Le 2ème tour sans Nicolas Sarkozy ou François Hollande…

Les sondages, l’observation et l’intuition me permettent chaque jour de me faire une idée personnelle de ce qui pourrait se passer aux prochaines élections présidentielles. Et comme j’avais pu le faire au moment des primaires socialistes, l’intérêt de ce blog personnel est d’aller plus loin que la simple observation des faits. Lors de ces primaires socialistes, mon choix personnel s’était porté sur Martine Aubry et je me suis bien “planté”. Sans chercher à atténuer mon mauvais pronostic, j’avais néanmoins le pressentiment qu’elle ne réussirait pas mais je souhaitais qu’elle soit en face de Nicolas Sarkozy. Sans doute, pensais-je qu’elle avait davantage de charisme et d’envergure.
Bref, au moment de ce pronostic, j’ai regardé les sondages, j’ai observé comme le fait un journaliste, j’ai compté sur mon intuition mais malheureusement j’ai ajouté à cette petite mécanique, les sentiments. Et force est de constater que les sentiments n’ont rien à faire dans un pronostic si on veut le rendre crédible. Alors pour ce début d’année 2012, je fais un pari sur la base des enquêtes d’opinion que j’épluche, de mes observations et de mon intuition. Mon pari ? le voici. Il est clairement affirmé sur ce blog. Je l’affirme donc, Nicolas Sarkozy ou François Hollande sera éliminé ou absent au premier tour. Je l’annonce brièvement et j’aurai l’occasion d’argumenter sur ce blog d’ici au premier tour. Je vous invite donc à suivre ma démonstration et à la contester si vous la jugez irréelle, stupide,… Je ne suis pas voyant, astrologue ou devin,… j’observe, j’étudie les enquêtes d’opinion et j’essaie de compter, comme vous tous, sur un peu d’intuition. Mais il n’y a là aucun sentiment. Il s’agit d’une analyse personnelle que je jette en pâture pour ouvrir un débat. Je souhaite qu’il soit animé…

Mesdames et messieurs le Président… et ses obligés.

J’ai beaucoup de respect et d’admiration pour le travail et la manière de présenter de David Pujadas. Beaucoup moins pour Laurence Ferrari. Tout ceci est sans doute affaire de goût; inutile donc de développer davantage.

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Les deux présentateurs du 20 heures ont leur légitimité pour interviewer à Cannes notre président et Barack Obama mais je suis néanmoins pas très à l’aise quand je vois le résultat à l’antenne. J’ai assisté, comme plus de 11 millions de téléspectateurs, à une opération de communication politique qui me laisse un goût assez amer pour notre profession. Comment peut-on accepter dans un monde bousculé par une économie vacillante, que deux Présidents viennent tranquillement se congratuler, se flatter, s’admirer,… dans le seul but d’amorcer leur campagne présidentielle. Qu’ils décident de mener conjointement une opération de séduction, libre à eux, mais sommes-nous (nous, les journalistes) devenus à ce point des “toutous” pour accepter de venir porter la bonne parole présidentielle, sans oser le moindre petit froissement.
La France est gangrénée par des Présidents qui n’ont qu’à siffler pour attirer les journalistes et les mettre à leurs bottes. Accepterons-nous encore longtemps d’être sélectionnés par le président, lui-même. Un Président qui désormais s’offre même le luxe de choisir la maison de production qui réalise.
Quelle déception de voir l’autre jour Yves Calvi, journaliste consciencieux, pédagogue, pugnace et incisif se transformer lors de l’interview de Nicolas Sarkozy en petit garçon bien sage. Je ne m’arrête pas sur Jean-Pierre Pernaut qui ne m’a jamais convaincu dans l’exercice, si difficile, de l’interview. Son talent se situe ailleurs.

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Je l’affirme donc, l’interview présidentielle est la honte de notre profession. Nous sommes la risée de nos confrères étrangers mais tant-pis, nous continuons le “cirage de pompe” … Les journalistes se laissent bercer par l’interview consensuelle et demeurent soumis aux désirs du Roi. J’imagine qu’ils attendent, espèrent secrètement être un jour l’heureux élu. C’est une belle ambition et je ne la condamne pas dès l’instant où les journalistes appliquent ce pourquoi ils sont rémunérer: informer, poser des questions et obtenir des réponses.

Affaire Carlton: DSK veut-être entendu. Le commissaire Jean-Christophe Lagarde cité par, au moins, une prostituée.

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Dominique Strauss-Kahn a demandé dimanche, dans une déclaration à l’AFP, à être “entendu le plus rapidement possible par les juges” en charge de l’enquête sur l’affaire de prostitution au Carlton, le grand hôtel lillois, afin de mettre fin à des “insinuations malveillantes”.

Le nom de M. Strauss-Kahn a été mentionné par plusieurs médias comme étant celui
de l’un des clients de prostituées oeuvrant au Carlton de Lille. C’est en tout cas ce qu’affirme au moins l’une de ces prostituées lors de son audition devant les enquêteurs de la police judiciaire lilloise. Elle raconte une soirée qui aurait eu lieu à Paris.

Au cours de son audition, elle aurait notamment décrit une soirée dans laquelle trois autres prostituées étaient également présentes.

Selon cette prostituée, c’est René Kojfer, chargé des relations publiques de l’hôtel Carlton qui aurait organisé cette soirée.

René Kojfer mis en examen et écroué dans cette affaire aurait , lui, affirmé lors de sa garde à vue qu’un commissaire divisionnaire aurait été un intermédiaire pour l’organisation de la soirée.

Dominique Strauss-Kahn, aurait donc été un simple client. S’il est entendu, il ne le serait qu’à titre de témoin.

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L’ancien directeur général du Fonds monétaire international a expliqué sa démarche auprès de l’AFP, par sa volonté qu’il “soit mis un terme aux insinuations et extrapolations hasardeuses et encore une fois malveillantes”.

Le chef de la sûreté urbaine de Lille, Jean-Christophe Lagarde s’attend à être entendu dans cette affaire. Jean-Christophe Lagarde est cité par au moins une des prostituées entendues ces jours derniers dans l’affaire du Carlton comme étant l’organisateur de “parties fines”, notamment au profit de DSK.
On sait aussi que J-C Lagarde se serait rendu aux Etats-Unis notamment au mois de mai dernier. A-t-il été voir DSK et pourquoi ?
Il a été entendu comme d’autres policiers ces derniers jours par l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale).
Entre 1990 et 1995, il a été l’adjoint de Michel Neyret, le numéro deux de la PJ de Grenoble écroué à Lyon.
On sait aussi que J-C Lagarde se serait rendu aux Etats-Unis notamment au mois de mai dernier. A-t-il été voir DSK et pourquoi ?
Sa possible prochaine mise en garde à vue crée un profond malaise au sein de la police.
A-t-il couvert des faits de proxénétisme ? Est-il allé jusqu’à y participer ? Ce sont les questions essentielles aujourd’hui auxquelles doivent répondre les juges d’instruction lillois.

Audrey Pulvar entre journalisme et militantisme

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Je regardais dimanche soir le résultat du premier tour de la primaire citoyenne et j’ai été surpris par les images d’Audrey Pulvar aux côtés de son compagnon, Arnaud Montebourg. Il est quand même surprenant que cette journaliste qui défend son indépendance vienne s’afficher avec l’homme qui partage sa vie, le soir d’une élection. Il y a là, un mélange des genres qui m’inquiète.
Dans cette période très politique où Arnaud Montebourg est en première ligne, il eut été, de mon point de vue, plus opportun de se tenir en retrait. Je ne veux pas apparaitre comme un donneur de leçon mais je suis attentif aux effets que cela peut avoir sur les français qui, soit dit en passant, jugent très sévèrement notre profession en dénonçant par exemple le manque d’indépendance des journalistes. Audrey Pulvar a des qualités indiscutables que je ne m’autoriserai pas à contester mais cette présence très médiatique dimanche m’a mis très mal à l’aise. En cela, je rejoins l’étonnement du journaliste Christophe Hondelatte (RTL) ou encore la société des journalistes de France Inter, radio dans laquelle travaille Audrey Pulvar.
Audrey Pulvar a, je n’en doute pas, ses arguments et ses raisons. Peut-être aura t-elle l’occasion ou le désir de s’expliquer. Je serais alors un auditeur attentif.

Primaire dernière: un face à face décisif ce soir sur France 2

Ce soir, Martine Aubry et François Hollande vont une nouvelle fois débattre mais cette fois, on peut s’attendre à un échange musclé. Les deux finalistes vont devoir mettre en lumière leurs différences sans pour autant se déchirer car derrière il va falloir rassembler toute la gauche pour espérer battre Nicolas Sarkozy au mois de mai prochain.

Sur ce terrain, c’est Martine Aubry qui, la première, est passée à l’offensive pour tenter de se démarquer de François Hollande. Qualifié de représentant de la “gauche molle”, François Hollande à jusqu’ici, toujours refusé d’entrer dans la polémique. Il préfère endosser le costume de rassembleur. Je note néanmoins un changement de comportement depuis le soir du premier tour. Lors de cette soirée, j’ai trouvé François Hollande un peu déstabilisé et pas franchement dans le rôle qu’il avait volontairement adopté jusqu’ici, celui de se situer au-dessus de la mêlais, comme si les jeux étaient fait et qu’il était déjà en campagne pour la présidentielle face à Nicolas Sarkozy. Le lendemain, j’ai eu le sentiment que son staff était quelque peu décontenancé. Ce déplacement improvisé sur un marché du 18ème arrondissement en était l’illustration. François Hollande a préparé méticuleusement la campagne du 1er tour et s’est sans doute projeté, conforté sans doute par les bons sondages, un peu trop vite dans la campagne présidentielle. C’est mon sentiment.

Ce soir, François Hollande va devoir aller au charbon et contrer Martine Aubry qui n’a de cesse de l’égratigner sur son manque de solidité et ses revirements notamment sur le nucléaire ou l’éducation. Je crois en effet Martine Aubry plus ancrée à gauche et plus en capacité de rassembler même si dans la réalité Jean-Michel Baylet, Manuel Valls et désormais Ségolène Royal se sont rangés derrière l’élu de Corrèze. Mon sentiment est toutefois fragilisé par l’image véhiculée par Martine Aubry, celle d’une femme politique un peu austère et pas très glamour. Mais que faut-il attendre d’elle du “glamour” ou une capacité à diriger la France et à trouver des solutions pour la rendre plus compétitive, plus à l’écoute des souffrances, des difficultés,…des français.

François Hollande part néanmoins favori mais je crois que son pire ennemi c’est lui-même. Il devra, ce soir, être en capacité de proposer des solutions concrètes qui se démarquent assez radicalement de Martine Aubry qui elle, va jouer son va-tout. La “gauche molle” lui colle désormais à la peau dans une campagne où le candidat de gauche devra trouver les arguments pour contrer Nicolas Sarkozy. Dans ce registre, Martine Aubry me semble mieux armée. Elle est capable de cogner sur le président et dans le même temps d’avancer des propositions. Son déplacement dans la Creuse pour aller défier Sarkozy cherchait à illustrer cette stratégie de principale opposante. Souvenez-vous, son déplacement à Marseille, le jour de la visite de Claude Guéant. La maire de Lille peut s’appuyer sur une solide expérience dans la gestion d’une grande entreprise, d’un grand ministère, d’une grande ville et d’un grand parti.
Le député de Corrèze, bien qu’il s’en défende, ne dispose pas d’une telle expérience mais il compense par une image plus positive et une campagne commencée très tôt. François Hollande s’est beaucoup préparé pour cette présidentielle, convaincu que son heure est venue, et aujourd’hui il en récolte les fruits. Son image d’un homme déterminé et sympathique séduit beaucoup d’électeurs.

L’inconnu pour moi repose sur la capacité à séduire de Martine Aubry. On lui reproche sa froideur et parfois ses colères. Elle doit aussi se défaire du “pacte” de Marrakech et de sa complicité avec DSK. Sa seule possibilité pour gagner repose sur plusieurs points qu’elle ne cesse de défendre dans sa campagne: sa solidité, sa connaissance des dossiers, son expérience et l’idée d’être la première femme élue Présidente de la République. Ce dernier point à de quoi séduire nombre de français pour qui la parité hommes femmes à un sens.

