à nos questions et connaître les causes exactes de l’accident et on veut que les responsables assument ».
En tant que journaliste, je ne suis pas très à l’aise sur ce dossier. Je remarque avec étonnement que plus personne ne parle de l’enquête. Après la déferlante d’articles, de commentaires, d’éditions spéciales,… aujourd’hui c’est le calme plat. Plus personne ne s’exprime.
Aussi, je comprends la colère des familles des victimes qui doivent se sentir abandonnées. Je peux comprendre que l’enquête soit longue et compliqué mais ce silence assourdissant est étrange, et je m’étonne qu’aucun journaliste n’est, jusqu’ici, eu l’idée de creuser davantage sur les circonstances du drame. Que sait-on en effet depuis le 1er juin ? Pourquoi est-on capable de repérer une aiguille dans le désert de l’Arizona depuis un satellite et incapable de retrouver des boîtes noires au fond de l’océan ? Pourquoi Air France ne communique pas auprès des familles pour les informer de l’avancée de l’enquête ? Pourquoi n’évoque t-on pas la possibilité d’une défaillance humaine, en l’occurrence celle du pilote ?…
De nombreuses questions demeurent en suspend et mériterait que l’on y reviennent, d’autant qu’en cette période de trève estivale les sujets ne se bousculent pas pour remplir les journaux. Entendons-nous bien, je ne suis pas en train d’écrire ici que l’enquête ne va pas assez vite. Elle va à son rythme et l’essentiel est que la vérité jaillisse pour permettre aux familles de faire leur deuil. J’écris ici que notre travail de journaliste est de ne pas attendre un communiqué de presse pour décider de faire un article ou un reportage. Je suis convaincu qu’un reportage d’investigation, un mot en voie de disparition dans nos rédactions, serait parfaitement justifié.

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