Le débat ce soir en direct sur France 2 sera décisif, j’en suis convaincu. Les téléspectateurs auront les moyens de se déterminer et de savoir qui, pour eux, a les épaules les plus solides, non seulement pour faire campagne au nom des socialistes mais aussi pour rassembler toute la gauche le moment venu. Je pronostique un match très serré et comme je ne suis pas du genre à me cacher derrière mon petit doigt, je pronostique une victoire au finish de la maire de Lille.

C’est pas gagné !

Télé Star publie les résultats d’un sondage portant sur le thème “Télé et politique, les stars de l’info sont-elles indépendantes?”.

A la question “Les journalistes de la télévision vous semblent-ils indépendants à l’égard des responsables politiques?”, 20% des personnes sondées ont répondu “oui”, contre 73% qui ont répondu “non”.

Les personnes sondées ont ensuite désigné le journaliste qui leur semblait le plus indépendant à l’égard des responsables politiques. Et c’est Yves Calvi qui est arrivé en tête, avec 23% des votes. Suivi de Yann Barthès (17%) et Jean-Michel Aphatie (11%). Derniers de ce classement, Carole Gaessler (2%), Laurence Ferrari (2%) et à la dernière place Natacha Polony (1%).

L’ensemble des personnes sondées ont enfin dû désigner le média auquel elles font le plus confiance en matière d’information politique. Et c’est Internet qui arrive en tête (33%), suivi de la presse (29%), de la radio (21%), de la télévision (15%) et enfin les réseaux sociaux (2%).

Le succès des primaires, l’échec des sondages

Je fais le pari ici qu’une nouvelle fois les sondages feront grise mine dimanche soir. Depuis plusieurs mois, fidèles à leurs habitudes, ils questionnent, sondent, interrogent les français et depuis plusieurs semaines, il y a pour eux une évidence: Hollande sortira vainqueur à une très large majorité puisque les dernières estimations le placent à 43%, loin devant Martine Aubry qui, elle, ne parvient pas, toujours selon ces enquêtes, à décoller et à capter l’opinion.
J’ignore comme vous quel sera le résultat de cette primaire mais je prédis un vote massif des sympathisants de gauche et qui sait, peut-être même au delà. Cette primaire, largement critiquée par les médias et les observateurs politiques, sera un succès. Alors, c’est vrai, ces propos n’engagent que moi mais dois-je le rappeler ce blog est un espace d’expression libre, ouvert à vos commentaires et à vos critiques. Je ne suis pas convaincu que François Hollande soit le grand champion au soir de cette primaire. Je prévois, du coin de ma petite fenêtre, un résultat beaucoup plus serré que les sondages ne veulent bien le dire. Qui seront les deux qualifiés pour la finale ? Là je rejoins les enquêtes d’opinion. Martine Aubry et François Hollande me semblent les mieux placés. Mais il ne faut pas exclure une surprise. Néanmoins, je ne crois pas aux chances de Ségolène Royal de se qualifier pour le 2ème tour et encore moins des suivants, même si Arnaud Monteboug, dans un discours très à gauche, réunira de nombreux suffrages.

L’information principale dimanche soir sera donc la victoire de cette primaire avec une participation très importante et un second tour qui mettra aux prises Hollande et Aubry. Je vais aller plus loin, je vois une victoire au finish de Martine Aubry. La maire de Lille a davantage les “épaules” pour diriger la France même si elle apparait froide, parfois colérique, j’ai le sentiment profond qu’elle a pour elle une très solide expérience, des convictions profondes et beaucoup de charisme que François Hollande qui, n’en déplaise à ces sympathisants représente une gauche assez “molle”. Pour gagner dimanche prochain, François Hollande devra durcir sérieusement son discours. En est-il capable ? Je n’en suis pas convaincu.

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La vérité selon DSK - 20 H de TF1 du 18 septembre 2011

L’exercice n’était pas facile : se présenter devant quelques millions de téléspectateurs et parler de soi, de ses erreurs et de ses “fautes morales”. Pas simple mais néanmoins plus que nécessaire. DSK n’avait pas le choix. Il devait dire sa vérité sur ce ce qui s’est - réellement - passé dans cette chambre d’hôtel de New-York pour ensuite espérer se réhabiliter aux yeux de l’opinion. Il m’a donné le sentiment de n’esquiver aucune question mais il ne faut pas non plus tomber dans une naïveté excessive. L’interview avec Claire Chazal, amie de son épouse, Anne Sinclair, était préparée au millimètre avec ses spécialistes de la com. Je soupçonne quelques mediatraining les jours qui ont précédé ce 20H. C’est dans ce type d’exercice que se prépare ces formules sensées faire mouche : “faute morale” dont “il n’est pas fier”. C’est cela que nous retiendrons : j’ai commis “une faute morale”. Pour le reste, DSK a été bon, humain et sincère quand il reconnait ses égarements. L’avenir dira si cette homme blessé par ses erreurs parviendra à se reconstruire et à revenir dans le jeu politico-médiatique.

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Humour douteux et doigt d’honneur

Décidément, les ministres se lâchent en ce moment. Après l’épisode, douteux, du ministre de l’intérieur à Seignosse lors des universités d’été. C’est désormais, le Ministre de l’immigration qui se met en scène, et toujours à Seignosse. A croire qu’un micro-climat favorise, en ce lieu, l’excès de zèle.
Dans un reportage diffusé dimanche dans l’émission de Canal + “Dimanche +”, Eric Besson a été filmé en train de faire un doigt d’honneur à l’équipe de la chaîne cryptée.
La scène a été tournée alors que le ministre avait rassemblé autour de lui plusieurs jeunes de son mouvement politique “Les Progressistes”.

Interrogé sur le sentiment de ces derniers à propos de l’arrivée dans la majorité de Philippe de Villiers, Eric Besson exprime sa désapprobation : “Ne lui répondez pas”, dit-il.

Puis, alors qu’un jeune homme accepte de donner son sentiment, le ministre se penche vers le bas, comme s’il souhaitait sortir du champ de la caméra, et tend le majeur, tout en souriant aux journalistes qui le filment.

Ce geste en dit long sur l’état d’esprit de cet homme politique. Ce geste, après la parole de son collègue sur les arabes, me fait penser à ce proverbe bien connu: “chassez le naturel, il revient au galop.”
Il y a des discours et des comportements que l’on ne doit pas avoir quand on est ministre de la République. Ces personnalités politiques me donnent l’impression de se sentir intouchable et au dessus des autres. Il y a là un comportement méprisant et insolant que je réprouve.
Je le dis donc sans détour, mesdames et messieurs les politiques, montrez-vous à la hauteur des responsabilités que l’on vous confie.


Le Buzz de CANALPLUS.FR : le doigt d’honneur d’Eric Besson
par CANALPLUS

L’info trop conventionnelle

J’avais espérer que l’arrivée d’un nouveau journal (M6) dans le paysage audiovisuel allait apporter un peu de fraîcheur. Il n’en est rien. Lire la suite

Un site de très belle facture pour Ségolène Royal

Vous ne le verrez pas dans son intégralité, car il a été bloqué, mais le nouveau site de Ségolène Royal est en passe de devenir “collector”. J’ai rarement vu, sur la toile, un site aussi médiocre, surtout de la part d’une personnalité politique dont l’ambition est de devir un jour Présidente de la république.
Merci donc à ceux qui m’ont informé. C’e fut une belle expérience virtuelle que de découvrir ce site coloré qui a d’ailleurs suscité un flot de critiques des internautes, et dont l’Express s’est aussi fait l’écho.
Devant ce tollé, l’ex-candidate a immédiatement envoyé son site aux oubliettes et elle devrait revenir avec une nouvelle version, sans doute plus en conformité avec son image de présidentiable.
Le plus grotesque demeure néanmoins la facture: 41 860 euros. Le mouvement Désirs d’Avenir l’a fait parvenir à son mécène Pierre Bergé. Une facture émanant de la société prestataire dirigée par le compagnon de Madame Royal. Je m’interroge sérieusement sur ces capacités à créer des sites. Il faut absolument lui dire que c’est un métier.

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Une visite à 200 000 euros

La visite de Nicolas Sarkozy demain à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif fait grincer les dents des syndicats et du personnel. Lire la suite

“Il faut mettre un point d’arrêt à cette mode du suicide”

Je reviens sur cette petite phrase qui n’est certes pas passé inaperçue, mais qui démontre assez justement l’écart qui existe entre le sommet et la base de la pyramide, dans le monde du travail. Lire la suite

Informer n’est pas communiquer

Discours policé, langues de bois, communication maîtrisée, parfois verrouillée… Nos personnalités politiques manquent cruellement de naturel et je suis convaincu que cela joue en leur défaveur. Lire la suite

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Dans les coulisses de l’interview présidentielle

Je rejoins l’éditorialiste Alain Duhamel qui, ce matin, n’a pas été tendre avec la “prestation” de David Pujadas et Laurence Ferrari, lors de l’interview hier soir du Président de la République à New-York. Lire la suite

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A propos de l’affaire Polanski

Frédéric Mitterrand, dans un long plaidoyer pour la libération du réalisateur du Pianiste, a notamment déclaré à propos de Roman Polanski que « le voir ainsi jeté en pâture pour une histoire ancienne qui n’a pas vraiment de sens (…), c’est absolument épouvantable ». Je me demande si pour le Ministre de la culture le viol d’une enfant de 13 ans n’a-t-il “pas vraiment de sens” ? Faut-il comprendre qu’une relation sexuelle entre un adulte et un(e) mineur(e) de moins de quinze ans, qualifiée de crime en France comme aux Etats-Unis, doit être dépénalisée ? ». Ces deux questions ont été posées par l’Association Innocence en danger dans une lettre ouverte adressée à Frédéric Mitterrand.

Je peux comprendre l’amitié que porte le Ministre à son ami cinéaste mais comment admettre de tels propos. Je ne dis pas ici que la justice américaine à tort ou à raison. Je dis simplement qu’un Ministre n’a pas le droit de commenter une action de justice avant son jugement, aussi ancienne et injuste soit elle. Je ne saurais trop conseiller à Frédéric Mitterrand de s’inspirer de sa collègue aux finances, Christine Lagarde qui, à propos du procès Clearstream, a affirmé par deux fois aux journalistes qui l’interviewaient sur canal « je ne commente pas les actions de justice ».

Je condamne les propos de Frédéric Mitterrand mais je serai bien naïf de penser à délivrer les bons d’innocences ou de culpabilités avant même qu’un procès n’est eu lieu. Combien de journalistes oublient chaque jour la présomption d’innocence. Combien de personnes ont été jugées coupables par la seule voix des médias et jamais réhabilitées ensuite parce que l’actualité est ainsi faites que nous passons à autre chose.

Je ne donnerai pas d’exemples provenant de ma rédaction. Mon devoir de réserve me l’interdit mais je pourrais donner une liste d’exemples.

Pour en terminer avec « l’affaire » Romanski, je dirai simplement cette phrase que l’on ne veut plus entendre parce qu’aujourd’hui l’on condamne ou l’on innocente avant de juger : il faut laisser la justice faire son travail.

Des musulmans refusent de jouer contre des gays

Dimanche dernier l’équipe musulmane de Créteil a refusé de jouer contre le Paris Foot Gay sur un terrain de Vincennes. Lire la suite

Philippe LUCAS se verrait bien journaliste

Philippe Lucas, le très médiatique ex-entraineur de Laure Manaudou, se verrait bien journaliste. C’est du moins ce qu’il a confié à des confrères de TV-mag: On est bien payé, on branle rien. Tu poses trois ou quatre questions à la con, et tu balances ton papier. Le rêve!”

Faut-il croire les journalistes ? Aïe, ça fait mal…

Chaque semaine Thomas Hugues pose une question aux internautes. Cette semaine : Faut-il croire les journalistes ? Le verdict est sans appel. Lire la suite

Frédéric Mitterrand ou l’apprentissage de la parole ministérielle

Frédéric Mitterrand vient de vivre une semaine terrible qui s’est soldée par une grande première au journal de 20 heures de TF1. Lire la suite

Le “détachement” peut-il garantir l’indépendance du CSA ?

J’ai beaucoup de respect pour le parcours professionnel de Rachid Arhab et Françoise Laborde qui ont intégré voici plusieurs mois le Conseil supérieur Audiovisuel, mais je ne suis pas très à l’aise quand je regarde de près leur situation professionnelle actuelle. Lire la suite

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Jean Sarkozy/EPAD: comment faire taire les soupçons ?

La future élection de Jean Sarkozy à la présidence de l’EPAD suscite actuellement de nombreux commentaires dans les journaux. Il y a ceux qui s’émeuvent de voir que le “fils de” puisse à 23 ans prendre des responsabilités aussi importantes et puis, à l’opposé, ceux qui trouvent le plus normal du monde, que le jeune conseiller général affirme son ambition. Lire la suite

Jean Sarkozy s’explique sur France 3 Paris Ile-de-France

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Interview Jean Sarkozy France3 Epad
par apophis3

Le jeune conseiller général des Hauts de Seine, Jean Sarkozy, est venu hier soir s’expliquer dans le journal que je présentais, sur sa candidature à la présidence de l’Epad. Accompagné de son épouse et des membres de son “staff”, Jean Sarkozy a réaffirmé son ambition et sa légitimité. Rappelons qu’il est élu démocratiquement et que rien, absolument rien, ne l’empêche de prétendre à cette fonction qui ne sera pas une nomination mais une élection.
Le jeune homme m’est apparu très agréable, très poli et très concentré. Son propos, à l’identique de son père, est très clair et malgré son jeune âge, il est très pro et très bon à l’antenne.
Je reste néanmoins sur ma faim. Jean Sarkozy ne m’a pas convaincu sur sa position privilégiée. Un jeune élu “anonyme” ou qui ne serait pas le “fils de” en France, pourrait-il prétendre à de telles responsabilités ? La réponse de Jean Sarkozy est “oui absolument”", la mienne est “non, impossible”…
Jean Sarkozy ne s’attarde pas sur des exemples, parce que je pense sincèrement qu’il n’y en a pas. Mais je peux me tromper. Aussi, je vous prends à témoin. Connaissez-vous des jeunes élus de 23 ans à la tête de grandes agglomérations, institutions ou même entreprises ?

Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct

J’ai souffert hier en regardant Laurent Bignolas à 18H30. D’autant je prenne l’antenne tout de suite après pour présenter le journal régional. Le présentateur du 19/20 de France 3 était en direct avec l’acteur Albert Dupontel.

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Et si nous nous informions avant d’informer.

Ce matin, je me demandais combien de journalistes qui ont évoqué, parfois avec des mots terribles, l’affaire Frédéric Mitterrand, avait pris le soin de lire son livre “La mauvaise vie” ?
Certains l’ont fait mais ils sont une minorité. La presse est ainsi devenue qu’aujourd’hui, il n’est plus besoin de lire un livre ou de voir un spectacle pour en parler. L’exemple de Laurent Bignolas est assez éclairant en ce domaine. Encore une fois, je n’incrimine pas mon confrère pour qui j’ai beaucoup d’estime. Mais ce qui s’est passé ce soir là (lire article: “Laurent Bignolas et Albert Dupontel: le clash en direct) est significatif de l’appauvrissement de notre profession.
Les événements vont aujourd’hui si vite que plus personne ne prend la peine de se documenter pour informer. C’est une triste réalité que je constate tous les jours dans la pratique de mon métier. Où est passé le temps où les journalistes réunissait s’informait avant d’informer ? Combien de journalistes ont pris la défense ou ont, au contraire, descendus en flèche le Ministre de la culture sur la base de rumeurs, de propos non vérifiés, d’allégations ou de perceptions lointaines. Quand la machine médiatique se met en marche, inutile de chercher à l’enrayer, elle écrase tout sur son passage.
Pour étayer cet exemple, je reviens un instant sur l’ambition de Jean Sarkozy dans les Hauts de Seine. Combien de journalistes ont utilisé e mot “nomination” pour évoquer l’arrivée annoncée du “fils de” à la tête de l’Epad, l’Etablissement Public d’aménagement de la Défense . Même le Premier Ministre s’est trompé. C’est vous dire la confusion qui règne. Je le rappelle donc, il s’agit d’une élection.
Avant de se lancer dans des diatribes, il revient à tout journaliste qui se respecte de se renseigner, de se documenter. A la décharge des journalistes, je dois reconnaître que le développement de la concurrence dans les médias oblige à aller toujours plus vite et, incontestablement, toujours plus loin. Au risque naturellement d’effectuer des sorties de route.
Je ne veux pas terminer cet article sans rendre hommage à ces journalistes de l’ombre qui travaillent en conscience, en prenant le temps de vérifier ce qu’ils écrivent. Ils ne sont plus très nombreux mais ils résistent.

Quand Frédéric Lefèbvre flingue les médias

C’est un refrain que l’on connait. Chaque fois que ça tangue, c’est la faute aux médias. Frédéric Lefebvre s’est chargé de le dire ce matin sur RTL à propos des “affaires” Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand.


Frédéric Lefebvre sur RTL (19/10/09)
par rtl-fr

Cette montée au front est sans doute légitime pour tenter de défendre ce qui peut l’être, mais de là à mettre la responsabilité sur les médias, je n’ai pas le sentiment que le porte parole de l’UMP soit le mieux placé pour porter la charge. Les médias ont une responsabilité dans la déformation des faits lorsqu’ils confondent, par exemple, “nomination” et “élection” à propos de l’EPAD. Sans doute aussi, quand ils font l’amalgame entre “pédophilie” et “homosexualité”. Il faut faire le tri dans ce qui est écrit car, à l’heure d’Internet, on peut en effet lire tout et surtout n’importe quoi.
Mais, n’en déplaise à Frédéric Lefebvre, nombre de très bons articles ont été diffusés sur ces deux affaires. Des articles qui ont suscité la colère des défenseurs de Sarkozy et Mitterrand mais qui pointé du doigt des incohérences profondes et de profondes interrogations.
Je retiens deux éléments sur ces deux affaires. Ils sont de mon point de vue l’essentiel de ce qu’il faut retenir:

- S’agissant de Frédéric Mitterrand: la réaction du Ministre de la culture sur l’arrestation de Roman Polanski n’a pas été à la hauteur de sa fonction et de sa nécessité de rester à l’écart d’une affaire de justice. Frédéric Mitterrand a mis des sentiments très personnels dans son intervention qui lui ont valu critiques et suspicion.

- S’agissant de Jean Sarkozy: un jeune élu de 23 ans en France n’a, jusqu’ici, jamais eu l’opportunité de prétendre à des responsabilités aussi importante que la présidence de l’Epad en région parisienne. Oui, Jean Sarkozy est un élu. Oui, il ne sera pas nommé mais élu au mois de décembre. Non, il n’est pas un élu comme les autres. Aussi, je pose à nouveau ma question, déjà posée dans mes articles précédents: combien d’élus de 23 ans peuvent prétendre diriger une grande agglomération, établissement public, …en France. Aucun. Jean Sarkozy est un jeune homme brillant et ambitieux, et cela me plaît, mais d’autres le sont aussi et n’auront jamais cette possibilité de démontrer leur compétence et leur savoir-faire. Pardon, mais ils ne sont pas « fils de ».

Avant d’accuser les medias, Frédéric Lefebvre gagnerait à porter un regard honnête et lucide sur la question. Les medias lui offre chaque jour de belles tribunes dont celle-ci, ce matin sur RTL, pour distribuer les bons et mauvais points.
En ce qui nous concerne, nous les journalistes, il est vrai qu’il est urgent de revenenir aux fondamentaux de notre profession. Se renseigner et vérifier avant d’informer. Confondre nomination et élection est, je le reconnais, assez regrettable. Parler d’un livre “La mauvaise vie”, sans prendre le soin de le lire est aussi assez dévastateur pour renforcer la crédibilité d’une profession malmenée. *
Que chacun en tire donc les leçons. Et, croyez le bien, je ne m’exclue nullement de ce conseil avisé.

“l’interview du fistonné de France 3″…suite

Ce matin, le Canard Enchainé revient sur l’interview de Jean Sarkozy la semaine dernière dans le journal que je présentais sur France 3 Ile-de-France. Je crois utile d’apporter des éclaircissements sur cette interview puisqu’elle semble aiguiser la curiosité de nombres de mes confrères.
Par le passé, nous avons à plusieurs reprises contacté Jean Sarkozy pour l’inviter sur notre plateau. Ces conseillers nous ont fait savoir que ce n’était pas le moment, qu’on verrait plus tard…Jusqu’à la semaine dernière où, à notre grande surprise, l’entourage de Jean Sarkozy a fait savoir qu’il serait très heureux de s’exprimer sur France 3 Ile de France pour s’expliquer sur l’affaire de l’Epad. Il s’est donc invité pour parler clairement et nous avons accepté. Qui aurait refusé de recevoir fils du Président en pleine tempête médiatico-politique sur cette élection de l’Epad ?
Oui, Jean Sarkozy a reçu un accueil particulier. Le directeur adjoint et la rédactrice en chef étaient présents pour l’accueillir. J’ajoute que ce n’est pas tous les jours qu’ils sont là. L’accueil de la secrétaire d’Etat chargée des ainés le lendemain était beaucoup plus discret.
Oui, l’entourage de Jean Sarkozy n’a pas souhaité la présence de France 2. L’interview était accordée à France 3 Ile-de-France seulement. Personnellement, je ne trouve pas cela choquant. Le jeune conseiller général des Hauts de Seine à le droit de répondre de donner la priorité à qui il veut.
En temps normal, l’interview dans le journal dure 3 minutes. La rédactrice en chef a pris la décision de pousser l’interview jusqu’à 7 minutes. De la même manière, à la demande de l’entourage de Jean Sarkozy, deux sujets qui devaient être diffusés durant l’interview ont été diffusés en introduction de l’entretien. Pas de “cassures de rythme” donc mais une interview “sèche” de la 1ère à la 7ème minutes. Pour ma part, j’ai trouvé l’entretien trop long et j’ai regretté que l’on adapte notre journal aux souhaits de Jean Sarkozy.
Voilà en toute sincérité ce qui s’est passé. Doit-on conclure à un traitement de faveur. Ma réponse est oui mais avec des circonstances atténuantes. Il s’agissait d’une interview exclusive et donc une aubaine pour notre chaîne et de plus, c’est humain, le fils du président de la République n’est pas n’importe qui… Le personnage fascine, intrigue et, pour beaucoup, il suscite une certaine admiration. Je le répète c’est humain.
En ce qui me concerne, si j’avais eu la maîtrise du journal, l’entretien aurait duré 5 minutes et selon mes conditions. Celles que nous avions initialement prévues. Je n’aurais pas cédé aux exigences de l’entourage de Jean Sarkozy.

Rien ne saurait être trop beau pour ces gens qui nous gouvernent

En période de crise, l’Etat ne rechigne pas à la dépense. Je vous laisse apprécier une partie, une partie seulement, des dépenses de notre pays lorsqu’il présidait le Conseil de l’Europe.
Selon le rapport de la Cour des Comptes, le coût du dîner des chefs d’Etat qui réunit 200 personnes le 13 juillet au Petit Palais, pourrait avoisiner 62 181 euros pour la restauration (soit 310 euros par invité), auxquels s’ajoutent 1 010 256 euros d’aménagements, soit… 5 367 euros par invité”. En regard, le déjeuner des chefs d’Etat organisé le lendemain dans les jardins de la Résidence Marigny paraîtrait presque modeste : 780 782 euros. “Par son ampleur, le caractère irrégulier des procédures suivies et son impact massif pour les finances publiques, ce sommet constituera une forme de record”, conclut la Cour des comptes.

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Quand l’information rime avec communication

C’est une première qu’il convient de mettre en exergue. Les principaux syndicats de journalistes ont adressé hier une lettre ouverte commune au président de la République, Nicolas Sarkozy, où ils font état de la “situation extrêmement préoccupante” du secteur, tant au plan économique que s’agissant des conditions de travail. Selon les syndicats signataires de la lettre, 2300 journalistes “seraient venus gonfler les rangs des chômeurs”: “il n’est pas un jour sans qu’un journal, un hebdomadaire, une radio, une télévision licencie des journalistes en prétextant la crise économique.”
Je ne suis pas convaincu que la solution vienne de Nicolas Sarkozy mais plutôt de la profession elle-même. Il y a remise en question nécessaire que nous ne faisons pas. Au delà des enjeux économiques et des pressions des directions de groupes de presse, il est un fait avéré. Nous avons pris la très mauvaise habitude de nous marquer les uns les autres à la culotte. Le suivisme est devenu la règle et nous retire le recul nécessaire pour aborder une information avec le recul et la sérénité nécessaire. Je suis très inquiet de voir à quel point nous nous déplaçons tels des moutons sur un fait d’actualité qui n’en ai pas toujours un. Nous devons aujourd’hui, plus que jamais, renforcer notre vigilance pour distinguer une information d’une opération de communication. Regardez le suivisme bête et dangereux qui s’est produit sur le démantèlement de la “jungle de Calais” avec cette forêt de caméra pour entourer le Ministre de l’immigration.
Je défends l’idée d’en finir avec le suivisme, le spectaculaire, la communication. C’est sans doute là, le discours d’un idéaliste alors je m’en vais, pour atténuer cette réputation qui me gagne au fil de mes articles, proposer des solutions.
Il est urgent d’ouvrir le débat sur l’avenir de notre profession, en demandant, en effet, à l’Etat de garantir l’indépendance de notre profession. Des mesures sont possibles comme la garantie de pouvoir protéger nos sources ou de veiller à l’indépendance des rédactions. Je ne suis pas fondamentalement hostile à la nomination des dirigeants du service public par l’Etat mais je revendique la mise en place de garde fou pour garantir l’indépendance des journalistes. Il faut y réfléchir d’urgence.
Les autres solutions consistent à donner aux journalistes les moyens d’exercer leur profession. Aujourd’hui, nous réalisons des reportages en un temps record parce qu’il faut toujours aller plus vite sous peine d’être “grillé” par la concurrence. Que cette course effrénée s’engage dans les structures privées, je peux le concevoir, mais de grâce, pas dans le service public dont on attend un minimum de recul et de réflexion. La sanction de l’audience de nos journaux est devenue trop lourde à porter. Car réfléchissons un instant sur cette question: l’information doit-elle faire de l’audience ?
Faire de l’information est devenue un “business”. Si nous continuons à informer, nous ne faisons qu’effleurer. Il n’y a plus d’enquête, de recherche, de vérification,…excepté pour quelques journalistes qui, pour beaucoup, sont marginalisés.
Enfin, il est urgent de fédérer les journalistes autour de valeurs qu’ils ne retrouvent plus forcément dans le syndicalisme. Je milite pour la création d’une organisation neutre et indépendante pour la défense de notre profession. Elle serait dirigée par des journalistes ayant fait preuve tout au long de leur carrière d’une intégrité et d’un professionnalisme irréprochable. L’idée est lancée, il faudrait y réfléchir car je le dis , sans dratatiser, il y a urgence.

Rama à l’insu de son plein-gré

La politique, qui soit dit en passant, n’est pas un métier mais un engagement, me déçoit chaque jour davantage. Un sentiment qui, je le crois, est partagé par des millions de français. Comment en effet comprendre ce qui se passe autour de Rama Yade, secrétaire d’Etat chargée des sports. Cette dernière revendique et défend son fief électoral dans les Hauts-de-Seine et voilà qu’on lui propose de faire ses valises pour aller explorer de nouvelles terres, en l’occurrence, le Val d’Oise. Ces calculs et autres magouilles électorales ont un effet dévastateur sur l’électeur qui doit se demander si l’on ne se moque pas de lui. En réalité, on ne se moque pas de lui, on l’ignore. Cette cuisine électorale démontre bien qu’il ne faut plus parler d’engagement en politique mais de carrière. Les ministres sont dévorés d’ambition et de dévotion pour plaire au chef.
Rama Yade est une victime de ce système. Elle est lâchée par le roi parce qu’elle défend la politique et ses convictions. Elle ne veut pas aller dans le Val d’Oise parce qu’elle est une élue des Hauts-de-Seine mais elle n’aura pas le choix. Elle y va où elle y va. Ce qui parait tomber sous le bon sens, s’identifier à son territoire, est interprété par le chef de l’Etat et ses dévoués comme une traîtrise. Mais dans quel monde vit-on.
Je suis convaincu que les français comprennent Rama Yade et sauront le faire savoir au moment opportun. Cette tambouille politicienne est le degré zéro de l’engagement au service des français.
J’ai pris l’exemple de Rama Yade mais j’aurais pu en prendre d’autres moins récents mais tout aussi significatifs. A droite et à gauche. Pour faire bonne mesure dans cet article, je citerai Vincent Peillon qui fut parachuté loin dans l’Est aux Européennes et Benoit Hamon qui se prend de passion pour les Yvelines.

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L’arroseur arrosé

Invité de l’émission “Ce soir ou jamais” sur France 3 ce mardi soir, l’écrivain et journaliste Eric Zemmour a vivement réagi à l’utilisation de son image dans le dernier film de Patric Jean “La domination masculine”, documentaire sur l’égalité entre hommes et femmes. Selon Eric Zemmour, les propos qu’il tient dans le film sont sortis de leur contexte. Il s’agit d’extraits d’une émission de la télévision suisse dans lesquels le journaliste politique semble justifier la violence masculine.
Eric Zémour qui s’insurge et cri au scandale me laisse songeur. Voilà un homme qui chaque samedi chez Ruquier bénéficie d’une fenêtre exceptionnelle pour distiller son venin et qui ne supporte pas que l’on puisse s’en prendre à sa noble personne. “Je suis sidéré (…) c’est des manœuvres de voyou, des manœuvres de terrorisme médiatique” déclare Eric Zemmour qui insinue vouloir poursuivre en justice le réalisateur du film.
Je me demande combien d’invités de Laurent Ruquier peuvent aujourd’hui tenir ce discours à son encontre. Ils sont nombreux mais eux, n’ont pas nécessairement une fenêtre de tir.
Je suis favorable à la libre expression à la télévision et jamais il ne me viendrait à l’idée, si j’en avais les moyens, de “censurer” Zémmour. Néanmoins, lorsque l’on ouvre la boîte de pandore, il faut en assumer les risques. Quand on tire à vue, avec parfois des arguments bancals, il y a parfois des retours de bâton. Ils peuvent être exagérés ou injustes, comme le sont, parfois, ceux de Zémmour.

Patrick Sébastien entre en politique

Je suis assez partagé sur le projet de Patrick Sébastien qui nourrie l’ambition de créer un mouvement politique pour secouer nos dirigeants. Mon interrogation repose essentiellement sur sa stratégie. S’engage t-il dans un vrai souci de bousculer les politiques ou cherchent-ils une nouvelle tribune pour flatter son égo que l’on dit assez développé ? Je n’aime pas plus que ça l’artiste mais je lui reconnais du talent et de la générosité. On ne peut fédérer autant de personnes le samedi soir sans avoir une once de talent. Ceci étant dit, je reste perplexe sur l’avenir de ce mouvement qui, dans les prochains mois, va être sérieusement bousculé et chahuté. Si les premiers sondages vont dans le bon sens pour l’auteur du petit bonhomme en mousse, les « nettoyeurs » de la politique vont sortir de leur tanière. Lire la suite

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1…2…3…4… Un enfant vient de mourir de faim

Photo Reuters

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Il devient urgent de lancer un cri de révolte pour que cette société d’indifférence dans laquelle nous baignons tous, ouvre enfin les yeux sur cette profonde injustice de la faim dans le monde. J’entends déjà des voix s’élever pour dénoncer un discours idéaliste, bien-pensant, naïf,… Je m’en moque. J’ai appris par mon métier à relater des faits et à soulever des questions. Lire la suite

La France qui bouge est américaine

Je suis resté interloqué cette semaine devant le petit journal de Yann Barthès qui cette semaine pointait du doigt le clip de l’UMP intitulé “La France change, ma région doit changer”. Ce petit film tourné pour les élections régionales est censé montrer une image idyllique de la France de Nicolas Sarkozy mais, en réalité, c’est un bidonnage et Petit journal a découvert la supercherie. Ces images de familles françaises sont en réalité des familles américaines. Je suis étonné qu’un grand parti politique comme l’UMP en arrive à ce stade de mensonge, de manipulation,…Montrer la France qui change et qui bouge avec des familles américaines, c’est quand même sacrément gonflé. Une nouvelle fois les politiques cèdent à la com et à l’image quitte à prendre les français pour des idiots. Et après, ces mêmes politiques s’étonnent de voir leur image si dégradé. Cessez donc de prendre les français pour des imbéciles.


Pour son clip, l’UMP achète les vidéos d’une agence US
par zap-tele

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63 601 002 habitants en France en 2007

La France comptait officiellement 63 601 002 habitants en 2007, selon les résultats du dernier recensement parus jeudi 31 décembre au Journal officiel. Par rapport au dernier recensement exhaustif de 1999 qui comptabilisait 60 millions de personnes, la population a progressé de 8,33%.
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Le journal officiel publie aussi la population totale des communes françaises, bien supérieure (65 031 022 d’habitants) en raison des personnes ayant deux résidences et ainsi comptées deux fois. Pour que ces personnes ne soient pas comptées deux fois, la population de la France est égale à la somme des populations municipales. Elle s’établit à 61 795 550 habitants en France métropolitaine et 1 805 452 dans les départements d’outre-mer.

La France reste le deuxième pays le plus peuplé de l’Union européenne derrière l’Allemagne (82,2 millions d’habitants au 1er janvier 2008, selon Eurotat) et devant la Grande-Bretagne (61,2 millions), l’Italie (59,6 millions) et l’Espagne (45,2 millions). Mais l’Allemagne affiche un des taux de natalité les plus faibles du monde et sa population a décru de plus de 160 000 habitants au cours de l’année 2008. Sur la même période, la population française gagnait 360 000 habitants, selon eurostat.

Toutes les régions à l’exception de deux (Champagne-Ardennes et la Guadeloupe) voient leur population continuer d’augmenter. Les trois plus peuplées sont l’Ile-de-France (11,74 millions d’habitants en 2007 contre 11,67 en 2006), Rhône-Alpes (6,21 millions contre 6,17 en 2006) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (4,944 millions contre 4,89 en 2006).

Philippe Séguin: l’hommage unanime

Il est des personnalités, qu’elles soient de droite ou de gauche, qui font l’unanimitées. J’en citerai deux, Robert Badinter et Simone Veil, et une troisième qui malheureusement vient de disparaître: Philippe Séguin.
Le Premier Président de la cours des comptes était un grand républicain, amoureux de la France. Un homme de conviction et orateur hors pair. Au lendemain de sa disparition, je note l’unanimité des hommages qui lui sont rendus. Il est toujours de bon ton de saluer un homme ou une femme formidable surtout quand celui-ci ou celle-ci est décédé mais là, force est de constater que cette personnalité fait exception. D’ailleurs, l’un des plus beaux hommages rendus à cet homme intransigeant et exigeant, a été celui du producteur-réalisateur, Serge Moati. Il salue “un ami formidable, drôle dont le plus grand honneur a été d’être reconnu par la nation “. Et ajoutant “La France est passée à côté d’un grand Président”.
Je ne veux pas en rajouter sur cette personnalité que j’appréciais beaucoup mais je me demande s’il reste encore dans notre paysage politique français des hommes de cette envergure. Philippe Séguin était profondément attaché au sens de l’Etat et amoureux de la république. La France ne manque t-elle pas aujourd’hui de voix capables de défendre une idée au delà des appareils ? Comme le disait Martine Aubry: cet homme était un sage dont la voix était une référence et une boussole”.
Depuis sont retrait de la vie politique, sa voix justement nous manquait même si elle revenait épisodiquement avec le rapport sur les comptes publics.

Ni droite, ni gauche mais alors…

Le baromètre de la confiance politique réalisé par la Sofres pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), Edelman et l’institut Pierre Mendès France, est assez révélateur du manque d’enthousiasme des français pour la politique. Du moins celle que l’on nous propose aujourd’hui. 67 % des Français n’ont confiance ni en la droite ni en la gauche pour gouverner le pays.
Seules 14% des personnes interrogées ont “confiance dans la gauche pour gouverner le pays” et 16% “ont confiance dans la droite”. 3% sont sans opinion.
Selon le directeur du Cevipof, Pascal Perrineau, la gauche ne profite pas de son statut d’opposition, la confiance étant même plus forte à droite qu’à gauche.
Ce sondage m’inquiète à quelques mois des élections régionales. Comment va t-il se traduire dans les urnes ?

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La méthode Peillon condamnée

L’émission “A vous de juger” la semaine dernière sur France 2 m’a laissé un sentiment étrange. Que le Ministre de l’immigration vienne s’expliquer sur l’identité nationale et le débat houleux qu’il suscite ne me dérange pas. Au contraire. Son approche mérite d’être expliqué aux français ce qu’il s’est d’ailleurs efforcé de faire avec ses arguments, que chacun est libre d’apprécier ou de rejeter. Je suis en revanche plus partagé sur l’idée de le mettre face à face avec Marine Le Pen dont chacun connait les thèses sur l’appartenance à un pays et sur l’immigration en général. Ce débat sur l’identité nationale méritait mieux que ce face à face.
Je condamne en revanche le comportement de Vincent Peillon qui a choisi de se désister au dernier moment sans prendre la peine de prévenir au moins quelques heures à l’avance Arlette Chabot. Quand Nathalie Saint Cricq, la rédactrice en chef de m’émission parle de “méthode de voyous”, c’est sans doute un peu fort, mais cela traduit néanmoins sa colère. Je condamne d’autant plus son retrait qu’il le justifie en affirmant qu’il a voulu faire un coup et surtout ne pas laisser à la production de l’émission la possibilité de le remplacer par un autre représentant socialiste. Etrange comportement tout de même du “moi ou personne”.
Enfin, là où j’estime qu’il franchit la ligne jaune c’est lorsqu’il demande la tête de la directrice de l’information de France Télévisions. Les bras m’en tombent.
Je me permets enfin une petite remarque sur l’émission elle même. Elle aurait sans doute gagné à réunir autour de la table des personnalités politiques et des intellectuels plutôt que limiter le débat entre Marine Le Pen et Eric Besson. Ce débat sur l’identité nationale méritait mieux que ce face à face assez improductif.

Les journalistes de France 3 sont vivants

Les journalistes de France 3 enlevés le 30 décembre en Afghanistan “sont en vie”, mais aucune négociation n’a été “véritablement entreprise” avec leurs ravisseurs, a déclaré dimanche le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant.

Interrogé sur le sort des deux journalistes lors du “Grand Rendez-Vous” Europe 1/Le Parisien-Aujourd’hui en France, il a également reconnu que cet enlèvement avait suscité la colère du président Nicolas Sarkozy qui a dénoncé à leur propos une “imprudence vraiment coupable”.

“C’est vrai que Nicolas Sarkozy, à plusieurs reprises, a dit que cette imprudence était vraiment coupable, parce qu’ils avaient été très clairement mis en garde, il leur avait été très clairement demandé de ne pas s’aventurer ainsi parce qu’il y a des risques”, a répondu Claude Guéant, à qui on demandait si le sort des journalistes avait été évoqué en Conseil des ministres par le chef de l’Etat.

“Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées, qui du reste sont détournées de leurs missions principales. Je crois que, quand même, le scoop ne doit pas être recherché à tout prix”, a ajouté le secrétaire général de l’Elysée.

A propos d’une “Une imprudence vraiment coupable”

Les déclarations, du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, sur Europe 1, à propos de l’enlèvement en Afghanistan des journalistes de France 3, sont inquiétantes. Ce dernier affirmait dimanche que le “scoop ne devait pas être recherché à tout prix”. Claude Guéant venait ainsi relayer la colère de Nicolas Sarkozy, qui a récemment dénoncé à leur propos une “imprudence vraiment coupable”.

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La belle France vue par Jean-Pierre Pernaut

Il est assez étonnant d’entendre ici ou là, de nombreux téléspectateurs contester durement le contenu de nos journaux. Ils nous reprochent des informations qui chaque soir sont une série de mauvaises. Comment expliquer alors ce paradoxe du journal de 13 heures de TF1 dont beaucoup se moquent, souvent durement, mais qui chaque jour depuis 22 ans réalise des performances d’audience exceptionnelles.
Je ne suis pas fan de ce journal, mais j’aurais mauvaise conscience à dénigrer Jean-Pierre Pernaut car inévitablement je prendrai ces millions de téléspectateurs pour des idiots.
Je me méfis toujours des détracteurs d’un journal qui réalise chaque jour des audiences à faire pâlir la concurrence directe.J’aime à penser que le téléspectateur qui trouve plaisir à regarder des reportages proches de nous n’est pas forcément des ignares. Cette France observée par Jean-Pierre Pernaut et son équipe n’est pas plus bête ou inculte que l’on voudrait bien le dire. D’autant que le téléspectateur a la possibilité de se détourner chaque jour de ce jour pour aller voir ailleurs. Les solutions pour cela sont nombreuses et variées.
Je crois utile de le dire. La France des artisans, des travailleurs, des beaux paysages et des fêtes de villages existe n’en déplaise à ceux qui passent leur temps à dénigrer ce journal. Certes, cette France n’est pas la réalité mais une réalité. C’est, de mon point de vue, la limite de Pernaut. Il s’agit donc d’un parti pris assumé et revendiqué.
Jean-Pierre Pernaut, là aussi, n’en déplaise à ses détracteurs parle aux gens. Il a une proximité avec les téléspectateurs que nombre de présentateurs n’ont plus. Le journaliste ne se sert pas du prompteur et assume de bafouiller ou de se tromper. Ce n’est pas le cas de nombreux présentateurs qui jamais ne se trompent…
Pour ma part, j’apprécie cette proximité affichée même si je regrette parfois, allez soyons clairs, souvent, le manque de profondeur dans le traitement des sujets. Mais un journaliste qui réalise jusqu’à 40% d’audience ne peut en aucun cas être un imbécile ou une sorte de pantin à la solde du pouvoir en place. J’observerai donc avec attention la manière dont il va mener prochainement l’interview du président de la république. Ce nouvel exercice pour lui sera révélateur de ses qualités de journalistes. Des journalistes à qui l’on demande du discernement, des questions pertinentes et une neutralité exemplaire.
Cher Jean-Pierre la barre est placée haut. À vous de la franchir et de faire taire ceux qui qualifient votre journal de populiste.

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Bourdin, Elkabbach, Demorand

Nous avons assisté la semaine dernière, dans le grand journal de Canal, à une belle prise de bec entre Jean-Jacques Bourdin (RMC) et Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1). Bourdin accuse Elkabbach d’aller se trémousser à l’Elysée et Elkabbach reproche à Bourdin de ne pas y aller pour s’informer. Je n’ai pas d’avis sur ce débat qui à vrai dire me laisse assez indifférent. Les deux hommes ont un différent qui, semble t-il, remonte à quelques temps. A eux de s’expliquer sur la meilleure manière de faire son métier. Pour ma part, il m’arrive de m’agacer quand le premier sort de son champ de réserve, de la neutralité nécessaire et quand le second est un peu trop populiste. Un point de vue qui ne m’empêche pas d’écouter l’un et l’autre et d’apprécier leurs interviews politiques.
Il y avait néanmoins ce soir là, au milieu des deux journalistes, un troisième qui, lui, ne m’a pas laissé du tout indifférent. J’apprécie beaucoup l’intelligence, la rigueur et la pertinence de Nicolas Demorand, présentateur de la matinale de France Inter. Voici un journaliste qui me donne le sentiment de bien faire son travail et qui affirme, et je le crois volontiers, n’avoir “jamais déjeuné avec un politique”. Ses interviews sont efficaces et pugnaces et il n’est jamais désobligeant ou hautain avec ses invités. Il n’y a pas chez Demorand deux sortes d’invités: les puissants et les faibles. Tout le monde est logé à la même enseigne. Le journaliste pose des questions et cherche à obtenir des réponses. Classique mais efficace.

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“Recherche appartement désespérément” sur France 3 Paris Ile-de-France

Entre 2 trains et 3 avions, j’ai quand même réussi à mettre sur orbite francilienne ma nouvelle chronique. Le principe est de coller au plus près des préoccupations des franciliens. Pour ce premier rendez-vous diffusé aujourd’hui en direct dans le journal de 12H, je me suis mis en situation de recherche d’appartement.

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Pierre Lacombe http://www.facebook.com/home.php


La rumeur qui fait pschitt…

Le petit monde médiatico-politique parisien; vous savez celui qui fait la pluie et le beau temps sur les principaux supports d’information, s’est une nouvelle fois illustré avec ce qui pourrait être le titre d’un bon polar: “la rumeur”.
Cette rumeur s’est d’abord propagée dans les rédactions, il y a déjà plusieurs semaines. Des journalistes, dont je fais parti, l’ont relayé à la machine à café sur le ton: « il parait que…, t’es au courant ? »
Il faut savoir que, par définition, un journaliste est normalement bien informé. Là, en l’occurrence, il n’était rien d’autre que colporteur de rumeurs. Mais fort heureusement, les grands journalistes de notre profession se sont saisis du dossier pour recadrer tout le monde. Sans jamais, eux non plus, répondre aux questions les plus simples de notre profession (Qui ? Quand ? Où ? Quoi ? Pourquoi ?), ils ont fait leur grand numéro. Cette discussion qui n’aurait jamais du aller plus loin que la machine à café s’est retrouvée sur le devant de la scène. Le seul intérêt de lui donner une suite aurait été qu’elle devienne une information vérifiée. Et encore…nous touchons là à la vie privée. C’est un autre débat qu’il convient d’aborder avec la plus grande prudence…Un peu de mémoire: François Mittèrrand, père de Mazarine, met les moyens de l’Etat pour assurer la sécurité de sa fille mais ne révèle pas son existence et aucun journaliste ne se sent autorisé à en parler. Pierre Charron, le conseiller désavoué de Nicolas Sarkozy, évoque la théorie d’un complot, une machination financière et mentionne une enquête…Touchons-nous avec ces deux exemples à la vie privée ou à la vie publique ?

Face à la rumeur de la supposée infidélité du couple présidentiel, chacun de ces éminents confrères et consoeurs y est allé de sa petite leçon aux journalistes et aux politiques. Ces pères (ou mères) la morale, nous ont, une nouvelle fois, expliqué comment il fallait penser, ce qu’il fallait dire et ce qu’il fallait taire.
Que ces éditorialistes s’expriment du haut de leur tribune ne me gêne pas. Ils ne détiennent que leur vérité et les auditeurs et téléspectateurs ne sont pas jamais dupes. En revanche, je suis beaucoup moins à l’aise avec le travail journalistique nécessaire pour éclairer les français.

J’ai ni entendu, ni vu, ni lu aucun reportage de fond sur cette rumeur supposée. Aucun journaliste n’a, semble t-il, eu le temps ou le courage de vérifier les informations. C’est pourtant la base de notre métier. Ces questions restent donc en suspend: qui a propagé cette rumeur ? Comment et pourquoi ? Quelles sont les preuves qui permettent d’accuser telle ou telle personne ? Pourquoi l’épouse du chef de l’Etat dément qu’une enquête est en cours alors qu’une autre source officielle affirme le contraire ? Pourquoi a t-on évoqué une théorie du complot ? Pourquoi Rachida est passé en quelques heures de persona non grata à l’Elysée à “notre amie”. Aucun de mes confrères ne s’est lancé dans un reportage de fond. L’essentiel de ce que les français sont en droit d’attendre des journalistes sensés informer est resté sans réponse.

La machine médiatique s’est emballée et, comme d’habitude, cette rumeur a été servie jusqu’à la nausée.
La rumeur court et nous courrons tous derrière comme des idiots. Et pendant ce temps, un sondage l’affirme, les français sont quasi indifférents à ces rumeurs qui ne font qu’alimenter les discussions de bistrots. Eux, ils ont d’autres préoccupations comme celles de garder leur emploi, payer les études de leurs enfants ou remplir le caddie au supermarché. C’est sans doute basique comme démonstration mais la vérité échappe souvent au démonstration complexe ou au jus de crâne des maîtres à penser. J’en suis convaincu.

URGENCE

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Urgence pratique:
Recherche : électricien pour rétablir le courant entre les gens qui ne se parlent plus, opticien pour changer le regard des gens, fossoyeur pour enterrer la hache de guerre, artiste pour dessiner le sourire sur tous les visages, maçon pour bâtir la paix et professeur de math pour réapprendre a compter les uns sur les autres.

Faut-il retirer Guillon de la tranche info de France Inter ?

La question est sensible et elle devrait être tranchée dans les prochaines semaines. Stéphane Guillon qui fait chaque jour (ou presque) le buzz sur Internet avec son billet caustique devrait disparaître ou plus surement changer de case.

Cette décision, qui ne va pas manquer de faire réagir, pose une question à laquelle il est intéressant de réfléchir. La place d’un humoriste est-elle justifiée au milieu d’un journal d’information qui déverse chaque jour son lot de mauvaises nouvelles en tout genre ? Je n’ai pas une idée très arrêtée en la matière même si je reconnais que la question se pose.
A force de mélanger information et divertissement, on finit par se demander ce qui est vrai et ce qui est faux ou du moins parodié. Je sais les auditeurs suffisamment alertes pour ne pas faire l’amalgame, mais quand on voit la levée de boucliers des politiques on se dit que le discernement à tendance à disparaître. Alors, pourquoi ne pas séparer les genres… En clair, chacun à sa place. L’info d’un côté, le divertissement de l’autre. Cette décision stratégique et, j’ose le dire politique, est sur le point d’être prise par Philippe Val qui, en sortant Guillon de la tranche info se ménage des jours plus tranquilles. La fronde politique va s’estomper et personne ne pourra crier à la censure puisque Guillon sera toujours présent sur la grille. Le directeur des programmes pourra à nouveau dormir sur ses deux oreilles. Qui aurait pu imaginer une telle décision de Philippe Val qui, dans une autre vie, versé lui aussi dans le caustique, sans se soucier du quand dira t-on. Les temps changent et même les plus virulents s’assagissent.

L’information, c’est show

J’évoquais dans mon article précédent l’amalgame entre l’information et le divertissement dans les médias et je constate aujourd’hui combien le débat prend de l’ampleur.

L’article du journal Libération ce matin sur la chute en continu de CNN est une nouvelle illustration de ce phénomène. La célèbre chaîne d’information américaine voit son audience fléchir. En cause, le net et le succès d’une info spectacle pratiquée par ses concurrents. Le consommateur peut aujourd’hui choisir ses sources d’information partout sur le Net et plus exclusivement sur les médias traditionnels. Comment dans ce cas redresser la barre et reconquérir l’audience ? Vaste question à laquelle je ne saurais répondre. CNN va t-il devoir opérer un virage éditorial et ouvrir son antenne à une information plus divertissante, plus spectaculaire au risque de faire fuir les mordus de l’information ? La chaîne américaine devra t-elle ouvrir la porte à une information plus engagée ? Je le crains fortement. D’autant que sa concurrente, Fox News, qui a fait le pari d’être “ultra-engagée” se frotte actuellement les mains en regardant ses courbes d’audience.
Ce qui arrive aujourd’hui à CNN menace aujourd’hui nos chaînes d’informations en France. D’abord parce qu’il y en a trop : BFM TV, LCI, I-Télé, France 24, …Comment ses chaînes dont l’audience demeure confidentielle vont-elles pouvoir continuer à exister demain. Alain Weill pour BFM TV joue depuis des années la carte de la diversification et du rapprochement entre ses autres supports RMC ou La Tribune. LCI et I-Télé ont deux maisons mères dont l’assise financière permet de voir venir, mais jusqu’à quand. LCI ne figure pas sur la TNT et s’enfonce dans la confidentialité et I-Télé a beau attirer des présentateurs ou chroniqueurs vedettes, l’audience ne décolle pas.

Sur la base de ce constat, je me demande quelle est aujourd’hui la réflexion de ces responsables de chaînes. Doivent-ils s’évertuer à poursuivre dans une information dont le principe repose sur la rapidité à la donner, bien plus que la pertinence et l’analyse ? Ou doivent-ils copier le modèle Fox News avec ses talk-show populistes animés par des stars qui ne sont pas des journalistes.

J’ai la conviction que nous y allons tout droit. La radio a très largement commencé avec Guy Carlier ou Nicolas Canteloup. RTL avec Laurent Gerra ou le très contesté Eric Zemmour. Inter avec Stéphane Guillon. La télévision y vient gentiment : le Sarko info de Carl Zéro en est la plus parfaite illustration. D’autres suivent ou suivront. C’est écrit. L’information est promise à devenir de plus en plus spectacle et les journalistes intègres et soucieux de vérifier une information devront s’en accommoder. J’ai même la conviction que le 20 heures va changer de rythme et de contenu dans les prochaines années. Là aussi, la réflexion est engagée et le projet de changement radical mûrit doucement mais surement.

Jean-Pierre et Nathalie Pernaut: l’union sacrée.

Souvent critiqué mais toujours solidement arrimé à son journal de 13 heures, Jean-Pierre Pernaut a donné hier une nouvelle occasion à ses détracteurs de lui balancer quelques nouvelles salves.
Il faut dire que le présentateur du 13 heures de TF1 n’a peur de rien et surtout pas de faire la promo, à une heure de grande écoute, pour sa femme, Nathalie Marquay-Pernaut. L’ex-Miss France 1987 fait aujourd’hui du théâtre et son mari a semble t-il jugé opportun de lui faire un peu de pub avec un reportage consacré à ses personnes qui entament une reconversion. Nous atteignons là les limites d’un genre qui, bien que toléré sur TF1, fait quand même un peu désordre et égratigne une nouvelle fois notre métier de journaliste.
Comment ce présentateur, à qui j’accorde bien volontiers une proximité et une convivialité avec les téléspectateurs dont bon nombre de présentateurs et de présentatrices pourraient s’inspirer, peut-il, sans le moindre complexe, évoquer le parcours théâtral de sa femme ? J’avoue que ce manque de discernement me met mal à l’aise.
Sa femme ne doit pas souffrir de la notoriété médiatique de son mari mais elle ne doit pas non plus en profiter. Jean-Pierre Pernaut perd ses repères et bascule, sans complexe, dans ce que j’ai largement évoqué sur ce blog, le mélange des genres.

Une autre action solidaire est possible

Souvenez-vous, il y a quelques semaines, Pierre Berger avait violemment critiqué le Téléthon en dénonçant son omniprésence au mois de décembre à la télévision. Ses critiques portaient essentiellement sur le privilège pour cette association de bénéficier, chaque année, de 24 heures de direct sur France Télévisions. Comme beaucoup, je m’étais insurgé contre ce comportement que je pensais nourri par la jalousie. Depuis, j’ai révisé mon jugement et, sans défendre pour autant Pierre Berger, je lui suis reconnaissant d’avoir ouvert un débat sur les liens entre les actions de solidarité et les médias.

Inutile de le nier, il y a des associations qui bénéficient d’une visibilité exceptionnelle quand d’autre ne parviennent pas à faire connaître leurs actions. Pour autant, celle qui ne parvient pas à faire émerger ses actions est-elle moins importante que celle qui jouit d’une forte médiatisation. La réponse est non. Un enfant atteint du cancer est-il moins important que celui qui souffre d’une dégénérescence musculaire. La réponse est encore non.

Cette hiérarchie médiatique me met mal à l’aise et je crois le temps venu de bousculer l’ordre établi. Aujourd’hui, les donateurs sont désorientés: à qui donner ? Où va l’argent ?… Faut-il faire un geste pour ces millions de personnes qui souffrent de malnutrition et de famine dans le monde ou pour ces centaines de milliers de personnes qui ne parviennent plus à se nourrir correctement en France ? Quelle est l’échelle de valeur ?

Les français font preuve d’une immense générosité pour aider ceux qui en ont besoin. Notre devoir est de clarifier l’action humanitaire autour d’un projet commun qui atténue les différences. Dans un monde plus juste, ne pourrait-on imaginer une force de frappe collective pour enrayer la souffrance et la misère, plutôt que des actions isolées ? Ne pourrait-on imaginer une offensive commune pour montrer et démontrer que l’humanitaire ce n’est pas triste ou déprimant mais au contraire joyeux.
J’appelle à une action solidaire en m’appuyant sur les compétences de tous pour donner à l’humanitaire un visage plein d’espoir et non plus de compassion.

Les associations qui oeuvrent pour le bien des personnes en souffrances doivent aujourd’hui s’unir pour être davantage efficace.

Un reportage n’est pas une durée mais un contenu

A la fin du mois d’août, j’aurais effectué plus de 100 jours de remplacements dans le rôle de rédacteur en chef sur le réseau de France 3. Je ne communique pas ce chiffre pour me flatter l’échine mais pour rendre hommage à des équipes formidables. Lire la suite

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Un ch’tis détour par le Nord

Il y a bien longtemps que j’ai délaissé mon blog mais il faut dire qu’entre-temps bien des événements se sont produits. Après une année à sillonner la France, avec des remplacements dans les stations régionales de France 3, je viens de poser mes valises dans le Nord, à Lille, où je viens d’être nommé, le 14 septembre dernier, rédacteur en chef adjoint de France 3 Nord Pas-de-Calais. Cette promotion est une satisfaction professionnelle pour moi et vient récompenser mon désir d’évolution professionnelle à France Télévisions. J’arrive dans une région que je connais peu mais dont j’ai pu apprécier l’intense activité durant deux séjours, au mois d’avril dernier. En région Nord Pas-de-Calais, pas un jour sans une actualité relativement importante. Il se passe beaucoup d’événements, notamment sur le plan social, politique, fait divers, sans oublier le sport et le football avec 3 équipes qui évoluent en Ligue 1 de football.
J’aurais l’occasion de raconter ici, par le détail, mes activités et je vous proposerais de m’accompagner dans les coulisses de la fabrication du journal régional. Cette nouvelle étape m’oblige à mettre entre parenthèses de beaux projets sur lesquels je travaillais depuis plusieurs mois mais ne m’empêchera pas de vous délivrer mon regard sur les médias et la politique. Depuis cette “tour de controle régionale” j’entends vous faire partager mon quotidien avec pour la première fois, depuis de longues années, un regard décalé depuis la province.

Quand la politique dérive dans la grossièreté et le mensonge

Au regard des dernières déclarations de nos politiques, il y a de quoi s’inquiéter de l’état de tension qui règne entre les médias et la classe politique française. Sans crier au scandale, je m’inquiète de voir Jean-Luc Mélenchon, député européen, traiter de “salaud” et de “larbin” David Pujadas, le présentateur du journal de 20 heures de France 2.

Dans l’extrait de JT datant de 2009 que Mélenchon visionne, le présentateur interroge Xavier Mathieu, des Conti de Clairoix (Oise), engagé dans un long conflit social pour le maintien de leur usine, qui fermera finalement début 2010. Pujadas demande au syndicaliste: «est-ce que ça ne va pas trop loin?», «est-ce que vous regrettez ces violences?», «pour vous la fin justifie les moyens?» Mélenchon est consterné. «Salaud, va!» Et: «larbin. Arrête, ça me dégoûte!»


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Que pensez-vous des journalistes ?

Il y a deux ans j’avais reçu sur le plateau de “ligne directe”, le journaliste-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel. Au moment où le débat prend de l’ampleur sur le rôle des journalistes, je crois utile de remettre en ligne cette émission.

Ligne directe : Que pensez-vous des journalistes ? - Ma-Tvideo France3
Blog Ligne Directe de France 3 Ile-de-France : http://blog.france3.fr/lignedirecte

Bourdin sur BFM TV: “un livre passionnant mais je ne l’ai pas lu.”

Je me suis étonné hier en écoutant Jean-Jacques BOURDIN, sur BFM TV. Le journaliste recevait l’ancien Président de la république, auteur du roman “La victoire de la grande armée” chez Plon. Et au détour d’une phrase, voilà que celui-ci reconnait ne pas avoir pris ou eu le temps, de lire le livre de son invité. Voici ses propos: “revenons à cette histoire de la Grande armée…passionnant…enfin, je ne l’ai pas lu. Je suis honnête. Des journalistes auraient affirmé l’avoir lu mais moi je vous le dis, je ne l’ai pas lu…mais je le lirai.”

Jean-Jacques Bourdin a le mérite de l’honnêteté mais alors pourquoi qualifier le livre de “passionnant” quand on ne l’a pas lu. Pourquoi inviter l’ancien président sous le prétexte de la sortie de ce livre alors qu’il apparait très secondaire dans cet interview ou du moins dans l’esprit du journaliste. Naturellement, Bourdin, y revient sans cesse comme pour plaire à son invité mais ce qui l’intéresse c’est la politique, le regard de Valéry Giscard d’Estaing sur les grands dossiers de l’actualité. Il n’y a aucun mal à cela et finalement, est-ce que l’honnêteté ce n’est de dire: votre actualité aujourd’hui c’est la sortie de ce livre “la grande armée”, nous en dirons un mot dans un instant, mais nous avons souhaité vous inviter pour évoquer l’actualité politique…”

Ils n’ont toujours pas lu mais ils en parlent

Je fais suite à mon précédent article dans lequel Jean-Jacques Bourdin confessait ne pas avoir lu le livre de Valéry Giscard d’estaing. Hier soir, sur Canal Plus, c’était au tour d’ Eric Ciotti, secrétaire national UMP en charge de la sécurité de se ridiculiser.
Le 3 février 2003 à Toulouse, Nicolas Sarkozy tance publiquement Jean-Pierre Havrin, grand flic et père de la police de proximité, une “crucifixion” juge ce dernier, qui brise le silence 7 ans après dans un livre, critique de la gestion gouvernementale du dossier sécurité.
Dans “Il a détruit la police de proximité”, qui sort jeudi en librairie, Jean-Pierre Havrin revient sur cette journée, qui avait sonné le glas de sa conception d’une police proche des gens, conçue avec Jean-Pierre Chevènement quand il était son conseiller Place Beauvau, pour mieux s’implanter dans les quartiers sensibles.
Hier soir donc, sur le plateau du grand Journal de Canal plus, Eric Ciotti, en grand défenseur de la politique du Président de la République, dénonce un livre à charge contre Nicolas Sarkozy. L’auteur s’en défend et Michel Denisot demande à Ciotti: “avez-vous lu le livre ?”. “Non” répond le chargé de sécurité mais j’en ai lu des passages dans la presse.
Ce nouvel exemple illustre ce pitoyable spectacle de la com où l’on vient en plateau assurer la défense d’une politique sans avoir pris la peine de lire le livre qui est au centre de la polémique.
Trop de politiques et de journalistes sont devenus des pros de la communication…tellement pro qu’ils oublient l’essentiel: préparer leurs dossiers. Mais dans quel vit-on ma bonne dame.

La fin du Téléthon ?

L’an passé, le Téléthon a souffert de la baisse du nombre de dons. Les déclarations de Pierre Berger n’étaient sans doute pas étrangères à cet essoufflement. Souvenez-vous, ce dernier dénoncaient la main mise de l’AFM sur la télévision, tout en regrettant le manque d’espace pour les autres associations. Effet Berger, cette année encore, le Téléthon accuse une baisse du nombre de dons. Cet événement solidaire a t-il vécu ? Je ne le crois pas mais nous sommes néanmoins à un tournant. Le Téléthon va évoluer et le nouveau PDG de France Télévisions planche d’ores et déjà sur une nouvelle forme. Laquelle ? Il est encore trop tôt pour le savoir mais le Téléthon va perdre quelques heures d’antenne. L’audience confidentielle est une des raisons mais pas seulement. L’exclusivité accordé à l’AFM appartient au passé. Pourquoi ne pas garder le principe en l’ouvrant aux autres associations ? Personnellement, j’y suis favorable. Je défends l’idée d’un grand rendez-vous solidaire qui ne serait pas incompatible avec l’audience.

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JT France 3 Nord Pas-de-Calais

http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-video=cafe_HD_1900_lille_jtregional_251210_7_25122010193825_F3

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Edito 2011

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La période s’y prête alors, allons-y gaiement: bonne et heureuse année 2011. Qu’elle vous apporte beaucoup de joie, de bonheur, santé,…Bla bla bla. Bon, après la phrase lénifiante, sans engagement et donc sans risque, entrons à présent dans le concret, dans le consistant. Que peut-on souhaiter pour 2011 sans flirter avec l’hypocrisie, la démagogie, le discours sans relief ?
Je forme le voeu de vivre une année solidaire. Je souhaite que nous prenions le temps de regarder autour de nous et d’oublier chaque fois que possible notre petit nombril. Je souhaite que nous puissions nous ouvrir aux autres sans jugement, ni jalousie mais en étant vrai et sincère. Pas si simple, je vous l’accorde… Je souhaite que nous puissions vivre mieux, dans un monde malheureusement replié sur lui-même. Il n’y a pas de fatalisme. Nous pouvons chacun à notre niveau changer ce monde. Ce n’est pas un discours idéaliste mais volontariste. Les fidèles de ce blog y sont d’ailleurs habitués.
Je suis fatigué des politiques qui n’ont de cesse de se montrer sur les plateaux de télévision ou dans les studios de la radio. Je suis fatigué de voir des journalistes bien plus préoccupés par leur carnet d’adresse et leur carrière que par le souci d’aller chercher l’information là où elle est. Mesdames et messieurs les journalistes, dont je revendique fièrement mon appartenance, cessons de vivre dans l’attente de la petite phrase de nos politiques, cessons de commenter en boucle les remaniements ministériels, cessons de nous complaire dans le microcosme parisien…allons dans la vraie vie, là où vivent des millions de français. Défendons le travail de centaines de reporters qui eux, regardent, scrutent et montrent les préoccupations des français.

En ce début d’année 2011, je veux me battre (oui, oui je sais, avec mes petits poings) pour réinventer la politique et le journalisme. Je veux défendre et encourager ceux et celles qui ont des convictions et des valeurs même si ce ne sont pas toujours les miennes. Voilà une ambition à rapprocher des travaux d’Hercule. Sans aucun doute, mais pourquoi céder au pessimisme et au décoragement. Pourquoi ne pas essayer au risque de recevoir des coups.

M’enfin ! Mais quel est donc ce type qui se permet de faire la morale aux uns et aux autres. Peut-être un citoyen libre qui ressens fortement la nécessité de revenir à des valeurs que nous avons délaissés au profit du spectacle, du sensationnel, de l’éphémère,…La définition que je me fais de la politique est celle que l’on retrouve dans les dictionnaires et qui de mon point de vue doit prévaloir: “la politique c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire pour le plus grand nombre”. Notre devoir de journaliste est d’abord de rapporter des faits et ensuite, ensuite seulement de les commenter. Aujourd’hui nous commentons bien plus que nous relatons. Il faut revenir à l’information et ne pas renoncer à l’investigation. Mesdames et messieurs les décideurs n’emprisonnez pas les journalistes dans l’urgence et dans le temps. Nous ne sommes pas des pisses copies. Vous ne gagnerez rien à nous museler par le facteur temps et la rentabilité. L’information ne peut répondre à des diktats de marketing et de communication. Informer c’est éclairer, donner à chacun la possibilité de se faire une opinion.

Que la tache s’annonce difficile mais combien celle-ci est aussi exaltante. A mon petit niveau et à ma juste place, je vais m’y employer avec ce désir idéaliste de changer un peu ce monde dans lequel je ne me reconnais plus. Je sais qu’il y a autour de moi des journalistes débutants ou confirmés qui aspirent à changer l’image de notre profession. Ceux-là doivent y croire chaque jour davantage. Il ne faut pas renoncer à faire notre métier et seulement notre métier. Laissons les stars faire les stars mais soyons exigeant dans notre mission qui est noble et passionnante.

Bonne et heureuse année 2011.

Mélenchon et sa France d’en bas

J’écoutais hier l’interview de Mélenchon sur Europe 1 et me disais que décidément il y a des fossés qui se creusent dans notre pays. Mélenchon, comme à son habitude, reste cohérent avec son discours que beaucoup qualifient de “populiste.” Face à lui, Nicolas demorand, un excellent journaliste qui pose des questions directes mais qui je le crains ne mesure pas complètement ce qui se passe dans la réalité quotidienne de millions de français.

D’accord, Mélenchon en fait des tonnes, mais il est dans son rôle, celui de défendre ceux et celles qui se demandent comment ils vont terminer le mois, comment ils vont garder leur travail, comment ils vont payer des études à leurs enfants,….Cet échange assez vif remet en selle un slogan qui, en son temps, a fait beaucoup de bruit. Il s’agissait de “la France d’en haut et de la France d’en bas” du Premier Ministre de l’époque Jean-Pierre Raffarin. Je crois que nous y sommes précisément dans cet interview. J’ai senti chez Nicolas Demorand, un zeste de moquerie, de familiarité et même d’arrogance qui m’ont mis assez mal à l’aise.

Je peux me tromper et c’est pour cela que je vous propose d’écouter cet interview en vous suggérant ne pas rester sur l’étiquette politique de Mélenchon mais bien sur cet échange. Pour ma part, je me dois de le signaler, une nouvelle fois, cet article n’est pas orienté politiquement. Je me demande seulement comment les personnes qui se retrouvent dans le discours de cet homme politique jugent au final les journalistes dont chacun sait qu’ils sont là pour poser des questions sans porter de jugement. Je vous laisse donc seul juge.


Mélenchon : "DSK représente si mal la gauche"
envoyé par Europe1fr. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

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“La pire des attitudes est l’indifférence, dire: “je n’y peux rien, je me débrouille”. En vous comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes essentielles: la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.” (Stéphane Hessel)

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Antoine et Vincent: quelle est la juste place des journalistes dans la couverture médiatique de ce drame ?

La couverture médiatique autour des deux otages tués au Niger est un exercice difficile dans la pratique de notre métier de journaliste. Depuis l’annonce de leur mort, nous nous interrogeons chaque jour en conférence de rédaction pour savoir comment traiter ce drame. En région, et plus précisément dans le Nord, d’où ces deux jeunes sont originaires, nous évoquons naturellement les circonstances de cet assassinat mais, plus difficile encore, nous sommes en contact avec la population de Linselles. Comment informer sans être voyeur ? La question est posée. Pour ma part, je refuse l’idée de rester en retrait, comme certains journalistes le souhaitent, pour ne pas apparaître comme des “charognards.” Je voudrai rappeler ici que notre travail de journaliste est d’informer et de rapporter des faits. Je veux donc avancer ici quelques arguments ou plus précisément quelques faits que les journalistes ne peuvent occulter sous peine de ne pas remplir leur mission d’informer. Trois faits précis:

- Ces deux otages innocents sont morts au Niger dans des circonstances qui demeurent encore confuses. L’enquête en cours devra faire la lumière sur cet assassinat et nous ne sommes qu’au début d’une succession de rebondissements.

- La marche silencieuse en hommage aux deux jeunes hommes a rassemblé près de 5000 personnes dans les rues de Linselles.

- Enfin, les obsèques ont été l’occasion pour les habitants, les amis, les personnalités politiques,…de manifester leur soutien aux familles des deux victimes.

Je refuse d’entendre que nous sommes des “voyeurs”. J’admets en revanche le débat sur le temps consacré dans nos journaux à cet événement dramatique. Faut-il y consacrer la moitié de nos journaux, un reportage seulement. A France 3 Nord-Pas-de-Calais nous nous sommes interrogés tous les jours. La place réservée à ce drame dans nos éditions a fait l’objet de débats, parfois assez vifs mais chaque journaliste a pris ces responsabilités. J’ai la conviction que le ton était juste même si je m’interroge toujours sur le nombre de sujets et déclinaisons accordées à cet événement.

La plus grande difficulté dans le traitement de cette information a été sans nul doute les familles. Nous avons fait le choix de les contacter pour leur demander sobrement si elles souhaitaient s’exprimer pour faire passer un message à ces milliers de personnes venues rendre un dernier hommage à leurs enfants. Nous reviendrons vers elles car une nouvelle étape s’amorce: les circonstances exactes de ce drame. Comment éluder cet aspect ?
Pour ma part, la mort de Vincent DELORY et Antoine de LEOCOU a été un moment difficile à la rédaction en chef des journaux. Chaque jour depuis l’annonce de leur mort, je me suis interrogé sur le traitement que nous devions accorder à cette information. Chaque jour, je me suis efforcé de prendre du recul et surtout de penser à la douleur des familles. Comment ont-elles vécu cette déferlante médiatique ? A ce jour, je l’ignore mais peut-être un jour auront-elles envie de s’exprimer. Nous leur donnerons la parole et nous y accorderons toute l’attention nécessaire.

Faites entrer les artistes !

Je redoute cette période électorale qui s’amorce quand je vois nos politiques concentrés sur une seule obsession: la présidentielle. Chacun fait mine, avec plus ou moins d’hypocrisie, que seul compte l’intérêt des français. Mais à y regarder de plus prés, quel spectacle !

Au PS, les candidats se multiplient comme des petits pains. Il y a ceux qui sont déjà en campagne: Manuel Valls, Ségolène Royal, Arnaud de Montebourg,…D’autres qui tentent de nous faire croire qu’ils sont dans une phase de réflexion comme François Hollande. Chacun sait que le député maire de Corrèze veut y aller. Les prochains sondages seront déterminants. D’autres enfin qui attentent, près à se lancer si les circonstances sont favorables: Martine Aubry ou DSK. Je n’ai rien contre la multiplication de candidats mais je me demande comment ces candidats vont-ils se retrouver à l’issue des primaires quand il faudra s’accorder sur un programme commun. Ces ambitieux de la république parviendront-ils à faire croire aux français qu’ils travaillent ensemble pour faire gagner la gauche. Je ne doute pas qu’ils déploieront des trésors d’imagination et de sincérité pour tenter de nous convaincre. Je crains néanmoins l’effet boomerang dans les urnes. Mais, nous n’en sommes pas là, pas encore.

A l’UMP, sur le papier, c’est silence dans les rangs, tout le monde se range derrière le chef et pas une tête ne dépasse. Impressionnant ! Dans la réalité, c’est bien plus brouillon qu’il n’y parait. Les ambitieux, prêts à laisser passer leur tour, ont les yeux rivés sur les sondages présidentiels. Encore quelques points en dessous de 30% d’opinions favorables et les couteaux vont sortir. Jean-François Copé est un homme pressé qui n’attendra pas 2017. Voilà un homme qui se répand partout pour affirmer sa plus parfaite loyauté envers le chef de l’Etat mais qui le moment venu n’hésitera pas à jouer sa carte personnelle. Je ne le crois pas capable d’aller au combat contre Sarkozy mais sa défaite lui servirait pour reprendre la main en 2017. Une nouvelle victoire de Sarkozy ne serait pas pour lui la meilleure des nouvelles dans l’objectif des présidentielles suivantes. Rappelez vous comment Mitterrand et Chirac ont fini leur mandat en 1995 et 2002…à bout de souffle. Après 10 ans de sarkozysme en 2017, les français pourrait avoir soir de changement.

De biens belles théories que tout cela me direz-vous. En effet, bien malin qui pourrait dire ce qui va se passer dans les prochains mois. Au risque de me ridiculiser dans une très mauvaise analyse, je vais quand même me risquer à quelques pronostics qui, naturellement, n’engagent que moi. Ce risque, j’apprécierai que quelques journalistes spécialistes le prennent aussi plutôt que de tourner en rond comme des toupies pour, je le crois, ne pas insulter l’avenir.
Pour ma part, je ne crois pas à la candidature de DSK à gauche. Le patron du FMI n’aura pas la possibilité d’imposer sa candidature à moins de très vite se retirer du FMI pour mettre les mains dans le cambouis. je ne le crois pas assez aventurier pour s’y risquer.
Je ne crois pas non plus à la candidature de Ségolène Royal. Son image est écornée même si je salue son courage et sa volonté. La présidente de Poitou-Charentes bénéficie encore d’une bonne côte de sympathie mais les éléphants du PS ne veulent pas d’elle. Comme ils n’en voulaient pas d’ailleurs en 2007. Royal ne fédère pas les ténors du PS, seuls les militants peuvent l’imposer mais je n’y crois pas.
Comme Ségolène Royal, François Hollande est convaincu que son heure est arrivé. Il le dit lui-même, il est prêt. Hollande à l’épaisseur d’un candidat et les frémissements des sondages à son endroit sont un signe. Pour autant, je ne parviens pas a être convaincu. Son long passage rue de Solférino a laissé de lui l’image d’un homme de compromis et ces adversaires les plus coriaces le trouvent bien trop mou pour endosser le costume de présidentiable. Je ne le sous-estime pas pour autant. Il laboure la France comme le faisait en son temps un autre corrézien. S’il gagne en épaisseur il peut apparaitre comme un recourt. A surveiller.
La démarche de Martine Aubry est assez cohérente. Elle avance à pas feutrés. Elle est en total décalage avec la société de l’image, de l’apparence et je ne serais pas surpris qu’elle emporte l’adhésion des militants. Sa tactique de ne pas commenter les petites phrases et attaques jouent pour elle. J’émets néanmoins un doute sur sa volonté d’y aller. A t-elle envie ? Oui mais pas à n’importe quelle condition. Elle veut être désirée et faire l’unanimité. Ce n’est pas exclue qu’elle y parvienne. D’autant que beaucoup de sympathisants de gauche apprécie sa expérience, sa maitrise des dossiers et son expérience.

A l’UMP, et à moins d’un séisme, je ne vois que Sarkozy. L’homme est habile et va profiter de 2011 pour se draper dans le costume de candidat. Je ne suis pas de ceux qui le condamne à la défaite. Il a prouvé par le passé qu’il avait de la ressource et je suis certain qu’il peut rebondir.
Reste de nombreuses inconnues comme le candidat surprise. Je n’y crois pas. Celui qui va surprendre tout le monde c’est une nouvelle fois l’électeur. Je crains qu’il nous réserve des surprises de tailles. Nos politiques ne mesurent pas très bien l’exaspération de millions de français qui ne chercheront plus à donner un avertissement à la droite ou à la gauche mais une sanction. Comment se message se traduira t-il ? Je forme deux hypothèses: la présence du Front National au second tour ou une abstention record. Les deux hypothèses réunies ne sont pas, de mon point de vue, excluent. Je sens autour de moi des gens écoeurés par la politique ou plus précisément par le comportement des politiques. Les promesses ne tiennent plus. Elles ne suffiront plus pour convaincre. Nos politiques sont devenues inaudibles et les médias ont une part de responsabilité. Il est grand temps pour nous, les journalistes, de faire notre travail. Cela ne suppose pas de poser des questions mais bien d’aller chercher des réponses. Notre faiblesse se situe à ce niveau. Nous devons être en mesure de faire un bilan honnête, précis et rigoureux du quinquennat et, dans le même temps, être en mesure de desceller les points forts et les faiblesses de chacun des candidats. C’est un travail d’investigation que nous demandent les français et non pas des roulements de tambours. La politique n’appartient pas aux spécialistes de la politique mais aux journalistes dans leur ensemble. Un bilan et un programme se dissèquent, s’analysent, se vérifient,…il y a dans nos rangs des fins limiers de la justice, de l’économie, de l’étranger, de l’agriculture, de l’éducation, du sport, de la finance, …qu’on leur donne la possibilité de faire leur travail dans les émissions politiques. Qu’on leur donne la possibilité de fabriquer des reportages fouillés, précis, concis. La politique ne peut se résumer à un tête avec nos journalistes stars. Qu’on en finisse avec les petites attaques que l’on commente et (re)commente en boucles. Les français veulent du concret et nous leur devons cela.

DSK joue la montre

DSK ne sait plus comment combler le temps et surtout maintenir cette attente des français, traduite par les sondages, avant d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle. Sa décision semble prise, il veut y aller, mais comment être sur que sa candidature ne sera pas parasitée par la multiplication des candidats de gauche. L’homme voudrait s’imposer en reprenant à son compte ” la force tranquille” de Mitterrand mais en face Hollande, Aubry, Royal,… ne s’effaceront pas aussi facilement. Certains n’ont rien à perdre comme Hollande qui croit son heure venue ou Royal qui inscrit sa candidature dans un désir de revanche. L’énigme demeure sur la candidature de Martine Aubry. Elle aussi veut y aller et espère que le social l’emportera sur l’économie. C’est à mon sens le pacte qui lie les deux ténors du PS. La crise est le terreau favorable de DSK. Il a fait ses preuves dans ses fonctions de directeur général du FMI mais tout cela manque de social. Un domaine sur lequel Aubry est beaucoup plus crédible. Les français sont-ils prêts à donner les clés de l’Elysée à un homme qui gravite dans les hautes sphères de la finance ? Je l’ignore. Ma certitude en revanche c’est que rien n’est joué. La campagne n’a pas commencée et je rejoins la première secrétaire du PS qui imprime un calendrier et le respecte malgré les pressions des personnalités de son parti et les journalistes qui veulent, comme dans un sorte de fiction, du sang, des larmes, de l’émotion, du suspens,…au contraire des français qui eux souhaitent des idées, des propositions, des solutions et du courage.

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Des cantonales dans l’indifférence générale

Le taux de participation au 1er tour des élections cantonales en métropole s’élevait dimanche vers 17H00 à 36,38%, a annoncé le ministère de
l’Intérieur, ce qui constitue un net recul par rapport aux 51,20% enregistrés à
la même heure au 1er tour des cantonales de 2004. Il est encore trop tôt pour interpréter ce taux de participation et d’autres, sans doute plus inspirés, le feront mieux que moi. Je note néanmoins, comme tout le monde, un manque d’intérêt évident des français pour ce scrutin. A force d’augmenter et d’établir à chaque scrutin de nouveaux records, je me demande comment tout cela va se terminer.
D’ordinaire, chaque scrutin, crée une certaine émulation dans nos rédactions. Aujourd’hui à France 3 Nord Pas-de-Calais, où j’exerce depuis septembre 2010, les fonctions de rédacteur en chef adjoint, il n’y a ni effervescence, ni enthousiasme. Plusieurs explications à cela. d’abord l’actualité internationale très largement dominée par les événements en Lybie et les suites de la catastrophe au Japon. Ensuite, ce scrutin qui, pour la première fois n’est pas adossé à une autre élection. Et puis, seuls la moitié des départements sont renouvelables et Paris n’en fait pas partie puisque la capitale renouvelle ses conseillers, au moment des élections municipales. Enfin, les rédactions nationales “parisiennes” sont déjà tournées vers les élections présidentielles.
Pour autant, cette élection donnera un signe très fort, du moins je le crois, sur le manque de confiance des français pour ceux qui nous gouvernent et ceux qui aspirent à le faire. Je suis convaincu que nous allons sortir dans les prochains mois du traditionnel et historique duel gauche, droite, UMP, PS. Deux parties vont s’inviter durablement à la table: le centre et le Front National. J’en conviens, difficile de voir aujourd’hui le “Centre” dans le paysage politique français. Néanmoins, je suis convaincu qu’il y a là un espace à combler et ils sont nombreux à vouloir le faire: Bayrou, Borloo, Morin et même Raffarin. A eux de se coordonner et de trouver les arguments pour convaincre. On peut toujours rêver.
4 partis qui se tiennent en dessous de 20% c’est ce que je crois pour les prochaines présidentielles.

Affaire DSK: le rouleau compresseur médiatique est en marche

J’ignore comme tout le monde ce qui s’est passé dans cette chambre d’hôtel mais je suis déjà stupéfait par les unes des journaux américains et les premiers commentaires de la presse française. Personne ne sait rien mais tout le monde commente et donne le sentiment de savoir. Je me demande ce matin vers quelle source d’informations je peux accorder ma confiance pour comprendre ce qui s’est réellement passé. Les chaînes d’informations se mettent en mode “breaking news” et commentent sans rien connaitre de l’affaire, à l’image de Mazerolle sur BFM TV.
Cette affaire dont on ne connait encore rien ou presque mériterait le regard clair et lucide de la presse mais nous sommes dans un monde où il faut informer vite, toujours plus vite et tant pis si les informations sont ensuite démenties. Le rouleau compresseur avance inexorablement et rien ne semble pouvoir l’arrêter.
Je ne sais pas ce qui s’est passé et comme la plupart des français ce matin je m’interroge. Je crois que la plus grande prudence est d’attendre. Revenons au fondement même du journalisme: relater les faits, rien que les faits.

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Des paroles, des actes…et une très belle audience pour France 2

Comme près de 5 millions de téléspectateurs hier soir, j’ai, moi aussi, regardé le débat sur les primaires socialistes sur France 2. Ma première remarque: je ne me suis pas ennuyé. Et pourtant, que n’ai-je entendu aujourd’hui: c’était c….., on s’est e…… Je ne suis pas d’accord et j’étais même persuadé que France 2 ne prendrait pas un bouillon au niveau de l’audience.

Il y a un intérêt certain des français pour cette primaire avec cette question, qui de mon point de vu, va devenir centrale: existe t-il, à gauche, un candidat suffisamment compétent pour, non seulement pour s’aligner en face de Nicolas Sarkozy mais aussi pour le battre. Je suis convaincu que les français s’interrogent. Beaucoup sentent que le chef de l’Etat n’a pas tenu ses promesses et que, bien des fois, son comportement ne leur a pas plus. Mais ils se disent aussi qu’il est peut-être le seul à avoir l’expérience et le courage de tenir la barre en cette période de forte tempête économique. Hier soir, les français se sont montrés curieux. Curieux de voir qui de Hollande, Aubry, Royal,…avait l’étoffe d’un présidentiable. Il est trop tôt pour savoir si l’émission “des paroles et des actes” a pu répondre à cette question. Le temps viendra ou la paysage s’éclaircira.

La campagne n’a pas encore commencé mais les socialistes ont marqué un point. N’en déplaise à l’UMP, le PS commence à faire la démonstration que cette primaire n’est peut-être pas une “machine à perdre” mais plutôt un bel exemple de démocratie. D’autant plus, que les candidats se sont montrés respectueux les uns des autres et cette attitude de respect mutuel est le signe d’une capacité à gagner et à gouverner ensemble. Nous n’en sommes pas là. Il reste plusieurs étapes qui seront difficiles et les esprits ne sont pas à l’abri d’un échauffement qui pourrait se traduire par des dérapages.

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